Finales NBA - Comme le Oklahoma City Thunder de Kevin Durant en 2012, les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama n'ont pas saisi l'urgence du moment

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Bien que donnés favoris avant le coup d’envoi des finales NBA, les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama sont menés 2-0 par les New York Knicks. Et le pire, c’est qu’ils peuvent surtout d’abord se blâmer pour ces deux défaites. Les voilà désormais face à un défi quasiment impossible. Rendez-vous au Madison Square Garden la nuit prochaine pour tenter de réagir.

Wembanyama : "Être en paix avec qui je suis, où je suis et ce que je fais"

Video credit: Eurosport

Seules deux équipes ont gagné plus de 60 matches cette saison. Le Oklahoma City Thunder (64) et les San Antonio Spurs (62). Alors, forcément, leur affrontement au sommet à l’Ouest avait des airs de finales avant l’heure. Le champion de l’autre Conférence, à l’Est, étant souvent relégué dans l’esprit collectif comme celui qui aurait le droit d’être battu par la meilleure équipe de l’Ouest.
Tout le monde ou presque s’est enflammé pour San Antonio après le Match 7 remporté par Victor Wembanyama et ses coéquipiers sur le parquet d’Oklahoma City. Les Spurs ont détrôné la dernière équipe sacrée pour se qualifier pour les finales. Les discussions étaient alors centrées sur l’avenir radieux, voire dynastique, de ce groupe très jeune et pourtant tellement en avance. La franchise texane était favorite des bookmakers au coup d’envoi de la série contre New York et nombreux sont ceux qui se préparaient à fêter l’exploit de Wembanyama, finaliste et potentiel champion à 22 ans dès sa troisième saison dans la ligue et en participant à ses premiers playoffs.
Une semaine plus tard, c’est la douche froide. Les Knicks mènent 2-0 après s’être imposés à deux reprises à l’extérieur en maîtrisant globalement leur sujet. Les probabilités sont désormais nettement en leur faveur, surtout avant deux rencontres disputées au Madison Square Garden. Alors comment les Spurs ont-ils pu se retrouver dans ce trou aussi vite ? Et bien d’abord en faisant, pour une fois, leur âge. Le manque d’expérience s’est particulièrement fait ressentir sur les deux premiers matches des finales.

Spurs 2026, le nouveau Thunder 2012 ?

Quatorze ans en arrière, une autre formation très prometteuse s’est hissée jusqu’en finales malgré des cadres encore aux balbutiements de leurs grandes carrières. Mené par Kevin Durant, Russell Westbrook et James Harden, le Thunder avait lui sorti trois des quatre derniers champions (Dallas, Los Angeles et San Antonio) pour finalement défier le Heat de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh. Certes, ce n’était pas la première campagne de playoffs des trois futurs MVP et Durant était déjà un peu plus expérimenté à l’époque que Wembanyama ne l’est aujourd’hui. Mais OKC donnait l’impression de pouvoir rouler sur la NBA sur la décennie à venir. Ces finales représentaient un acte fondateur. Comme pour les Spurs en 2026.
L’autre point commun, c’est que le Thunder n’avait pas su saisir l’importance de certains moments clés lors de ce choc contre Miami. Son équipe était peut-être la plus talentueuse mais elle s’est laissée piégée trop souvent et elle a fini par s’incliner en cinq manches en perdant quatre matches de suite, dont trois par moins 6 points d’écart ou moins.
Il y a des similitudes avec San Antonio. Wembanyama avait beau rabâcher à ses coéquipiers qu’il restait "quatre victoires de plus à décrocher" après leur exploit à Oklahoma City au Match 7, les Spurs ont débuté ces finales en ayant, en quelque sorte, le sentiment d’être déjà arrivés. Ils avaient déjà gagné "leur" finale en battant le Thunder, une équipe avec qui ils ont développé une forme de rivalité cette saison. Comme si, malgré l’enjeu évidemment énorme et la motivation liée au fait de pouvoir remporter une bague, ils n’avaient pas totalement saisi l’urgence du moment.

San Antonio, une équipe à réaction

Ils ont clairement été surpris dans le Match 1 contre les Knicks. Pris de court par une machine offensive bien plus rodée que celles qu’ils ont eu à ralentir jusqu’à présent. Plutôt que d’imposer leur volonté, les joueurs de Mitch Johnson sont trop souvent dans la réaction. Un point admis par Wembanyama quand il a été interrogé sur le sujet après l’ouverture des finales. "Je suis totalement d'accord. Je pense que c'est dû au manque d'expérience et à la jeunesse à la fois. On joue contre des équipes, le meilleur exemple est New York, qui sont expérimentées et réalisent leur chance d'être en finale, et que ce n'est pas garanti que ça puisse se reproduire. Et nous, on est comme des enfants gâtés. On est en finale dès notre deuxième ou troisième saison, et on ne s'en rend pas compte en fait, on ne réalise pas la chance qu'on a."
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Karl-Anthony Towns face à Victor Wembanyama lors des finales NBA 2026

