Les Français sont à la mode en NBA et pas seulement parce qu'ils ont ramené l'argent des JO de Tokyo. Voilà des années que ça dure. Tariq Abdul-Wahad, le pionner, a ouvert une porte. Puis Tony Parker a construit une autoroute qui mène directement dans la plus grande ligue du monde. Et depuis le succès de l’ancien meneur des Spurs, futur Hall Of Famer, les recruteurs américains gardent constamment un œil sur les pépites formées dans l’Hexagone. Sauf que les temps ont changé. TP et Boris Diaw sont partis à la retraite. Et aujourd’hui, même si les "frenchies" peuplent chaque année le championnat, ils peinent parfois à s’y faire leur place. Parce que le plus dur, ce n’est pas d’arriver en NBA. C’est d’y rester. Portrait des cadres, des joueurs de devoir et des petits nouveaux.

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Ils rêvent de parcours héroïques en playoffs

NBA
Fournier déjà fantastique avec les Knicks, Gobert déjà dans le bon tempo avec le Jazz
21/10/2021 À 05:33
  • Rudy Gobert (Utah Jazz)
Multiple All-Star, triple lauréat du trophée de meilleur défenseur et quatre fois nommé dans l’une des trois équipes type de la saison, Rudy Gobert n’a plus rien à prouver sur le plan individuel. Ses accomplissements le classent déjà parmi les grands joueurs de l’Histoire du basket français et les pivots les plus récompensés de sa génération. Mais maintenant, le but, c’est de gagner. Il ne cache pas que c’est son objectif avec le Jazz, premier de la dernière saison régulière mais encore éliminé au second tour des playoffs.

Rudy Gobert (Utah Jazz)

Crédit: Getty Images

Pour qu’Utah fasse vraiment figure de candidat au titre, Gobert – et Donovan Mitchell – doit encore passer un cap. En trouvant une manière d’impacter vraiment constamment le jeu, même quand les adversaires décident de jouer plus petit. Surtout en playoffs. C’est son nouveau défi.
  • Evan Fournier (New York Knicks)
Transféré aux Celtics par une équipe du Magic en pleine reconstruction en mars dernier, Evan Fournier s’est fait plaisir pendant l’intersaison en rejoignant la franchise de ses rêves : les Knicks. Avec un beau challenge à la clé. L’équipe new-yorkaise vient de retrouver les playoffs après plusieurs saisons difficiles. Et elle espère désormais jouer les trouble-fêtes à l’Est. Avec un groupe solide. Fournier, qui affichait presque 20 points de moyenne à Orlando, sera évidemment titulaire sur la ligne arrière. Sa progression – constante depuis son arrivée en NBA – sera décisive. Plus il se rapproche du niveau d’un All-Star, plus les Knicks auront des chances d’aller loin en playoffs.
  • Nicolas Batum (Los Angeles Clippers)
Fraîchement élu joueur français de l’année, Nicolas Batum a su relancer une carrière qui commençait à battre de l’aile. Morose aux Hornets, où il ne servait presque plus à rien si ce n’est encadrer les jeunes sans jouer, le vétéran s’est trouvé un second souffle aux Clippers. Il est là pour faire ce qu’il fait de mieux : défendre, tirer à trois-points, amener du liant. Toutes les petites tâches précieuses qui s’avèrent déterminantes pour un candidat au titre.
Les Angelinos ne sont pas passés loin lors des derniers playoffs. Qui sait jusqu’où seraient-ils allés si Kawhi Leonard ne s’était pas blessé au genou ? En tout cas, Batum a été l’un des éléments déterminants du parcours jusqu’en finales de Conférence. Le même rôle l’attend cette saison. En espérant plus de réussite collective.

Ils veulent exploser mais…

  • Theo Maledon (Oklahoma City Thunder)
Lancé dans le projet de reconstruction du Thunder, Theo Maledon a pu profiter de nombreuses opportunités pour se montrer la saison dernière, sa première en NBA. Il passait près de 27 minutes en moyenne sur les parquets, avec même 49 titularisations en 65 matches ! Du coup, ses statistiques brutes sont très prometteuses : plus de 10 points, 3 rebonds et 3 passes. Mais à 36% de réussite aux tirs. En fait, l’équipe d’Oklahoma City était tellement faible qu’il faut relativiser les chiffres et se concentrer sur les progrès.

Theo Maledon avec le maillot du Thunder

Crédit: Getty Images

Maledon, 20 ans, dispose d’une marge très intéressante. Mais il va falloir batailler dès sa deuxième année aux Etats-Unis. En effet, les dirigeants ont drafté Josh Giddey, qui évolue plus ou moins au même poste, avec le sixième choix. Shai Gilgeous-Alexander va aussi faire son retour de blessure. Ce n’est que le début de l’aventure – et des combats – pour le natif de Rouen.
  • Killian Hayes (Detroit Pistons)
Comme son compatriote, Killian Hayes voit arriver un concurrent cet été. Enfin, pas tout à fait. Mais les Pistons ont pioché Cade Cunningham avec le premier choix. La jeune star américaine joue poste deux mais elle devrait hériter d’un grand nombre de ballons en attaque. Avec le statut de première option et sans doute la responsabilité de créer du jeu. Du coup, le jeune Français va devoir s’adapter. Avec sans doute plus de possession en tant que deuxième playmaker voire sans le ballon.
Ce n’est pas forcément l’idéal pour sa progression, surtout qu’il avait montré de belles choses à son retour de blessure l’an dernier (6,8 points et 5,3 passes). Mais Hayes, tout comme Maledon, évolue au sein d’une équipe jeune et il aura donc des opportunités. Un luxe en NBA.

