Le Oklahoma City Thunder peut-il vraiment faire le doublé et former une dynastie des temps modernes en NBA ?

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Champion en titre, le Oklahoma City Thunder repart avec un groupe inchangé et fera encore figure de grand favori pour la prochaine saison NBA. Avec sa jeunesse et son talent, cette équipe pourra-t-elle enfin mettre un terme à la malédiction récente des équipes sacrées ?

Jalen WIlliams, Shai Gilgeous-Alexander, Chet Holmgren, le "Big 3" du Thunder, ici contre les Minnesota Timberwolves le 22 mai 2025

Crédit: Getty Images

Par Antoine Pimmel
Un noyau dur encore jeune, du talent et des principes de jeu collectifs bien établis : presque tout le monde voyait les Denver Nuggets comme favoris à leur propre succession après leur titre en 2023. Ils n’ont finalement même pas atteint les finales de Conférence l’année suivante. Un noyau dur encore jeune, du talent (beaucoup) et des principes de jeu collectifs bien établis : presque tout le monde voyait les Boston Celtics comme favoris à leur propre succession après leur titre en 2024. Ils n’ont finalement pas atteint les finales de Conférence l’année suivante. Un noyau dur encore plus jeune, du talent et des principes de jeu collectifs… mais jusqu’où ira donc le Thunder d'Oklahoma City après son sacre en 2025 ?
Privilège du champion, l’équipe drivée par Shai Gilgeous-Alexander est évidemment encore considérée comme grande favorite en 2026. Pourtant, la réalité récente incite à la méfiance. Aucune franchise n’a réussi un doublé depuis les Golden State Warriors en 2017 et 2018. Et à l’époque, la formation californienne alignait dans ses rangs deux des trois meilleurs joueurs du monde sur le moment, à savoir Stephen Curry et Kevin Durant. Depuis ses mêmes Warriors en 2019, aucune équipe championne n’a même atteint le dernier carré des playoffs la saison d’après. C’est donc un défi de taille qui attend le Thunder.
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Shai Gilgeous-Alexander soulève le titre NBA

Crédit: Getty Images

Deuxième plus jeune groupe à avoir décroché un titre

OKC a dominé la saison régulière pour finir avec 68 victoires, le cinquième bilan de tous les temps. Les hommes de Mark Daigneault ont parfois eu peur en playoffs, surtout contre Denver (victoire à l’issue d’un Game 7 totalement à leur avantage), mais ils ont assumé leur statut de favoris. Même s’il leur a finalement fallu sept manches et sans doute un peu de chance pour écarter des Pacers surprenants et absolument pas pressentis pour passer aussi près du trophée. Le groupe a été conservé dans sa quasi intégralité et le Thunder est armé pour conquérir une nouvelle bague.
Déjà parce c’est le deuxième groupe le plus jeune de l’Histoire de la NBA à avoir décroché un titre (25 ans de moyenne). Un fait majeur. Ça montre que les stars du Thunder, les SGA mais aussi les Jalen Williams, Chet Holmgren et compagnie connaissent déjà le chemin du succès. Ça rappelle surtout qu’ils disposent d’une marge de progression encore conséquente tout en étant pourtant au sommet de la ligue.
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Shai Gilgeous-Alexander to MVP poprzedniego sezonu NBA

Crédit: Imago

Du chasseur au chassé

C’est toute la question pour les champions : comment devenir de plus en plus fort ? Comment faire mieux ? Oklahoma City n’est plus dans la position du chasseur mais celle du chassé. Et c’est une pression complètement différente à gérer. Une pression que ces gars de 23, 24 ans vont découvrir. Tous les yeux sont désormais rivés sur le Thunder. Les autres équipes, enfin, celles qui visent le titre, se construisent désormais avec les atouts pour faire tomber la tête de série numéro un. Il n’y a plus d’éléments de surprise : la recette de Mark Daigneault est connue et les adversaires vont s’adapter.
D’où l’importance primordial de cette progression interne. Williams a déjà passé un vrai cap la saison dernière et il peut gagner en régularité. Holmgren doit continuer à élever son niveau de jeu offensif pour débloquer encore plus le potentiel des siens en attaque. Cason Wallace, Aaron Wiggins, Ousmane Dieng ou encore le rookie Nikola Topic ont tous de la marge.
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Chet Holmgren #7 of the Oklahoma City Thunder goes up for a dunk during the second half against the Utah Jazz at Paycom Center on March 20, 2024 in Oklahoma City, Oklahoma.