Crédit: AFP

Le Thunder de Durant et Westbrook n’est jamais retourné en finales NBA. Et l’organisation a attendu 13 ans pour finir couronnée, avec un effectif complètement différent guidé par Shai Gilgeous-Alexander, Jalen Williams et Chet Holmgren. Les Spurs ne veulent certainement pas connaître la même désillusion et ils ont de vraies raisons de penser que le futur leur appartient. Sauf que les fenêtres sont parfois beaucoup plus courtes qu’elles n’y paraissent. Une blessure, un départ, un traumatisme… des destins se jouent parfois à peu de choses. Chaque opportunité doit être saisie.
Il en va de même au sein d’une rencontre. Par deux fois déjà, les Spurs ont mené de plus de 10 points dans le premier quart-temps. Mais sans jamais capitaliser. Ils ne savent pas encore chasser ces moments de relâchement qui leur coûtent trop cher. Ils ne réalisent pas, comme le Thunder en 2012, qu’un match, qu’une finale, se décident parfois sur cinq minutes au deuxième quart-temps du Match 2. San Antonio n’a probablement rien à envier à New York en termes de talents. Et pourtant, une formation domine l’autre sur l’ensemble des 96 minutes jouées jusqu’à présent.

Un motif d’espoir, mais beaucoup de si…

"On n’a pas le sentiment de s’être montré à la hauteur de nos standards sur les deux derniers matches. New York a très bien joué et ça explique aussi notre niveau de performance. Mais si l’on joue comme on sait le faire, tout ira bien", a résumé le coach Mitch Johnson. Aujourd’hui, ses hommes n’ont plus d’autres choix que de prendre conscience de l’urgence de la situation. Mais il est peut-être déjà trop tard. Parce qu’à ce niveau, il est rare qu’une formation aussi forte que celle des Knicks s’écroulent et perde quatre des cinq prochaines rencontres.
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Dylan Harper, Victor Wembanyama et Stephon Castle (San Antonio Spurs)

Crédit: AFP

L’insouciance des Spurs est un avantage dans le sens où elle permet parfois à des joueurs comme Victor Wembanyama, Dylan Harper ou Stephon Castle de moins ressentir la pression. Et dans le même temps, elle leur joue des tours. La différence d’expérience entre New York et San Antonio est visible. Les Spurs se précipitent pour vite prendre les devants, mesurent moins leurs efforts, s’éparpillent par moments. Les Knicks, eux, lissent leur intensité tout au long de la partie. Les temps faibles sont gérés sans panique. Et ils savent appuyer là où ça fait mal durant chaque temps fort. "Je me souviens avoir été dans leur peau, celle d’un joueur d’une équipe jeune qui veut tout faire pour gagner. Je pense que nous, on continue de se reposer sur notre expérience et sur notre exécution", remarque Karl-Anthony Towns.
L’exécution est un mot clé ici. Les joueurs de Manhattan ne s’écartent pas de leur plan de jeu tandis que les Spurs ont du mal à appliquer le leur. Il leur arrive de ne plus pousser le tempo alors, qu'ils pourraient faire mal à la défense adverse. Leur attaque devient alors stagnante. Les Knicks, eux, conservent leur mouvement quasiment en toutes situations. Quand ils sont menés, les Éperons peuvent aussi avoir tendance à se précipiter et à prendre des tirs à trois-points difficiles et trop hâtifs. Comme s’ils voulaient absolument réduire l’écart le plus rapidement possible. Comme s’ils en avaient besoin pour se rassurer. Au final, ils sont bel et bien dans la réaction, dans l’émotion du moment. C’est même ce qui ressort de cette fin de match douloureuse dans le Match 2, avec cette perte de balle de Wembanyama qui envoie une passe dans le dos de Castle.
"Tout est encore flou et c’est bien ça le problème. Je dois avoir plus de contrôle sur le match. J’ai complètement merdé, c’est de ma faute", soulignait le natif du Chesnay. Le manque de contrôle résulte de ce manque d’expérience. Même en étant "plus forts" sur le papier, ils sont menés. "On doit se mettre dans de meilleures dispositions. On a créé notre propre trou, c’est un peu le thème de ces deux premiers matches." Le motif d’espoir, c’est que les Spurs apprennent vite. Et ils n’ont plus d’autres choix que d’être désespérés. Maintenant, ont-ils seulement les ressources pour enchaîner quatre victoires avec une rotation de plus en plus réduite et avec de la fatigue qui s’accumule ? C’est l’immense défi qui les attend désormais.
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