Ils jouent peut-être déjà leur dernière carte

  • Frank Ntilikina (Dallas Mavericks)
Les Knicks ont drafté Frank Ntilikina puis l’ont mis au placard pendant quatre ans. L’ancien Strasbourgeois a eu peu de temps de jeu et il s’est beaucoup blessé. Il a aussi eu beaucoup de mal à se faire violence pour s’imposer dans la rotation. Les New-yorkais l’ont lâché et le voilà désormais aux Mavericks, une équipe qui le suivait déjà dès 2017.

Frank Ntilikina avec l'équipe de France lors du match de préparation aux JO de Tokyo contre l'Espagne

Crédit: Eurosport

"Je pense que c’est un jeune basketteur que l’on va aider à se développer. Il a les atouts pour nous aider des deux côtés du terrain. Il est long et il comprend le jeu", confiait Jason Kidd, le coach. "On espère le développer pour qu’il devienne une pièce importante en sortie de banc et peut-être même un titulaire. Je pense que ça peut nous aider d’avoir un playmaker en plus." C’est l’occasion ou jamais pour Ntilikina. Il peut s’affirmer dans un rôle taillé pour lui au côté de Luka Doncic. Sinon, il faudra peut-être songer à un retour en Europe.
  • Timothé Luwawu-Cabarrot (Atlanta Hawks)
En réalité, Timothé Luwawu-Cabarrot n’est pas dans la même situation que Frank Ntilikina. Parce qu’il a justement fait ses preuves en faisant quelques très bons passages avec les Brooklyn Nets. Même en playoffs. Malheureusement, ça n’a pas suffit. L’effectif new-yorkais est tellement massif que les dirigeants ont finalement libéré le Français.
Il va maintenant rebondir aux Hawks, finalistes à l’Est l’an passé. Mais la concurrence sera rude pour TLC. Pour l’instant, il enchaîne les contrats courts sans vraiment s’inscrire dans la durée. Il mériterait de se faire une place pour de bon.

Ils vont faire la navette entre la G-League et la NBA

  • Sekou Doumbouya (Los Angeles Lakers)
On aurait presque pu déjà le mettre dans la catégorie de ceux qui jouent leur dernière carte. Parfois très bon à Detroit, Sekou Doumbouya a quand même été lâché coup sur coup par les Pistons, les Nets puis les Rockets. Louche. Et après seulement deux saisons NBA, le voilà déjà obligé de passer à nouveau par la case G-League pour se montrer. Pas sûr qu’il intègre l’effectif XXL des Lakers. Le garçon a du talent et des qualités, le problème est sans doute ailleurs.

Sékou Doumbouya

Crédit: Getty Images

  • Yves Pons (Memphis Grizzlies)
Non drafté, Yves Pons a tout de même été repêché par Memphis. Les Grizzlies ont eu l’occasion de le voire jouer de près puisque le Français évoluait au sein de l’université de Tennessee, en NCAA. Très athlétique, gros défenseur, il tâchera de faire le boulot à l’échelon inférieur en espérant convaincre le staff des Grizzlies de lui attribuer un rôle de spécialiste en NBA.
  • Killian Tillie (Memphis Grizzlies)
Très discret en pré-saison (2,5 points), Killian Tillie devrait passer la majeure partie de son temps avec Yves Pons. Donc en G-League. L’intérieur tricolore, sophomore cette saison, avait tout de même disputé 18 rencontres en NBA l’an dernier. Pour 3,2 points de moyenne. Pas sûr qu’il joue beaucoup plus en 2022.
  • Petr Cornelie (Denver Nuggets)
Drafté en 2016 (53ème choix), Petr Cornelie a finalement rejoint la NBA cinq ans plus tard, dans la foulée de sa médaille d’argent décrochée aux Jeux Olympiques de Tokyo. Et il ne débarque pas n’importe où. Le pivot français se retrouve aux Nuggets, une franchise ambitieuse. Avec donc peu de temps de jeu à lui offrir. Comme ses compatriotes, il risque de surtout jouer en G-League.
  • Joel Ayayi (Washington Wizards)
Discret en Summer League, encore plus en pré-saison, Joel Ayayi a été coupé par les Lakers. Mais le meneur français n’aura pas eu le temps de trop gamberger puisque les Wizards se sont empressés de le signer avec un two-way contract c'est-à-dire qu'il devrait partager son temps entre NBA et G-League.

Ils vont galérer pour revenir en NBA

  • Axel Toupane (Santa Cruz Warriors)
Les Warriors ont signé Axel Toupane pour le faire jouer en G-League. Ça lui avait tout de même réussi l’an dernier puisqu’il avait ensuite rejoint les Bucks en cours de saison.
  • Jaylen Hoard (Oklahoma City Blue)
Non conservé par le Thunder, Jaylen Hoard va rester à OKC. Mais au sein de l’équipe affiliée en G-League donc.
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