Crédit: Getty Images

La question majeure des contrats

Mais le premier vrai avantage d’une équipe jeune est ailleurs. Il ne concerne même pas réellement le terrain. La raison pour laquelle les champions peinent à s’imposer dans la durée est d’abord financière. Le CBA, qui est entré en vigueur en juillet 2023, limite considérablement la marge de manœuvre des franchises les plus ambitieuses. Conserver des vétérans de qualité n’a jamais coûté aussi cher. C’est notamment pourquoi les Nuggets ont perdu les précieux Bruce Brown et Jeff Green sans vraiment les remplacer après leur sacre. En gagnant aussi tôt, bien plus tôt que prévu d’ailleurs, le Thunder s’est laissé un peu de temps.
Gilgeous-Alexander, Williams et Holmgren ont tous les trois signé des nouveaux contrats massifs. Mais ceux-ci ne pèseront pas dans le Cap avant la saison prochaine pour les deux derniers cités et avant 2028 pour SGA, qui percevra alors 63 puis 68 millions ! Dans deux ans, les propriétaires devront débourser 152 millions pour payer les trois joueurs majeurs de l’effectif. Une somme astronomique qui restreint la capacité à se renforcer dans le temps. Pour l’instant, le Thunder n’a que la vingtième masse salariale de la ligue, en étant dans la tranche des clubs qui visent la loterie. Mais la franchise va vite grimper dans cette hiérarchie. Dès l’année prochaine.
C’est alors qu’il faudra vraiment maximiser chaque place dans le roster. Certains joueurs de complément essentiel vont partir à un moment ou à un autre. Peut-être que ce sera Alex Caruso, ou Lu Dort ou même Isaiah Hartenstein. Mais les dirigeants ne pourront pas tout le temps garder tout le temps. Et savoir les remplacer à moindre coût est la condition pour se maintenir au plus haut niveau. Ça tombe bien, le GM Sam Presti est réputé pour être l’un des plus talentueux et les plus ingénieux de tout le championnat. Il lui reste plusieurs tours de draft disponibles pour faciliter des échanges ou piocher des joueurs susceptibles d’aider l’équipe tout en étant payé sous un contrat rookie.
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Alex Caruso

Crédit: Getty Images

Une concurrence de plus en plus rude

Un peu comme les Spurs à l’époque de Tim Duncan, Tony Parker et Manu Ginobili, le Thunder sera compétitif aussi longtemps que Shai Gilgeous-Alexander, Jalen Williams et Chet Holmgren tiennent la baraque. Mais la question du temps est légitime, malgré leur jeunesse. Le Canadien, qui sort d’une saison historique, a déjà fait comprendre qu’il ne se voyait pas jouer jusqu’à ses 40 ans. Il compte s’arrêter peu de temps après avoir décliné. Du moins c’est ce qu’il dit aujourd’hui. Il lui reste plusieurs années pour voir venir.
Sauf que derrière, ça pousse. Les Nuggets ont profité de l’intersaison pour bâtir le meilleur effectif de l’ère Jokic. Les Rockets ont fait venir Kevin Durant. Les Lakers ont Luka Doncic et LeBron James. Les Timberwolves Anthony Edwards. Les Warriors ne seront pas bons à jouer. Quid des formations qui montent, comme les Spurs de Victor Wembanyama ? La concurrence est extrêmement féroce à l’Ouest. L’heure de San Antonio ne devrait pas tarder à arriver. D’ici deux ou trois ans, OKC n’aura peut-être même plus le meilleur noyau dur de la ligue.
Puis on peut aussi se demander comment ces hommes vont réagir après avoir gagné aussi tôt dans leur carrière. Auront-ils toujours aussi faim de victoires ? Leur coach Mark Daigneault est conscient que c’est une donnée essentielle, même s’il est justement optimiste sur le sujet. "C’est un groupe vraiment peu commun en termes de maturité et de capacité à comprendre le contexte et les circonstances. La chose la plus importante pour nous aujourd’hui, c’est d’avoir l’humilité de réaliser que ce que nous avons accompli ne nous offre rien. Nous devons nous mettre dans l’état d’esprit que nous sommes encore au pied de la montagne." Sauf que ce n’est plus à la NBA que le Thunder s’attaque, mais à son Histoire qu’elle pourrait marquer en s’imposant comme une dynastie des temps modernes qui ne gagne peut-être pas trois titres d’affilée mais reste compétitive saison après saison pendant encore dix ans.
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