Le retour de Jayson Tatum peut-il vraiment tout changer pour les Boston Celtics et la Conférence Est ?
Par Antoine Pimmel
Mis à jour 17/03/2026 à 15:56 GMT+1
Les Boston Celtics réalisent une saison aussi brillante qu’inattendue. Avec Jayson Tatum en plus, la franchise peut se mettre à rêver grand. Mais peut-être pas au point de reconquérir la NBA deux ans après le dernier sacre du club du Massachusetts. Car Tatum va devoir composer avec l'explosion de Jaylen Brown, le nouvel homme fort en son absence.
Jayson Tatum avec les Boston Celtics
Crédit: Getty Images
Ça devait être une saison de transition. Voire, dans le cas le plus extrême, une année blanche où les Celtics, un peu comme les Pacers, partiraient à la conquête d’un haut choix de draft pour repartir ensuite de l’avant. Championne en 2024, la franchise du Massachusetts était pressentie pour rentrer un peu dans le rang suite à la blessure au tendon d’Achille de sa superstar Jayson Tatum en mai 2025.
Boston a aussi subi les restrictions financières trop contraignantes du CBA et, pour éviter de payer des taxes de plus en plus lourdes, les dirigeants ont dégraissé l’effectif en se séparant de Kristaps Porzingis, Jrue Holiday, Al Horford et Luke Kornet pendant la dernière intersaison. Quelques mois plus tard, les Celtics sont finalement toujours dans la même position : celle d’une équipe capable d’aller encore une fois très loin en playoffs.
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Jayson Tatum s'est blessé face aux Knicks
Crédit: Getty Images
Portés par un Jaylen Brown candidat au MVP (enfin, au top 5…), ils occupent actuellement la deuxième place de la Conférence Est avec 45 victoires en 68 matches. Dont 41 décrochées lors des 61 premières rencontres, avant le retour de Tatum. Parce que oui, moins de 300 jours après s’être blessé grièvement contre les Knicks au second tour des playoffs, l’ailier All-Star est déjà revenu à la compétition.
Un comeback improbable mais tout de même teasé pendant des mois sans que l’on n’y croit réellement jusqu’à ce qu’il devienne inévitable. Voilà donc l’une des meilleures formations du championnat renforcée par un joueur All-Star qui figurait parmi le top 10 mondial avant sa déchirure du tendon d’Achille.
Un rôle secondaire pour Jayson Tatum
JT aurait pu faire l’impasse sur l’exercice en cours. Prendre son temps, se remettre complètement et retrouver plus de sensations avant de se lancer dans le grand bain à un mois des hostilités. Mais le joueur de 28 ans s’est senti motivé encore davantage par les bons résultats inattendus de ses camarades.
Il leur a avoué, juste avant de rejouer son premier match, à quel point ils lui ont donné de la force en brillant soir après soir. Un discours émouvant tenu à l’entraînement, devant le groupe et le staff, qui montre à quel point il est déterminé à aider les siens. "Je le félicite de revenir pour participer à quelque chose de plus grand que lui. Je pense que c’est sa mentalité. J’apprécie", soulignait Brown, devenu calife à la place du calife.
Bien que nommé MVP des finales lors du sacre, JB n’a jamais été complètement au cœur du jeu des Celtics. L’attaque tournait autour de Tatum et de sa création, soit pour lui, soit pour les autres. Brown n’était pas vraiment une deuxième option mais sans être la première non plus. Une dynamique un peu particulière qui fonctionnait suffisamment pour que le duo reste soudé, jusqu’à ce titre deux ans en arrière.
Sauf que cette saison, il était donc en solo. Une expérience qu’il a évidemment beaucoup appréciée. "J’ai pu être dans ce rôle où je suis en mesure de contrôler ce qui se passe, avec tout le monde qui joue autour de moi. J’ai été dans cette position pendant une large partie de la saison. C’est la première fois au cours de ma carrière que j’ai vraiment cette opportunité. Et, honnêtement, j’ai l’impression que je peux encore grandir dans ce rôle. C’est complètement différent d’être le point central de l’attaque. Cette saison, j’ai pu jouer à mon propre rythme et contrôler mon propre destin."
