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NBA - Saison historique de Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) : Et maintenant, c'est quoi la suite ?
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Publié 16/04/2024 à 08:48 GMT+2
Le Français Victor Wembanyama a dépassé les attentes démesurées placées en lui pour sa toute première saison en NBA. Le moins que l'on puisse dire est que le jeune homme semble prêt à chatouiller les sommets. Mais ce n'est pas pour autant que les San Antonio Spurs ont intérêt à se précipiter avec leur phénomène de 20 ans.
Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) peut avoir le sourire après son match face au Thunder
Crédit: Getty Images
Les yeux plissés, poings serrés et regard vers le plafond, Victor Wembanyama exulte à pleins poumons. Il harangue la foule euphorique et enlace ses coéquipiers. Ses San Antonio Spurs viennent de battre les Denver Nuggets. En y ôtant son contexte, cette scène de communion entre la jeune superstar et ses supporters peut laisser croire que la franchise texane est déjà de retour au sommet. Qu’il ne s’agit pas juste d’un match anecdotique de fin de saison régulière entre l’avant-dernier de la Conférence Ouest et le champion en titre. Parce que dans sa tête, c’est plus que ça.
"C’est notre plus grande victoire de la saison", insiste l’intéressé. L’une des rares, aussi. Une fois les comptes bouclés, les Spurs ont terminé leur saison avec des résultats identiques (22 victoires, 60 défaites) à ceux de l’exercice précédent l’arrivée du phénomène français. "C’est une grande victoire pour une jeune équipe en plein développement comme la nôtre", poursuit le joueur de 20 ans. "On va avoir besoin de gagner des matches comme ça contre des grosses armadas dans le futur."
La muraille de France
Cette victoire héroïque n’est peut-être pas si anodine. Elle représente la belle note finale d’une première année outre-Atlantique époustouflante pour le premier choix de la draft 2023. Les attentes étaient démesurées. Et pourtant, il les a dépassées, bien qu’il ait parfois le sentiment "de ne pas en avoir fait assez." Les chiffres disent pourtant le contraire. Ils peuvent être évidemment manipulés dans tous les sens mais les 21,4 points, 10,6 rebonds, 3,9 passes et 3,6 contres du bonhomme en 71 matches le placent dans une catégorie unique.
Seuls trois joueurs ont compilé plus de 1500 points, 250 passes et 250 contres sur l’ensemble d’une saison NBA avant lui. Les trois autres sont des MVP, des multiples champions et des Hall Of Famers : Kareem Abdul-Jabbar, Hakeem Olajuwon et David Robinson. Avec, tout de même une différence majeure : le natif du Chesnay est le premier à réaliser pareille performance… dès ses débuts dans la ligue. "Le fait de sortir des perfs jamais vues auparavant est l’une de mes plus grandes fiertés", nous avouait-il lundi. Il ne fait aucun doute qu’il sera nommé Rookie Of The Year. Peut-être même en étant élu à l’unanimité, ce qui n’est arrivé que cinq fois jusqu’à présent.
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Victor Wembanyama
Crédit: Getty Images
Une deuxième récompense individuelle n’est même pas complètement à exclure. En effet, il est en concurrence avec son compatriote Rudy Gobert pour le trophée de Defensive Player Of The Year. "Victor devrait être le DPOY. Car il est incroyable sur le plan défensif. La façon dont il impacte le jeu, en défense, avec ou sans le ballon… Je ne sais pas dans quel laboratoire il a été créé, mais je dois créer mon fils dans ce labo", remarque Draymond Green. Et ce dernier n’est pas le seul à souligner l’impact du pivot des Spurs.
Wembanyama n’est pas un défenseur aussi accompli que d’autres intérieurs stars de cette ligue mais l’impression visuelle qui se dégage est époustouflante. Ses adversaires sont clairement intimidés par sa présence près du cercle, même quand ils sont en surnombre. Le DPOY, si ce n’est pas pour cette année, c’est certainement pour bientôt.
Parce que l’avenir de la NBA lui appartient. Pour Kevin Garnett, "il révolutionne le jeu." Un avis partagé par la crème de la crème du championnat, avec des cadors toujours admiratifs après l’avoir rencontré. "C’est dingue à quel point il va être dominant une fois qu’il sera plus à l’aise sur le terrain", soulignait Kevin Durant. Jokic allait dans le même sens. Jalen Brunson osait même affirmer qu’il deviendrait "l’un des plus grands joueurs de tous les temps."
