Giannis Antetokounmpo et les Milwaukee Bucks : Amour fou... divorce inévitable ?
Par Antoine Pimmel
Publié 09/12/2025 à 23:49 GMT+1
Giannis Antetokounmpo ne demandera peut-être pas son transfert en cours de saison mais c’est probablement qu’une question de temps avant qu’il change de franchise. Parce que son club actuel ne peut pas lui satisfaire ses ambitions et ses rêves d’un nouveau titre.
Giannis Antetokounmpo
Crédit: Getty Images
"Je veux jouer pour une équipe qui me donne une chance de pouvoir gagner un titre. Je pense qu’accepter que la saison se termine en avril et refuser de lutter au plus haut niveau dessert le sport." La toute première sortie de Giannis Antetokounmpo devant les journalistes cette saison donnait déjà le ton.
Ce jour-là, celui du Media Day, sorte de point de référence du coup d’envoi d’un nouvel exercice NBA, la superstar entérinait le fait que ses jours aux Milwaukee Bucks étaient comptés. Parce que ses objectifs, ses envies, ses désirs d’une nouvelle bague, ne coïncident plus avec la réalité d’une franchise qui espère évidemment se mêler à la lutte pour les premières places et conserver son icône mais sans en avoir réellement les moyens.
Il répondait alors aux rumeurs sur son futur départ éventuel. Parce que malgré l’arrivée de Myles Turner pendant l’intersaison, le Grec n’avait pas le sentiment que l’effectif actuellement aligné dans le Wisconsin lui permettrait de rivaliser avec Oklahoma City, Denver, Houston ni même les favoris de l’Est que sont New York, Cleveland ou maintenant Detroit, etc.
Des défaites et des rumeurs
Moins de trois mois après, les spéculations ont refait surface. Elles sont mêmes plus persistantes que jamais. Selon Shams Charania, le spécialiste du scoop pour ESPN, le joueur et son agent vont réfléchir à la suite de sa carrière durant les prochaines semaines afin de potentiellement demander son transfert.
"Il n’a jamais réclamé son départ. Jamais", martèle son coach Doc Rivers. "Je ne peux pas être plus clair que ça. Je parle au principal intéressé tous les jours. Il adore Milwaukee et il adore les Bucks." Son attachement pour la ville qui l’a vu grandir depuis son arrivée à 18 ans et pour la franchise qui a misé sur lui quand il était encore un parfait inconnu ne fait aucun doute. Bien sûr qu’il aime Milwaukee et les Bucks. Mais l’amour ne fait pas tout dans une relation. Il peut garder une place spéciale pour l’organisation dans son cœur tout en ayant envie d’aller voir ailleurs, parce que c’est sans doute ce qu’il y a de mieux pour lui à ce stade de sa carrière.
"Les gens parlent uniquement parce que l’on perd", ajoute Rivers. C’est encore une fois assez évident. C’est même toute la question. Les informations un peu abstraites rapportées par Charania ne sont peut-être qu’une manière de surfer sur la période délicate traversée par le club après qu’Antetokounmpo a, en plus, attirer l’attention sur lui en supprimant de nombreux posts de ses réseaux sociaux.
Un effectif limité... et difficile à améliorer
Peut-être qu’un trade n’est effectivement pas imminent. Déjà parce que malgré l’énorme pari perdant des Mavericks avec Luka Doncic l’an dernier, les meilleurs joueurs du monde ne sont jamais échangés aussi simplement. Disséquer les offres, faire monter les enchères, évaluer les contreparties… tout ça prend beaucoup de temps. Surtout qu’avec un salaire à 54 millions de dollars et une ligue où toutes les franchises sont au-dessus du salary cap, construire un deal cohérent relève d’une tâche herculéenne.
Giannis Antetokounmpo aurait même finalement déjà demandé à partir… en août dernier, en jetant son dévolu sur New York. Mais les discussions préliminaires entre les différentes parties n’ont rien donné. Quelque part, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il franchisse le pas et troque sa tunique des Bucks pour celle d’une équipe dans une situation plus avantageuse.
Parce que les dirigeants n’ont plus beaucoup de leviers pour vraiment renforcer le roster. Ils ont déjà coupé Damian Lillard, une décision peu appréciée par le "Greek Freak" selon certaines sources, pour faire venir Turner. Ils n’ont pas le contrôle de leurs prochains tours de draft et peu de joueurs qui ont de la valeur pour un éventuel échange. Bref, ils sont coincés.
Coincés avec une formation moyenne mais sublimée par la présence d’Antetokounmpo. Sauf que même le double MVP ne peut pas tout faire. Milwaukee a perdu cinq des six matches qu’il a manqués jusqu’à présent… alors qu’il s’apprête à en rater encore pas mal en raison de sa dernière blessure. La franchise parle de deux à quatre semaines d’indisponibilité.
Un timing cruel pour des Bucks dixièmes à l’Est et déjà décrochés. Malgré ça, la star semble s’être engagée à rester toute la saison avec son équipe. Si jamais un deal devait avoir lieu dans les prochaines semaines, les Hawks seraient peut-être les mieux placés pour boucler l’affaire.
Atlanta favori pour accueillir Anteotkounmpo ?
En effet, Atlanta dispose d’un atout très particulier : le choix de d’raft le mieux placé des deux entre celui de Milwaukee ou New Orleans. En récupérant ce choix, les Bucks pourraient viser la draft (et profiter aussi du pick des Pelicans) tout en récupérant par exemple Zaccharie Risacher et Trae Young ou Jalen Johnson. Les Hawks seront sans doute très réticents à l'idée d'inclure Johnson, jeune star montante originaire du Wisconsin. Les Warriors peuvent eux proposer Jonathan Kuminga, Draymond Green et des tours de draft au-delà de la retraite de Stephen Curry.
Les Knicks ont peut-être la priorité du joueur mais les Bucks ont tout intérêt à ne pas faire la même erreur que Nico Harrison à Dallas. Autant attendre l’intersaison, jauger cette équipe après un éventuel parcours de Playoffs et presser sur le bouton au moment où toutes les franchises ou presque feront une offre. Les Spurs, qui ont par exemple Stephon Castle ou Dylan Harper en pièce maîtresse à échanger, auront plus d’une carte dans leur manche. Portland possède trois futurs picks de Milwaukee (2028, 2029, 2030) en plus des prometteurs Scoot Henderson et Shaedon Sharpe. Qui sait, peut-être même qu’Orlando osera offrir Franz Wagner ou Paolo Banchero en plus d’Anthony Black si le Magic passe à côté de ses Playoffs.
Les options seront beaucoup plus nombreuses. Et que ce soit dans deux mois, dans six ans ou courant 2027, le divorce entre Giannis Antetokounmpo et les Milwaukee Bucks paraît désormais quasiment inévitable.
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