Avery Bradley avait presque passé l’épaule, se libérant ainsi l’espace pour finir au layup malgré le contact. Avec au moins un bon mètre, voire deux, d’avance sur Ja Morant. Suffisant ? Non. Monté sur ressorts, le jeune meneur des Grizzlies s’est élevé dans les airs, se propulsant ainsi vers le plafond, la tête au niveau du cercle, pour contrer à deux mains la tentative du vétéran des Lakers. Tout en écrasant la balle sur la planche. Waouh.
Une action extraordinaire. "Est-ce que ce ne serait pas le contre le plus athlétique de tous les temps ?", s’est même demandé Nicolas Batum sur Twitter. La question se pose. Morant est un poids plume – 1,91 m, 79 kg – dans cet univers NBA. Mais sa détente extraordinaire et son explosivité lui permettent de dominer dans les airs, soir après soir. "C’est naturel pour moi, explique l’intéressé. Je pense que je suis un joueur très excitant à regarder. Certaines actions peuvent sembler dingues mais, pour moi, c’est juste mon jeu. J’essaye d’être créatif."
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Ja Morant s'en va contrer Avery Bradley lors du match Lakers - Grizzlies

Crédit: Getty Images

En plus de son contre ahurissant, il a aussi calé un dunk où il s’est retrouvé obligé de décaler sa tête au dernier moment pour éviter de se cogner contre l’arceau. D’ordinaire, les basketteurs aussi athlétiques ont tendance à pêcher dans la gestion ou à s’enfermer dans des rôles de solistes. Pas lui. La comparaison avec Russell Westbrook, par exemple, n’est déjà plus d’actualité. Non seulement il est altruiste mais en plus il se comporte en patron sur le terrain, malgré ses 22 ans. Peu importe qui est devant lui. LeBron James, Stephen Curry… il va jouer comme s’il était le meilleur. Et ses coéquipiers s’inspirent déjà de lui.
Les Grizzlies sont un peu à son image : ils ne reculent devant rien. Constamment à fond, constamment agressifs et déterminés. Comme s’ils cherchaient à éteindre leurs adversaires et faire taire leurs détracteurs. "Depuis que je suis ici, je n’arrête pas de répéter que nous méritons plus de respect", remarque Morant.

Ja Morant, le visage d'une reconstruction réussie

Cette petite troupe commence à sérieusement marquer les esprits. Qualifiés pour le play-in dès la première saison du bonhomme (nommé ROY en 2020) puis sorti au premier tour des playoffs l’exercice suivant, les joueurs de Taylor Jenkins semblent prêts à passer un nouveau cap. Ils sont solidement installés à la quatrième place de la Conférence Ouest avec 28 victoires en 42 matches et ils se rapprochent du podium avec seulement deux défaites de plus que le Jazz.
En plus, ils creusent même l’écart avec leurs poursuivants. Memphis reste sur neuf victoires de rang ! Un nouveau record pour la franchise. Ja Morant et ses camarades ont fait mieux que les historiques Marc Gasol, Zach Randolph, Mike Conley, Tony Allen et consorts. En tout cas en saison régulière. D’une certaine manière, l’équipe actuelle s’inscrit dans la même lignée que celle qui avait atteint (deux fois) les finales de Conférence à l’Ouest. Une recette similaire : des guerriers et l’envie d’en découdre avec tout le monde pour venger ce statut d’éternels oubliés qui accompagne traditionnellement les Grizzlies.
D’ailleurs, ils ont aussi gagné sans leur futur All-Star – impossible de le voir rater la sélection cette saison. 11 victoires sur 13 matches disputés en son absence. L’illustration du bon fonctionnement d’un collectif magnifique, dont les contributeurs sont nombreux. Desmond Bane est une excellente pioche – drafté en 30ème position en 2020 – et un candidat sérieux au trophée de joueur ayant le plus progressé. L’explosion de Jaren Jackson Jr se fait attendre mais c’est aussi un jeune prometteur. Dillon Brooks, Tyus Jones, Brandon Clarke, Killian Tillie, Kyle Anderson apportent tous leur pierre à l’édifice. Avec un excellent coach aux manettes. Un témoignage du flair des dirigeants qui ont réussi leur reconstruction sans végéter dans les profondeurs des classements pendant dix ans.

Ja Morant

Crédit: Getty Images

Même si tout commence d’abord avec Ja Morant. Les Grizzlies ont aussi eu la chance de pouvoir le drafter avec leur deuxième choix en 2019. Ce sont souvent les supers talents qui font vraiment la différence en playoffs. Il peut les emmener haut. Peut-être pas dès cette saison, mais dans un futur proche. Et encore, qui sait. Ils ne seront pas bons à prendre. Parce qu’ils n’ont peur de rien et ils n’ont rien à perdre.
C’est aussi lui qui rend la franchise attractive. Avec son jeu, bien sûr, mais aussi son leadership. Il a fait grincer des dents en s’autoproclamant parmi les cinq meneurs de la ligue avant le coup d’envoi de la saison. Mais comment lui donner tort aujourd’hui ? Pour Bane, le débat est peut-être même ailleurs. "Il est spécial. Les gens se demandent s’il doit être All-Star. Je pense que nous devrions plutôt commencer un autre débat. Est-il le meilleur meneur de la ligue ? C’est ça, la vraie question."
Le numéro 30 de Golden State a certainement son mot à dire sur le sujet. Chris Paul aussi. C’est encore un peu tôt pour vraiment prétendre à une telle étiquette, même purement honorifique. N’empêche qu’il cartonne. Rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec lui cette saison. Le début d’une nouvelle ère pour Memphis. Celle d’une reconstruction réussie et d’un modèle à suivre… et d’un joueur à surveiller de près. Parce que le show ne fait que commencer.

Ja Morant face à Steph Curry

Crédit: Getty Images

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