NBA - Briller en G-League comme Killian Hayes, élu joueur de la semaine, ça sert à quoi ?

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Alors que Killian Hayes vient d'être élu joueur de la semaine en G-League, les questions restent légion sur la ligue de développement de la NBA. Si certains joueurs qui y sont passés se sont imposés en NBA, les critiques contre cette deuxième Ligue sont même nombreuses même s'il ne faut pas tout confondre.

Kilian Hayes avec les Cavs en pré-saison

Crédit: Getty Images

Voilà le genre de récompense qui fait plaisir et qui est bonne à mettre sur le CV. Sous le maillot de Cleveland, Killian Hayes a fait fort la semaine passée en tournant à 26,3 points, 5,3 rebonds et 9,3 passes de moyenne. Au point d'être élu joueur de la semaine ! Le souci, c'est que ce n'est pas avec les Cavs, et donc pas en NBA. Mais "simplement" en G-League (la ligue de développement de la NBA). Et une question s'impose : mais à quoi ça sert ? "Je n'ai jamais cru en la G League, tranchait P.J Tucker, champion NBA 2021 avec les Bucks dans le Point Forward’ podcast en 2023. La G League est la chose la plus stupide qui soit. On ne peut pas voir la valeur des joueurs dans les matches de la G League."
Un constat sans appel qu'il faut cependant nuancer un peu même si un doute plane sur l'intérêt de s'y acharner. Pour certains, la G-League représente l'occasion de se montrer et de rester proche des franchises NBA si un besoin s'en fait sentir durant la saison. Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux en NBA à être passés par la G-League actuellement. Et il y a de jolis noms. Pascal Siakam est par exemple devenu le premier à avoir évoluer en G League avant de jouer un All-Star Game. Et on pourrait aussi citer Fred VanVleet, Khris Middleton, Rudy Gobert ou encore Alex Caruso et Ousmane Dieng.
 

Monclar : "C’est un piège la G-League"

Il n'y a donc rien d'honteux ou de rédhibitoire à évoluer en G-League pour tenter de se faire sa place en NBA. Mais il faut cependant différencier deux types de joueurs : ceux qui possèdent un contrat avec une franchise NBA et y sont envoyés pour gagner quelques minutes et ceux qui sont en G-League dans l'espoir de séduire une équipe. Dans le premier cas et dans une NBA qui tente de plus en plus de paris lors de la draft avec des profils en devenir, ça peut être utile pour travailler et se remettre en route, notamment pour des jeunes joueurs. Cette année, Maxime Raynaud y a ainsi fait un petit tour pour retrouver des sensations avant de s'imposer aux Kings. Tidjane Salaün ou Noah Penda ont aussi connu une expérience similaire.
Pour Kilian Hayes, c'est une autre histoire. Le meneur de jeu, drafté à la septième place en 2020, a déjà eu sa chance en NBA. L'ancien de Cholet a même tourné à 10,3 points et 6,2 passes en 2022-23. Et après avoir été coupé par les Cavs en octobre, il espère à nouveau avoir sa chance. Mais est-ce bien réaliste alors que ce n'est pas la première fois qu'il tente cette option G League ? Les doutes sont permis. "C’est un piège la G-League, avait lancé Jacques Monclar sur BeIn Sports en février dernier. Même de bien jouer et de faire des cartons en G-League, ça ne veut rien dire. (…) Alors je sais que pour les franchises, c’est pratique d’avoir une vingtaine de mecs opérationnels pour être dans l’effectif de quinze. Mais la G-League, c’est un piège !".
Quand tu es un joueur G-League, on est référencé joueur de G-League
Un avis partagé par Fred Weis sur RMC Sport le mois dernier : "Ça ressemble à une voie de garage. On a l'impression qu'ils restent là, en se disant qu'ils vont peut-être avoir une opportunité en étant plus vus. Mais dans l'absolu, c'est très difficile. Sauf si bien sûr, tu appartiens à une équipe NBA. Si tu joues en G-League avec un contrat de G-League, c'est très difficile de sortir de la G-League. Quand tu es un joueur G-League, on est référencé joueur de G-League. (..) Si j'avais eu ce choix là à faire, j'aurais préféré l'Europe."
Guerschon Yabusele est ainsi le contre-exemple parfait. Le capitaine des Bleus a montré la saison passée qu'il était possible de revenir en NBA après un premier échec et s'être aguerri en Europe. Alors, certes, ils ne sont pas légion dans son cas. Mais c'est possible. Et surtout, le niveau est tout autre pour progresser vraiment.
"Si tu es un bon joueur, je ne comprends pas que tu restes en G-League à perdre ton temps alors que tu peux aller en Europe, a ainsi résumé Tidjane Salaün en décembre pour le compte les Frenchies basket. Ça reste un jeu un peu sauvage. Et souvent dans les équipes, il y a deux-trois joueurs qui vont faire le match. C'est beaucoup plus de un contre un. En BetClic, ça joue beaucoup plus intelligemment, ça reste un jeu d'équipe. Ici même si tu es tout seul, tu sais que tu ne vas pas avoir le ballon, juste parce que le gars est en feu. Il y a beaucoup plus de croqueurs". De quoi se dire que ce n'est pas un titre de joueur de la semaine qui va changer la donne pour Hayes, malheureusement.
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