Vers l’infini, et au-delà
Il y a encore de nombreuses étapes à franchir d’ici là. Le plancher est posé. Victor Wembanyama ne devrait pas descendre plus bas au cours des dix ou quinze ans à venir. "C’est la pire version de lui-même", remarquait son coach Gregg Popovich. Tout le meilleur reste donc à venir. Avec déjà des flashs éclatants aperçus sur la deuxième partie de la saison. Il n’a cessé d’évoluer. Avec par exemple 21 points de moyenne en février, 23 en mars et 25 en avril. Les hausses statistiques sont similaires aux rebonds, à la passe et aux contres.
"Ce qui est vraiment intéressant, c’est de constater sa progression entre le début et la fin de la saison. Pop a fait un boulot incroyable pour le faire monter en puissance", témoignait Michael Malone, l’entraîneur des Nuggets. Popovich et son staff ont assuré la gestion du jeune homme avec brio, notamment en limitant son temps de jeu au milieu de la saison. C’était frustrant par moments, puisqu’il donnait l’impression de pouvoir faire exploser les compteurs avec plus de minutes. Mais c’est aussi cette gestion qui lui a peut-être permis de tenir le choc et le rythme intense de la NBA. Il n’a pas été ralenti par le traditionnel "rookie wall." Au contraire. Il reste évidemment plusieurs axes de progression, en passant du tir (46% dont 32% à trois-points) à la passe. Ça se fera naturellement, avec le temps et l’expérience engrangée.
Trust the Process
Le constat pourrait être le même pour les Spurs, la deuxième équipe la plus jeune de la ligue cette saison. De nombreux médias et supporters estiment que Wembanyama est déjà prêt à gagner et réclament donc des soutiens plus forts autour de lui. Le joueur se veut aussi ambitieux et évoque son désir "d’aller le plus loin possible" et de disputer les playoffs dès l’an prochain. Attention à ne pas rêver trop grand, trop vite. Son niveau est impressionnant, ses statistiques aussi mais ses moyennes restent celles d’un joueur qui n’est pas passé loin de finir avec le plus mauvais bilan collectif de l’Histoire de sa franchise. Il faut relativiser. Même LeBron James et Kevin Durant ont attendu avant de jouer au-delà du mois d’avril.
Le Français peut-il vraiment mener les Spurs autour des 45-50 victoires nécessaires pour se qualifier dans le top-10 à l’Ouest ? Le bond paraît tout de même vraiment trop grand. Le seul moyen pour faire venir un All-Star confirmé à ses côtés est de sacrifier des tours de draft et des éléments prometteurs de l’organisation. Des atouts qui s’avèreront précieux au moment où les Spurs redeviendront compétitifs justement. La flexibilité est importante. Primordiale.
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Face aux Warriors de Stephen Curry, VIctor Wembanyama a réalisé un match complet avec les Spurs mais a dû se contenter de la défaite
Crédit: Getty Images
Faire venir une star d’une autre génération, proche de la trentaine par exemple, c’est prendre le risque de devoir lui offrir un contrat massif pour la convaincre de rester à San Antonio. Tout ça pour se retrouver avec un joueur en-deçà de la valeur de son salaire une fois que Wembanyama entrera vraiment dans son "prime" d’ici quatre ou cinq ans. Mieux vaut le faire grandir avec des jeunes de son âge, comme c’est le cas avec Devin Vassell. Les Spurs ont deux ou trois ans pour tester des joueurs, trouver les bonnes formules autour de lui, etc. Avec encore un bon prospect susceptible d’être ajouté au noyau dur du groupe grâce à la prochaine draft.
Les éperons ont déjà passé un cap sur la deuxième moitié de saison, avec par exemple 11 victoires sur les 23 derniers matches. Il y a le temps. Heureusement, le prodige est patient, contrairement aux idées reçues. Il comprend ce qui se passe. Il veut gagner, bien sûr, mais il comprend comment ça marche et fait confiance à l’organisation. Cela ne devrait pas prendre trop de temps avant que San Antonio retrouve les premières places en NBA. Trust the Process, comme disait l’autre.
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