NBA I Play-offs I Denver Nuggets - Minnesota Timberwolves (Match 5) : L’orgueil de Rudy Gobert, c’est le cauchemar de Nikola Jokic
Par Vincent Bregevin
Publié 26/04/2026 à 23:49 GMT+2
Il lui fait vivre un enfer. Rudy Gobert a éteint Nikola Jokic sur les trois derniers matches de la série du 1er tour des playoffs NBA entre les Minnesota Timberwolves et les Denver Nuggets, avant le match 5 lundi soir dans le Colorado. Le pivot français bénéficie aussi du travail de son équipe, mais il semble habité depuis qu’il a été snobé pour le podium du meilleur joueur défensif de l’année.
Rudy Gobert (Minnesota Timberwolves)
Crédit: Imago
Nikola Jokic avait besoin de passer ses nerfs. C’est peut-être pour ça qu’il a cédé aussi facilement à la provocation d’un Jaden McDaniels qui n’attendait que ça, au bout de la victoire des Minnesota Timberwolves face aux Denver Nuggets dans le match 4 du 1er tour des playoffs de la NBA. Avant cela, le Serbe était resté impuissant face à la supériorité des Wolves dans le quatrième quart-temps. C’est le cas depuis trois matches, tous remportés par les Wolves de Rudy Gobert.
Jokic avait brillé sur le premier match de la série, contribuant très nettement à la victoire des Nuggets avec 25 points, 13 rebonds et 11 passes décisives à 11/19 au tir. Depuis, il y a eu un petit événement qui aurait pu rester anodin. Le titre de joueur défensif de l’année en NBA a été décerné sans surprise à Victor Wembanyama. Devant Chet Holmgren et Ausar Thompson. Rudy Gobert a échoué au pied du podium et l’a plutôt mal pris. "Ce n’est pas la première fois qu’on me manque de respect", avait-il lâché après le match 2.
Quelques minutes plus tôt, sa réaction d’orgueil était déjà perceptible. Gobert avait signé un quatrième quart-temps monstrueux d’impact défensif pour limiter Jokic à 2 points, avec un tout petit 1/7 au tir. Le Français, handicapé par les fautes jusque-là, avait aussi été recadré par son coéquipier Anthony Edwards : "On ne fera pas de ‘double team’. Tu vas marquer (Jokic) en un contre un. Arrête de faire des fautes. Arrête d’essayer de lui prendre le ballon par-dessus. Parce qu’il va simuler. Ils vont siffler la faute. Marque-le en face à face."
Message reçu. Et bien compris. Sur le match 3, Jokic n’a pris que trois tirs dans le dernier quart-temps et n’en a converti qu’un, pour un total de six points. Sur le match 4, le pivot serbe a même manqué ses six shoots dans la dernière période, n’inscrivant que quatre points. "C'est un peu de tout, a estimé la star des Nuggets au moment de commenter sa contre-performance après la rencontre. Je ne tire pas très bien, surtout à trois points. Rudy fait du bon travail : il joue au contact, met les arbitres à l'épreuve et contrarie les tirs. C'est un très bon défenseur."
"On aime ça, être des ‘perdants’"
Jokic le savait très bien avant cette série. Gobert n’a pas été élu par hasard meilleur défenseur de la NBA à quatre reprises, un record qu’il partage avec Dikembe Mutombo et Ben Wallace. Mais le Serbe, qui l’a souvent dominé par le passé, n’a jamais été autant à la peine face au Français que sur cette série jusqu’ici. "Je le fais juste travailler, je fais en sorte qu’il mérite chaque panier qu’il marque, a commenté le pivot des Wolves après le match 4. Evidemment, il est capable de shooter, de dribbler, de passer… Il s’agit juste de rester entre lui et le panier et contester ses tirs."
Gobert y arrive particulièrement bien depuis cette sortie médiatique après son absence sur le podium du joueur défensif de l’année. "Je n’ai pas vraiment fait quelque chose de différent sur les trois derniers matches, a-t-il cependant assuré. J’ai juste été agressif, équilibré, essayé d’être discipliné. Après c’est un effort collectif. Mes coéquipiers font un excellent travail, ils s’occupent des autres comme Jamal Murray ou Tim Hardaway Jr., Aaron Gordon… Ce sont des joueurs talentueux, ils travaillent bien. Ça me permet de me concentrer juste sur le Joker."
Ses coéquipiers jouent aussi leur rôle face à une attaque des Nuggets un peu limitée en dehors de Jokic et Jamal Murray. Mais cette envie de défendre, c’est bien Gobert qui la communique. "C'est génial parce que c'est quelque chose que nous voyons tous au quotidien et que nous pouvons ressentir à travers sa présence et son impact, avance son coéquipier Mike Conley. Sa simple présence défensive sur le terrain transforme notre équipe du tout au tout, et quand il peut jouer avec une telle assurance et sentir cet amour venant de partout, c'est un joueur complètement différent."
Gobert fait l’unanimité à Minnesota. Il y puise probablement beaucoup de son énergie. Mais chez lui, il y a toujours ce besoin de prouver dans une NBA qu’il divise depuis si longtemps. Qu’il soit snobé pour le titre de défenseur de l’année n’a fait qu’amplifier le phénomène. "On aime ça, être des ‘perdants’ et relever les plus grands défis", a-t-il dit sur ESPN après le match 4, comme pour mieux résumer son état d’esprit. Il a encore une marche à gravir pour faire tomber les Nuggets. Et rester ainsi le pire cauchemar de Jokic.
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