Finals NBA | Jalen Brunson, parcours atypique et superstar des New York Knicks prête à faire taire ses détracteurs avant de retrouver les Spurs

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Souvent ramené à sa taille et considéré comme une star de deuxième plan, Jalen Brunson est le leader parfait pour les New York Knicks, vainqueurs du Game 1 contre les Spurs (2e match dans la nuit de vendredi à samedi). Plus que jamais en mission, il détient les clés pour ramener la franchise de Manhattan vers un titre que ses supporters attendent depuis plus de 50 ans maintenant.

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Video credit: Eurosport

Les supporters fanatiques (et encore bruyants lors d’un Game 1 disputé à… San Antonio !) des Knicks vont finir par construire eux-mêmes une statue à l’effigie de Jalen Brunson devant le Madison Square Garden. La coqueluche de la grosse pomme est au cœur d’un parcours légendaire, avec 12 victoires consécutives de New York en playoffs et plus que 3 à décrocher pour enfin toucher au Graal. La franchise de Manhattan renvoie parfois l’impression de ne plus avoir été si proche du but depuis une éternité. Plus d’un demi-siècle, 53 ans exactement, que la ville-monde et ses fans attendent un sacre de leur équipe de basket. Même en 1999, lors de leur dernière participation aux finales, les Knicks semblaient loin de pouvoir vraiment rivaliser avec les Spurs menés par un phénomène de 22 piges (déjà) en la personne de Tim Duncan.
D’ailleurs, certains ne croient pas non plus à une victoire finale des "Bockers". L’ancienne superstar WNBA et désormais coach Becky Hammon traîne encore une prise de position de 2024 quand elle avait confié que, selon elle, New York ne pourrait pas aller au bout avec Brunson aux manettes, parce que trop petit (1,88 mètre en chaussures). "Qu’il me donne tort", déclarait récemment Hammon, sans doute lassé d’être interrogé sur le sujet à chaque campagne.

"Mini" mâle alpha ?

Elle n’est de toute façon pas la seule à le penser. Draymond Green estime aussi que les Knicks "n’ont pas le joueur 1A" à même de faire remporter quatre séries de playoffs à la suite. Ce fameux mâle alpha ultime. Et c’est vrai que c’est l’ingrédient central de 95% des champions NBA en plus de 75 ans d’Histoire : l’un des cinq meilleurs joueurs du monde. Victor Wembanyama en fait partie. Mais pas Jalen Brunson. Ou en tout cas, il n’a jamais été prédestiné à intégrer ce gratin.
Même avec deux couronnes universitaires au sein du programme très solide de Villanova, le fils de Rick Brunson, ancien joueur des Knicks qui a disputé la finale 99 et aujourd’hui assistant de Mike Brown à New York, n’a été drafté qu’au début du second tour par les Mavericks (33eme choix) en 2018. Il est arrivé chez les pros à 22 ans, un âge presque avancé pour un rookie et avec l’étiquette d’un meneur pas assez grand et trop peu athlétique pour vraiment se garantir une place dans cette ligue. Il était déjà ramené à sa taille à l’époque.

Un destin atypique

Sauf qu’il a fini par se révéler au bout de sa quatrième saison à Dallas en tournant à 16,3 points par match au côté de Luka Doncic avant d’exploser en playoffs avec une performance à 41 unités en l’absence du Slovène. En fin de contrat, il espérait rester dans le Texas et se disait prêt à prolonger pour 55 millions sur quatre ans. Sauf que Nico Harrison, le GM des Mavs devenu tristement célèbre en transférant Doncic, ne sent pas l’affaire et refuse par deux fois (!) de le conserver à ce montant. Le joueur prend alors la direction de New York en paraphant un deal à 104 millions pour quatre saisons. Un pari de la part des dirigeants, qui ont la vision. Une signature pourtant critiquée par une partie des observateurs qui ont l’impression que les Knicks surpayent un épiphénomène. Ce contrat est vite devenu l’un des plus rentables de la ligue.
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Jalen Brunson face à James Harden dans le match 1 de la Finale de la Conférence Est

