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NBA I Giannis Antetokounmpo, une star trop brillante pour perdre son temps chez les Milwaukee Bucks ?
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Mis à jour 28/10/2025 à 19:05 GMT+1
Giannis Antetokounmpo est l’un des meilleurs basketteurs de la planète mais ses Milwaukee Bucks n’ont pas les arguments pour vraiment viser le titre ou même les finales NBA. C’est à se demander si la franchise, engluée dans une situation compliquée, n’est pas en train de gâcher les meilleures années d’un joueur très spécial.
Giannis Antetokounmpo, la star des Milwaukee Bucks
Crédit: Imago
(Par Antoine Pimmel)
Débarqué à Milwaukee pendant l’été, Cole Anthony découvre ce que ça fait d’observer Giannis Antetokounmpo de près au quotidien. Et même un joueur pro dans sa sixième saison NBA peut être impressionné par l’un de ses pairs. "C’est le meilleur basketteur au monde d’après moi, avoue l’arrière de 25 ans, admiratif. Il est bestial. Il affecte le jeu de tellement de manières différentes. C’est vraiment spécial de le voir jouer tous les jours. Ce gars est vraiment trop fort."
La question de sa place exacte dans la hiérarchie NBA ne suscite pas nécessairement de débats. Est-il vraiment le meilleur ? Peu importe. Il fait partie de cette classe particulière, de ces quatre fantastiques du championnat avec Nikola Jokic, Shai Gilgeous-Alexander et Luka Doncic. Les quatre candidats perpétuels au trophée de MVP. Sauf que contrairement aux rares superstars de son espèce, le Grec évolue pour une équipe qui n’est pas armée pour réellement aller loin en playoffs. Et c’est tout le problème.
La première semaine de la saison est plutôt encourageante pour les Bucks, vainqueurs de deux matches sur trois en faisant preuve d’une belle adresse à trois-points et en jouant enfin sur un rythme élevé qui colle mieux avec leurs qualités. Puis, surtout, Antetokounmpo délivre performance dantesque sur performance dantesque. Au point d’en banaliser les chiffres.
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Giannis Antetokounmpo (Milwaukee Bucks) part au dunk face aux Toronto Raptors
Crédit: Imago
Le premier homme de l’Histoire à compiler plus de 100 points, 40 rebonds et 15 passes pour débuter une saison. 36 pions de moyenne après trois rencontres, avec 16 rebonds et 7 passes pour 68% de réussite aux tirs. Du jamais vu depuis Shaquille O’Neal. Les comparaisons avec l’ancienne légende se tiennent tant Giannis domine physiquement ses contemporains en ne leur laissant rien d’autre qu’un sentiment d’impuissance totale. Sauf qu’encore une fois, au sommet de son art, le Shaq jouait pour des franchises en mesure de gagner bien au-delà du mois d’avril.
Pas même un manieur de ballon à côté de lui
Que peuvent vraiment viser les Bucks ? Interrogé sur le sujet, la superstar du club ne se cache pas : "Nous ne sommes pas favoris, admet-il avant d’ajouter mais nous pouvons poser des problèmes. On va être dangereux." C’est sûr qu’au sein d’une Conférence aussi ouverte et diminuée par les absences des joueurs majeurs des deux derniers vainqueurs à l’Est (Jayson Tatum à Boston et Tyrese Haliburton), la formation du Wisconsin espère au moins bousculer un peu l’ordre établi et se frayer un chemin en playoffs. Mais il n’est pas si osé d’affirmer aujourd’hui, fin octobre, que Milwaukee ne haussera pas une nouvelle bannière de champion d’un an.
D’où finalement la vraie question de fond : un joueur aussi talentueux, aussi dominant dans sa catégorie et actuellement au sommet de son art, peut-il vraiment se satisfaire d’évoluer au sein d’une équipe moyenne ? Avec deux MVP, un MVP des finales, un trophée de meilleur défenseur, sept nominations dans le premier cinq NBA ou encore neuf sélections au All-Star Game, Giannis Antetokounmpo fait partie d’un cercle très fermé dans l’Histoire de la NBA. Un club où figurent uniquement la crème de la crème, les Michael Jordan, Kareem Abdul-Jabbar, Larry Bird, Tim Duncan, LeBron James, etc. Sauf qu’encore une fois, les joueurs de cette trempe donnaient rendez-vous à leurs supporters chaque printemps en mai ou en juin. Saison après saison.
