Huit ans en arrière, en 2013, Kevin Durant confiait sa plus grande lassitude. Celle de ne pas être le numéro un. "J’ai été deuxième toute ma vie. Le deuxième meilleur joueur du pays au lycée. Le deuxième choix de la draft. J’ai fini trois fois deuxième du vote pour le MVP. J’ai perdu en finales NBA. Je suis fatigué d’être deuxième. Je ne me contenterai pas de ça." Derrière le choix de ses mots et derrière cette frustration palpable se cachaient déjà les origines de son choix de rejoindre les Golden State Warriors de Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green trois intersaisons – et autant d’échecs – plus tard. Il voulait devenir calife à la place du calife et il voyait en cette association d’Avengers le chemin le plus sûr vers la victoire. Parce qu’en fin de compte, le meilleur, c’est d’abord celui qui gagne.
Du moins, c’est ce qu’il croyait. Mais même après deux titres, deux trophées de MVP des finales et une domination sans précédent, KD se voyait encore relégué par la majorité derrière son ami et aîné LeBron James. "Il pensait que le fait de prendre le dessus sur James allait lui octroyer le statut de numéro un. Au final, il passait encore derrière lui auprès du large public et surtout de Nike, la marque qui sponsorise les deux superstars", écrivait le journaliste Ethan Strauss en 2019. Pour poursuivre sa quête, Durant devait se détacher de Curry et écrire sa propre histoire ailleurs. Aux Brooklyn Nets.
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Kevin Durant, l'arme absolue en NBA

L’ironie, c’est que cela fait déjà un moment qu’il squatte le trône. Il est le meilleur joueur du monde depuis 2017. Depuis son passage à Oakland. Les discussions se sont tellement portés sur son choix de s’associer avec trois autres All-Stars qu’elles ont éclipsé la progression spectaculaire de l’ailier – déjà monstrueux – pendant cette période. Il est devenu un tueur sur le parquet en gagnant encore en efficacité tout en progressant en défense pour s’intégrer aux standards de Steve Kerr dans le domaine. Il est devenu le basketteur ultime.
Long (2,11 m minimum, ne vous fiez pas à la taille officielle annoncée). Une aisance incroyable en dribble pour sa taille. Adroit. Tellement adroit. Il peut marquer n’importe quand, de n’importe où. Technique. Tellement technique. S’il le voulait, Kevin Durant serait susceptible de jouer aux cinq postes. C’est un crack. Son absence pendant 18 mois – suite à sa déchirure au tendon d’Achille – l’ont fait descendre brièvement de son siège de numéro un. Mais il est finalement revenu exactement au même endroit dès son retour.
Mieux, il n’a sans doute jamais été aussi fort. Sa dernière campagne de playoffs l'atteste. Exceptionnel, il a bien failli éliminer les futurs champions, les Milwaukee Bucks, à lui tout seul. Enfin, façon de parler. Mais malgré les forfaits de James Harden et de Kyrie Irving, Durant a repoussé Giannis Antetokounmpo et ses camarades dans leurs derniers retranchements. N’oublions pas que les Nets sont passés à une… pointure de chaussure du titre ! Un pied qui mordait sur la ligne au moment où KD s’apprêtait à achever les Bucks. Mais il aura tout de même calé un triple-double avec 49 points au cours de cette série. Une performance phénoménale. Avec dans la foulée des Jeux Olympiques tout aussi brillants pour mener Team USA vers l’or à Tokyo. Sans lui, cette équipe faisait pâle figure. Il l’a sublimée.
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Le meilleur joueur du monde, un statut primordial

Ce qu’il fait, aujourd’hui, personne n’est en mesure de le faire. Pas même LeBron James. Le King fait mine de se vexer quand les membres des staffs NBA désignent Durant ou Antetokounmpo comme le meilleur joueur du monde – ce qui l’a empressé de réagir ironiquement avec le hashtag #WashedKing cet été – mais il sait qu’elle est sa place dans la hiérarchie. Il sait depuis qu’il a fait le forcing pour faire venir Anthony Davis en 2019. James, à bientôt 37 ans et après des dizaines de saisons chez les pros, ne peut plus porter une franchise d’octobre à juin avec autant de poids sur les épaules. Il n’y a rien de honteux à ça. Au contraire, c’est tout à fait normal à ce stade de sa carrière ! Ça ne veut pas dire que James est terminé. Loin de là. C’est juste une régression logique.
Parler de déclin fait souvent peur pour des légendes aussi importantes dans l’Histoire. Mais le déclin, c’est naturel. Et le déclin, pour quelqu’un qui part de très haut, ne prend évidemment pas la même forme. Il ne peut plus dominer physiquement comme il le faisait pendant la très large majorité de sa carrière. C’est pourquoi il est plus souvent blessé que d’habitude – deux pépins de santé importants en trois saisons – et c’est pourquoi il est de moins en moins à même de marquer 10-15 points de suite dans certains quatrièmes quarts temps comme il le faisait à une époque en brutalisant ses adversaires près du cercle. Il lui reste évidemment des qualités athlétiques incroyables, un QI supérieur à ses camarades et un tir de plus en plus fiable en plus de son leadership et de son sens de la passe. C’est toujours un crack. Mais plus au point de caler des campagnes de playoffs immenses à lui tout seul ou presque. Pas au point d’être LA menace incontournable de cette ligue.
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Le meilleur joueur du monde se doit d'être décisif

Ce joueur, c’est Kevin Durant. Et c’est bien pour ça que les Nets sont considérés comme les grands favoris pour le titre en 2022. Ce n’est pas simplement l’addition des talents, avec James Harden et Kyrie Irving à ses côtés. Tout part de lui. Sans lui, cette équipe ne peut pas gagner. Par contre, sa simple présence en fait un candidat très sérieux même si Harden ou Irving (surtout Irving) venaient à manquer à l’appel. Et mine de rien, c’est pourquoi cette question – qui est le numéro un ? – revient si souvent sur le tapis. En réalité, elle n’est pas anodine.
Le meilleur joueur du monde… c’est aussi souvent celui qui mène sa formation au bout. Le basket est un sport collectif mais il n’y a que dix hommes sur le terrain. Une individualité plus forte fait généralement la différence. Encore plus en playoffs. De ce fait, la franchise qui possède le type le plus talentueux part avec de plus grandes chances de décrocher le trophée. D’où l’intérêt de comprendre de qui il s’agit. Et d’où l’intérêt, aussi, pour les 29 autres organisations de combler ce vide. C’est la course à l’armement. La course aux supers teams. Parce que c’est peut-être la seule manière de faire tomber KD aujourd’hui.
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