NBA I Sur les traces de LeBron James, Kobe Bryant et Luka Doncic : Cooper Flagg, meilleur "ado" de l’Histoire ?
Par Antoine Pimmel
Mis à jour 19/12/2025 à 12:16 GMT+1
Récemment auteur d'une performance incroyable à 42 points avec les Dallas Mavericks, Cooper Flagg, 18 ans, est clairement en avance pour son âge. Une bonne raison de penser que le N.1 de la dernière draft peut bel et bien s’inscrire un jour parmi les meilleurs joueurs de sa génération.
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Video credit: Eurosport
Comme Victor Wembanyama deux ans avant lui, Cooper Flagg est arrivé en NBA avec l’étiquette de "talent générationnel". Un label apposé aux futures superstars parmi les superstars distribué souvent un peu hâtivement et surtout trop souvent puisque, par définition, il n’est censé concerner qu’un ou deux joueurs par génération. Si le Français a déjà prouvé que sa réputation n’était pas usurpée en répondant à des attentes pourtant démesurées, son successeur américain tend lui aussi à montrer qu’il y a de l’inédit chez lui.
Il vient d’ailleurs de battre un record de précocité en devenant le plus jeune joueur de l’Histoire à passer la barre des 40 points sur un match. 42 points, précisément, à 18 ans, lors d’un match néanmoins perdu par les Mavericks contre le Jazz. Il fait mieux que Kobe Bryant, Luka Doncic ou LeBron James, qui en avait inscrit 37 un peu avant de souffler ses 19 bougies. Sur de nombreux aspects, le natif du Maine rivalise avec les précédents "adolescents" (teenagers, en VO) qui ont marqué cette ligue. Seul le King marque plus de points que lui au même âge. 18,4 pour Flagg contre 20,2 pour James.
Son premier carton – certainement pas le dernier – s’inscrit dans la logique des performances actuelles du premier choix de la draft 2025. Il marque de plus en plus de points chaque soir avec une équipe désormais tournée autour de lui. En remontant à sa sortie à 35 unités contre les Clippers, le rookie culmine par exemple à presque 26 points de moyenne sur les 7 derniers matches. Le tout à 54% de réussite, et ça, c’est encore plus impressionnant !
Meneur, à contre-emploi
Cooper Flagg monte en puissance à vue d’œil et redevient un favori très sérieux pour le trophée de meilleur rookie de l’année. Son ancien coéquipier Kon Knueppel (19 points par match) est désormais le seul à marquer plus de points que lui parmi les membres de sa promotion. Il est aussi troisième aux rebonds (6,3), cinquième à la passe (3,5) et deuxième aux interceptions (1,3). On sent surtout qu’il peut en montrer encore plus. Parce qu’il n’a cessé de progresser depuis ses débuts en demi-teinte au sein d’une équipe de Dallas dysfonctionnelle.
Au bout de deux semaines chez les pros, alors qu’il est au moins un an plus jeune (et ça compte à ce stade de leur carrière) que la plupart de ses camarades de la cuvée 2025, Flagg perdait déjà presque son statut de superstar en devenir sous prétexte qu’il n’était pas de suite dominant. Mais il faut comprendre que Jason Kidd s’efforçait de le faire jouer meneur, dans une position qui n’était pas la sienne. Le coach a ainsi voulu reproduire un schéma déjà essayé dix ans en arrière avec Giannis Antetokounmpo quand il entraînait le prodige grec aux Bucks. En pleine ascension, le futur MVP avait été installé aux commandes de l’attaque de Milwaukee.
Sauf que Kidd a visiblement la mémoire courte. Il n’a pas vraiment fait jouer Antetokounmpo à la mène. Il lui a simplement mis le ballon entre les mains en l’entourant d’autres arrières, histoire de respecter une logique d’espace et de rythme absolument essentielle en NBA. Il ne l’a pas fait à Dallas. L’ancien phénomène de Duke s’est retrouvé à devoir créer du jeu pour tous ses coéquipiers sans être aligné avec un seul créateur secondaire. C’était condamné à l’échec. Et c’est, sans surprise, au moment où le coach s’est finalement décidé à lancer l’autre rookie, le meneur Ryan Nembhard, dans le cinq que les Mavericks et Cooper Flagg ont commencé à montrer du mieux.
"Quand on arrive aux trois dernières minutes, les meilleurs joueurs ont le ballon en main. Et donc je veux le voir dans cette situation le plus tôt possible. On a un gamin de 18 ans qui joue contre les meilleurs du monde, et je veux voir comment il s’en sort. Et je trouve qu’il fait du super boulot", notait Jason Kidd. On comprend que l’idée est d’habituer le jeune homme à la vie de star, et donc aux responsabilités qui vont avec. Mais c’est possible tout en l’entourant de joueurs complémentaires à son profil, à savoir des shooteurs, d’autres attaquants dynamiques et un seul intérieur de métier de préférence. Dans cette disposition, il devrait vite montrer l’étendue de son potentiel.
48% au tir
Scorer n’est d’ailleurs même pas son premier point fort. Il peut marquer, il l’a prouvé en moins de deux mois en NBA. Mais il reste d’abord un basketteur très polyvalent capable de tout bien faire des deux côtés du parquet. C’est ce qui le distingue de la majorité des joueurs de 18 ans, à l’exception faite, encore une fois, de LeBron James. Il n’empêche qu’il fait déjà preuve d’une efficacité bluffante en tournant pour l’instant à 48% de réussite aux tirs. Il provoque également de plus en plus de fautes. Ce sont les deux principaux ingrédients pour s’affirmer comme une superstar : être régulier dans la réussite et savoir mettre des points sur la ligne des lancers-francs.
S’il fallait mettre une petite nuance, rappelons tout de même que comparer les époques reste un exercice difficile. Le jeu est tellement plus rapide aujourd’hui que les statistiques de 2025 ne valent pas nécessairement celles de 2003, quand James arrivait en NBA, ou même 2018, année des débuts de Doncic. Il y a plus de possessions, donc plus d’opportunités de marquer, etc.
Les Mavericks sont aussi bien plus faibles qu’annoncés. Cooper Flagg ne fait pas encore gagner. C’est assez symbolique que ses 42 points n’ont pas mené à une victoire contre un adversaire pourtant encore moins bien classé. Mais ce n’est qu’une question de temps avant que l’ailier, qui fêtera ses 19 ans dimanche, trouve les solutions pour élever le niveau de jeu des siens. L’avenir dira s’il peut vraiment s’élever à celui des Kobe Bryant, des LeBron James et des Luka Doncic mais jusqu’ici, les signaux donnent envie de croire à une belle carrière du prodige américain.
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