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Wembanyama : "Je me rends de plus en plus compte que ces choses sont précieuses"
Video credit: Eurosport
Le "Greek Freak" est dans une situation différente. Cela fait trois ans que les Bucks sortent au premier tour des playoffs et l’état actuel de l’effectif ainsi que le peu de marge de manœuvre disponible pour les dirigeants tendent à nous faire croire que Milwaukee ne reviendra pas rapidement sur le devant de la scène. Il n’y a pas un autre All-Star digne de ce nom au côté de Giannis. Pas même un manieur de ballon d’élite.
Et encore moins une option dans les tuyaux pour en faire venir dans un futur proche. L’organisation va payer 22 millions de dollars à un joueur "fantôme", en l’occurrence Damian Lillard, sur les cinq prochaines années après avoir rompu son contrat. Les Bucks n’ont pas non plus un surplus de tours de draft à offrir pour négocier un échange. Bref, ils sont englués dans la partie haute du milieu de tableau.
Le droit de "changer d’avis"
En se replongeant dans l’Histoire de la ligue au cours des 30 dernières années, on se rend compte que les meilleurs joueurs ont rarement, voire même jamais, été coincés de la sorte aussi longtemps. Hakeem Olajuwon défendait les couleurs de Rockets compétitifs (et sacrés deux fois de suite) à son apogée. O’Neal s’est toujours débrouillé pour associer ses talents à ceux de Penny Hardaway, Kobe Bryant puis Dwyane Wade. Il a disputé 6 finales et pris 4 bagues. Ce même Kobe a parfois connu des périodes creuses aux Lakers mais, justement, en mettant la pression et en laissant planer l’ombre d’un départ, il a finalement obtenu du renfort. C’est avec Pau Gasol que Los Angeles a retrouvé les finales trois années de suite entre 2008 et 2010 (deux titres de plus).
Cette pression, Antetokounmpo la met constamment sur ses employeurs. Encore cet été, il s’est entretenu avec le GM John Horst. Un tête-à-tête au cours duquel le joueur de 30 ans a confié qu’il n’imaginait pas Milwaukee aller au bout et qu’il aimerait donc être envoyé ailleurs. Les Knicks ont été définis comme sa destination préférentielle mais aucune discussion n’a amené à un transfert. Revoilà donc le natif d’Athènes avec la même tunique, avouant cependant que "pour l’instant", il est là mais qu’il se réserve le droit de "changer d’avis dans six ou sept mois." En fonction donc des résultats en playoffs.
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Giannis Antetokounmpo (Milwaukee Bucks) face aux Toronto Raptors
Crédit: Imago
Il est un immense compétiteur, comme tous les champions de sa catégorie. Il aspire à être sur le terrain, et non devant sa télé, lors des matches les plus tendus et les plus scrutés de l’année. Une atmosphère qu’il n’a plus connu depuis le titre décroché en 2021. Ça fait long à son échelle. Il fait aujourd’hui partie de ces "franchise player" qui sont encore en lice pour passer toute leur carrière au sein de la même équipe.
Le rêve de trophées
La fidélité, c’est bien. C’est beau. Mais si les Bryant, Duncan, Jordan, Stephen Curry et Dirk Nowitzki ont joué aussi longtemps au sein d’une seule franchise (comment ça, Jordan a joué aux Wizards ?), c’est aussi parce que leurs dirigeants ont su les entourer au mieux pour leur permettre de croire en leurs chances d’aller au bout chaque saison. Un espoir qui n’existe même pas aux yeux d’Antetokounmpo. C’est triste.
La question de son héritage se pose. Il sait très bien que, d’une certaine manière, les légendes sont jugées sur leur palmarès collectif. Même au-delà de l’avis théorique des passionnés de basket dans dix, quinze ou vingt ans, il est surtout animé par cet instinct de compétition et rêve de trophées. Au pluriel.
Dans ces conditions, ça paraît légitime de se demander s’il n’est pas trop fort pour rester aux Bucks. Trop fort pour végéter au premier et au second tour des playoffs pendant encore deux ou trois saisons de plus alors qu’il est sans doute au "prime" de sa carrière et que les années sont comptées. Ce n’est pas digne d’une méga star de cette magnitude. Comme quoi, parfois, il n’y a rien de mal à vouloir chercher mieux ailleurs.
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