More money, more problem
Sauf qu’avec le retour de Jayson Tatum, les cartes pourraient être en partie redistribuées. Ce dernier botte plutôt en touche, exprimant notamment son "plaisir" de se greffer à la dynamique positive de l’équipe. Mais si le coach Joe Mazzulla parle d’une "intégration facile", Jaylen Brown ose reconnaître des difficultés. "Ça demande de l’humilité et de la compréhension. Jayson est extrêmement important pour ce qu’on veut faire. Évidemment, je fais une grande saison, mais je dois penser au collectif, et parfois ce n’est pas facile."
Maintenant qu’il a eu les rênes, il ne veut pas les lâcher dans la dernière ligne droite de ce qui reste sa meilleure saison en carrière avec plus de 28 points, 7 rebonds et 5 passes de moyenne au compteur tout en ayant un impact déterminant des deux côtés du terrain. Les Celtics ont soudainement plus de talents à disposition mais ils ont aussi des nouveaux automatismes à développer.
More money, more problem. Plus de stars, plus d’ego à gérer. "Il nous reste quelques matches. Ça ne sera pas parfait. Je pense que nous aurions pu gagner d’une meilleure manière ce soir face aux Suns, ça va demander de la progression d’ici les playoffs. Je dois être patient. Tout le monde doit être patient", insistait Brown après la victoire contre les Suns lundi dernier.
Brown est Batman, Tatum doit devenir Robin
"Je pense que Tatum est assez intelligent pour comprendre que c’est Brown qui est Batman pour l’instant et que, aujourd’hui, il doit devenir Robin", soulignait pour sa part un GM resté anonyme. Pour l’instant, Jayson Tatum cherche surtout du rythme. Et son retour est plutôt très positif. Après 5 matches (4 victoires de Boston), il culmine à plus de 20 points, 8 rebonds et 4 passes en 29 minutes.
Son temps de jeu a même été revu à la hausse récemment parce que son corps tient pour l’instant le choc. Il est en manque d’adresse (40% dont 27% derrière l’arc) mais ses performances sont intéressantes. Et il a effectivement eu le bon réflexe d’évoluer dans plusieurs rôles différents. Parfois en tant que créateur, parfois en tant que scoreur (notamment après l’éjection de Brown contre les Spurs) et parfois simplement en donnant du liant entre les différentes pièces de l’effectif.
"Son jeu est toujours le même. Vu qu’il a manqué beaucoup de matches, c’est juste une question de rythme. Je suis content de récupérer un joueur All-Star sait tout faire et qui peut rendre l’équipe meilleure", témoignait Payton Pritchard. Il tend à rendre ses coéquipiers plus forts en attirant l’attention de la défense sur lui. Au-delà du rapport avec Brown et de la répartition des cartouches, notamment dans les moments clés, l’adaptation devrait être plutôt simple. Ce n’est pas comme s’il venait d’arriver à Boston. D’ailleurs, l’équipe de Joe Mazzulla repose toujours exactement sur les mêmes principes : peu de pertes de balle, beaucoup de tirs à trois-points et une défense forte. Elle va vivre et mourir avec ses principes, quels que soient les joueurs sur le terrain.
Et les Celtics sont armés. Ils font figure de prétendants, sans être complètement favoris, au sein d’une Conférence Est ouverte. Ils ont le talent, la taille et la polyvalence. Mais sans un Jayson Tatum à 110%, et il ne le sera pas avant encore quelques mois probablement, ce serait presque une insulte au niveau formidable de la NBA de penser que Boston pourrait se refaire un chemin jusqu’au titre. Son retour ne change pas tout mais il devrait encore une fois permettre aux supporters du club mythique de continuer à vibrer.
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