Il n’y a qu’un seul titre à gagner en NBA. Une compétition, un trophée, un vainqueur. Et, de ce fait, presqu’un unique objectif : aller au bout ou, au contraire, squatter les profondeurs des classements pour maximiser ses chances de drafter haut une superstar de demain pour, un jour, atteindre les sommets. L’entre-deux étant souvent considéré comme "la place du con." Mais cette saison, une franchise va innover et essayer de jouer sur deux tableaux. Les Golden State Warriors.
La dernière finale disputée par Stephen Curry, Klay Thompson, Draymond Green et leurs acolytes paraît tellement loin. Deux ans déjà. Une éternité, et encore plus après une épidémie mondiale qui a mis le sport à l’arrêt pendant des mois. Les Californiens restent surtout sur deux saisons sans playoffs. Ils sont rentrés dans le rang. Mais les cadres sont toujours là et, avec eux, naît l’espoir et l’envie de les revoir au plus haut niveau.
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Durant, Green, Curry, Thompson, Cousins - Golden State 2018-2019

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Un groupe à deux vitesses

C’est d’ailleurs l’objectif affiché par l’organisation. Aller le plus loin possible. Reconquérir le titre si possible. Offrir à Curry et à cette génération dorée une nouvelle opportunité d’enrichir leur palmarès. Et ils ont les armes à disposition pour s’imposer comme un poil à gratter dans Conférence Ouest très ouverte, où les Los Angeles Lakers font figure de favoris tout en ayant de sérieux doutes à balayer de la main avant de vraiment prétendre à la place sur le trône.
Oui, les Warriors peuvent espérer revenir fort en 2022. Mais derrière les ambitions, derrière les rêves, se cache une opération pourtant contradictoire : le développement des jeunes basketteurs talentueux compilés par les dirigeants au cours de ces deux années de disette. James Wiseman, 20 ans et deuxième choix de la draft en 2021, Jonathan Kuminga, 19 ans, et Moses Moody, même âge, respectivement septième et quatorzième sélection en juillet dernier. Des joueurs promis à un bel avenir. Mais qui ont besoin de temps, de minutes, de matches, pour apprendre les ficelles du métier. Le plus souvent en faisant des erreurs. Et donc en pénalisant les résultats de l’équipe.

Stephen Curry

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"Dans l’histoire, ça n’a jamais réussi à personne de jouer sur deux tableaux. Gagner et développer des jeunes… mais peu importe ce que j’en pense, c’est la route vers laquelle on se dirige", confiait Green, jamais le dernier pour clamer haut et fort ce que les autres pensent tout bas. C’est le défi qui attend désormais cette équipe de Golden State. Exister sur le devant de la scène tout en préparant son avenir et sans mettre en péril l’évolution des "ados" de l’effectif. Un dilemme que les dirigeants n’ont pas voulu trancher.
Au point de semer le trouble en interne. Parce que ce refus de faire un choix pouvait être perçu comme un manque de respect envers Curry – mais aussi Thompson et Green. Trois All-Stars qui ont tout donné pour cette franchise et qui méritent que tout soit mis en œuvre pour aller chercher une nouvelle bague. En compétiteur, Steve Kerr s’est évidemment rangé du côté de ses joueurs. Mais pas Joe Lacob. Le propriétaire de l’équipe, qui s’est souvent targué "d’avoir des années lumières d’avance" sur le reste de la ligue, voit plus loin. Il imagine un avenir brillant, avec Wiseman et Kuminga pour prendre le relais des anciens et ainsi prospérer pendant encore de nombreuses années.
Risqué. Mais apparemment moins que de faire tapis, en se séparant des jeunes talents et de choix de draft pour essayer de faire venir une superstar malheureuse (Ben Simmons ? Bradley Beal ?) afin d’augmenter les chances de ce groupe. Parce qu'en l’état, les Warriors ne sont probablement pas assez forts pour titiller les Nets ou les Bucks. Peut-être même pas assez profonds pour rivaliser avec les Clippers, les Lakers, voire même les Nuggets, les Suns et le Jazz.

Une formation solide vraiment candidate... dans un an ou deux ?

Mais la formation de Kerr reste quand même très solide. Steph Curry est de retour au sommet de son art (troisième du vote pour le MVP la saison dernière) et sa longévité pourrait justement allonger la zone de tir de la franchise. Thompson n’a pas joué depuis deux ans mais même après autant d’absence, il devrait continuer à planter de loin sans forcer. Green est un joueur unique en NBA tout en étant l’un des meilleurs défenseurs au monde. Le vétéran Andre Iguodala est de retour au bercail. Kevon Looney et Andrew Wiggins vont petit à petit atteindre leur apogée, avec leurs limites respectives. Otto Porter, Avery Bradley et Nemanja Bjelica sont de très bons renforts dans leur rôle. Jordan Poole semble promis à une superbe troisième saison dans la ligue. Et Wiseman, Kuminga et Moody sont plein de promesses. Le mix est détonnant. Intrigant. Intéressant.

James Wiseman

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Au final, la clé, pour cette saison, c’est en grande partie Klay Thompson. Il sort d’une rupture des ligaments croisés et d’une déchirure du tendon d’Achille. Les deux pires blessures pour un basketteur. Il ne reviendra pas sur les terrains avant Noël. Et les capacités réelles des Warriors dépendront de son niveau de jeu. Mais lui, justement, vit bien cette situation paradoxale avec ce roster à deux vitesses. "Ça me redonne vie de voir ces jeunes. Ça me rappelle quand Steph, Draymond et moi sommes arrivés. Tout paraissait si neuf et chaque match représentait une nouvelle opportunité. (…) Je pense que notre futur est brillant mais notre présent l’est encore plus."
Peut-être qu’en chassant tout, les Dubs n’arriveront à rien. Mais comment ne pas être enthousiaste ? Cette équipe atypique ouvre le champ des possibles. Elle ne sera probablement pas en mesure de gagner en juin prochain. Mais avec un Curry au sommet, un Thompson qui mettra de nombreux mois à vraiment reprendre du rythme et des talents de demain qui évoluent match après match, qui sait ce dont elle sera capable en 2023 ? Ou en 2024 ? Avec les Warriors, tout est permis.
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