Magic, Shaq, Duncan : Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) peut se faire une place dorée dans l'histoire de la NBA

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Victor Wembanyama trouve encore le moyen de marquer les esprits pour ses premiers playoffs. En plus de s'offrir quelques records marquants, Wemby peut désormais viser un premier titre face aux Knicks. Après seulement trois saisons dans la Ligue et en tant que franchise player. De quoi encore une fois le placer dans un cercle très fermé.

Wembanyama : "C'est comme si on construisait un château, et c'est juste le hall d'entrée là"

Video credit: Eurosport

Il n'a que 22 ans. N'est dans la Ligue que depuis trois ans. Et pourtant, Victor Wembanyama peut déjà réaliser son "rêve d'enfant" en gagnant le trophée Larry O'Brien. "Avoir cette solide opportunité de l'emporter, de réaliser ses rêves, c'est peut-être la chance d'une vie, on ne sait jamais quand l'occasion se représentera", a avoué l'ancien de Nanterre. Et par la même occasion, il peut marquer encore une fois la Ligue de son empreinte.
Jusqu'à présent, sa découverte des playoffs est aussi idyllique que marquante. Il y a bien eu quelques frustrations entre une commotion et son exclusion suite à un coup de coude face aux Wolves. Mais sinon, Wemby continue de bluffer encore et toujours. Avec quelques records à la clef. Dès le premier match de la série face aux Timberwolves, il a ainsi fini avec 12 contres pour établir une nouvelle référence en playoffs NBA. Et il a encore remonté le temps après.
Pour le premier match face au Thunder d'Oklahoma City, il a notamment tout écrasé avec 41 points, 24 rebonds, 3 passes et 3 contres pour arracher un succès 122 à 115. Aucun joueur n'avait jamais marqué au moins 40 points et capté 20 rebonds pour sa première en finale de conférence, à part l'inévitable Wilt Chamberlain. Et il est finalement devenu le plus jeune à recevoir le Magic Johnson Trophy, offert aux MVP de la finale de l'Ouest, et même le plus jeune tout court toutes conférences confondues.
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Victor Wembanyama entouré de ses coéquipiers des San Antonio Spurs après avoir éliminé l'OKC Thunder en finale de conférence Ouest.

Crédit: Getty Images

Doncic, Durant, LeBron n'auraient qu'à s'incliner

Evidemment, Wembanyama ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. Et compte aller décrocher ce trophée qui fait tant rêver. Histoire de montrer qu'il n'est clairement pas comme le commun des stars du ballon orange. C'est notamment vrai pour ses contemporains. Aussi brillant et talentueux soit-il, Luka Doncic n'a par exemple encore jamais été sacré tout comme Anthony Edwards. Le double MVP Shai Gilgeous-Alexander a lui attendu sa septième saison dans la Ligue pour décrocher un titre tout comme Jayson Tatum.
Kevin Durant, finaliste après cinq saisons, a de son côté dû filer aux Warriors pour apprécier la joie d'un sacre après 10 saisons. Alors que Wemby est souvent comparé à lui par l'attente qu'il suscite, LeBron James, finaliste lors de sa quatrième saison mais "sweepé" en finale (4-0) contre les Spurs en 2007, a aussi changé de crémerie pour enfiler sa première bague avec Miami, neuf ans après son arrivée dans la Ligue. Le géant tricolore peut faire mieux que toutes ces stars. Ça vous classe déjà le phénomène. Mais ce serait aussi détonnant dans l'Histoire si riche de la NBA.

Faire mieux que Shaq

Le jeune Français compte ainsi faire mieux par exemple que Shaquille O'Neal. Depuis quelques semaines, beaucoup comparent en effet les Spurs de Wemby au Magic du jeune Shaq en 1995. "La comparaison évidente pour cette équipe des Spurs est celle du Magic d'Orlando de 1995 — une autre équipe menée par un jeune pivot dominant, Shaquille O'Neal, un jeune meneur étoile montante, Anfernee Hardaway, et qui n'avait jamais connu de succès en playoffs auparavant", résume ainsi ESPN. Mais voilà Shaq, aussi dominateur qu'il était, n'a rien pu faire en finale face aux Rockets, qui ont sweepé les Floridiens (4-0).
Victor Wembanyama rêve évidemment d'un autre destin. Et d'offrir une sixième bague à San Antonio, la première depuis 2014. Ce serait une performance d'exception en terme d'impact dans la Ligue pour une jeune star. Rares sont ceux qui peuvent en effet se targuer d'avoir atteint le Graal aussi vite. 
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Shaquille O'Neal avec Orlando en 1995

Crédit: Imago

Magic, Kareem et Russell : des cas différents

D'autres illustres noms de la NBA, comme Bill Russell, Magic Johnson ou encore Kareem Abdul-Jabbar et Larry Bird, ont certes été plus haut collectivement un peu plus vite. Mais ce n'est pas forcément comparable alors qu'il est toujours difficile de confronter des époques différentes et des situations diverses. Avec Boston, Russell a par exemple été sacré dès sa première année en 1957 dans une NBA qui n'avait rien à voir avec seulement huit équipes. Et pour Magic Johnson, c'est une autre histoire encore. Dès sa draft en 1979 à la première place, le meneur de légende a eu la "chance" de se retrouver aux Lakers pour jouer aux côtés de Kareem Abdul-Jabbar, ce qui lui a permis de remporter la bague dès sa première année et de devenir le seul rookie élu MVP des Finales.
Arrivé en 1969, Kareem Abdul-Jabbar justement avait lui sorti Milwaukee des profondeurs de la Ligue, en permettant aux Bucks d'aller en playoffs lors de sa première année avant d'aller décrocher le premier titre de la franchise en 1971 pour son deuxième exercice en NBA. Mais cette année-là, il a reçu l'aide de la légende Oscar Robertson. Une légende certes vieillissante mais qui tournait encore à 18.3 points et 8.9 passes de moyennes playoffs. Et c'est un peu la même histoire pour Tim Duncan, qui a eu le plaisir de débarquer chez les Spurs où évoluait David Robinson pour aller chercher son premier titre dès sa deuxième saison. Même si De'Aaron Fox est un All Star, Wemby, victime en plus d'une thrombose veineuse profonde lors de sa deuxième saison, n'a pas eu le même soutien de luxe pour ses premières années.
Une situation un peu comparable à celle de Larry Bird. La star des Celtics a été chercher un sacre dès sa deuxième année après les renforts de Robert Parish et Kevin McHale en 1980., Wilt Chamberlain et Hakeem Olajuwon ont aussi eu un impact clef à une vitesse folle. Ce dernier, qui s'est retrouvé au sein de Rockets déjà renforcés l'année précédente par Ralph Sampson, a goûté aux playoffs dès sa première année avant de jouer la finale NBA dès 1986, soit deux ans après sa draft. Mais il a finalement dû attendre 10 ans et 1994 pour être sacré. Wilt Chamberlain a lui dû patienter huit ans. Enfin et peut-être surtout, Michael Jordan avait lui amené les Bulls en playoffs dès sa première saison, où il a échoué au premier tour durant ses trois premières années. Et celui que beaucoup considèrent comme le GOAT n'a atteint son but qu'en 1991, soit pour sa septième saison.
Les situations sont différentes. Toutes ces stars n'ont pas mis les pieds au même endroit. Et leur mission n'a pas été identique. Mais en allant chercher le titre dès cette saison, Victor Wembanyama marcherait encore une fois dans les pas des plus grands, même si d'autres ont été plus rapides que lui à atteindre le Graal. Il frapperait même très fort pour le rendre encore un peu plus unique.
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