Crédit: AFP

Parce que Brunson est à l’origine du renouveau de ce club mythique. Une organisation qui a tellement déçu et dont les fans ont tellement souffert pendant plus de vingt ans. Jusqu’à son arrivée. Non seulement il est bel et bien devenu l’un des meilleurs joueurs du championnat, avec par exemple 26 points de moyenne en 284 matches de saison régulière avec les Knicks (et même plus de 29 points en playoffs), mais il a en plus établi une véritable culture de la gagne au sein d’une formation qui avait perdu toute notion de combativité et de succès. Elle s’est qualifiée pour les playoffs chaque année depuis son arrivée. Ce, avec une montée en puissance progressive : élimination au second tour puis en finales de Conférence avant d’atteindre les Finals NBA en 2026.
Il est le patron sur le terrain. Le leader du groupe. Le personnage principal. Celui vers qui ses coéquipiers se tournent quand la situation devient tendue et exige un exploit. Nommé "clutch player of the year" en 2025, il est resté fidèle à sa réputation en scorant par exemple 15 points lors du comeback historique des Knicks lors du Match 1 contre les Cavaliers. Menés de 22 points à 8 minutes de la fin, ils avaient fini par s’imposer en prolongation.
Jalen Brunson n’a peut-être pas les dimensions ou le talent de Victor Wembanyama mais il est peut-être le meilleur "closer", ou "finisseur" des acteurs présents sur le parquet durant cette série. Et si les rencontres sont serrées, il sera toujours en position de faire la différence. Il l’a rappelé lors du match d’ouverture en plantant 13 de ses 30 points dans le quatrième quart-temps pour faire basculer la partie en faveur des siens malgré une première mi-temps compliquée où il a tiré à 5/15 en se blessant à deux reprises au genou et à la cheville.

Le joueur le plus clutch des finales NBA

"Jalen a été le MVP de la deuxième mi-temps. Et il a fait ce que les MVP sont censés faire. Il nous a porté. On lui a mis le ballon entre ses mains et il a fait le job", soulignait Mike Brown. Un MVP qui conserve volontiers sa casquette d’underdog. Pour ne pas oublier d’où il vient et tout ce qu’il a traversé pour en arriver là. Bien que considéré comme un soliste sur le terrain, il fait en réalité preuve d’altruisme quand il le faut. La balle était moins souvent entre ses mains lors de la demi-finale de Conférence contre les Sixers par exemple. La réalité de la série voulait que Karl-Anthony Towns soit aux commandes pour dicter le tempo. "Je ne suis pas une star. Des stars auraient pu râler. Mais je n’en suis pas une et je veux gagner", rétorquait Brunson à la presse.
Bien sûr qu’il est une star. En tous points de vue. Et il le sait sans doute. Mais en se maintenant dans la peau de ce joueur qui a tout à prouver, il trouve probablement des ressources supplémentaires pour continuer à avancer. Il confirme d’ailleurs que gagner l’intéresse plus que le reste.
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Jalen Brunson (New York Knicks) contre les San Antonio Spurs lors du Game 1 de la finale NBA, le 4 juin 2026

Crédit: Imago

En juillet 2024, alors qu’il est éligible à une extension massive, Brunson accepte de resigner avec les Knicks pour 156 millions et quatre années supplémentaires, laissant ainsi 113 millions sur la table. Des économies majeures pour le management, qui ont ainsi pu faire venir et conserver ses anciens coéquipiers à la fac, Josh Hart et Mikal Bridges. Mais aussi Karl-Anthony Towns et OG Anunoby tout en renforçant le banc par la suite.
Les Knicks ont finalement su construire l’équipe parfaite autour de lui, celle qui est taillée pour masquer ses faiblesses et mettre en avant ses qualités. Des gars qui le suivent et avec qui il a développé un fort esprit de camaraderie. Pourtant, les dirigeants eux-mêmes ont hésité à chercher ce joueur "1A" ne serait-ce que quelques mois en arrière. New York était fortement pressenti comme une équipe prête à accueillir Giannis Antetokounmpo. Au final, ils ont peut-être déjà leur superstar, même si son parcours est atypique. Et si Jalen Brunson continue d’évoluer à ce niveau, les Knicks pourront bientôt célébrer leur grand retour au sommet.
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