NBA I Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) élu joueur défensif de l'année : L’unanimité, parce qu’il est unique

Eurosport sur Google

Il a fait un pas de plus dans l’histoire de la NBA. Un pas attendu. Victor Wembanyama était le grand favori pour décrocher le trophée de meilleur défenseur de l’année. Le pivot français des San Antonio Spurs n’a pas caché sa fierté de l’avoir obtenu à l’unanimité, du jamais-vu dans la Ligue nord-américaine. Qui n’avait jamais vu un défenseur comme lui.

Victor Wembanyama avec les Spurs face aux Knicks de New York

Crédit: AFP

"Le plus difficile, c’était certainement d’atteindre le cap des 65 matches." Victor Wembanyama a tout résumé en une phrase, sur le plateau de la NBC, après avoir été nommé joueur défensif de l’année en NBA ce lundi soir. La barre fatidique du nombre de rencontres disputées pour être éligible à la récompense était bien le seul obstacle sur sa route pour décrocher le trophée. Pour le reste, la cause était déjà entendue depuis longtemps. Que le Français soit élu à l’unanimité en est la preuve la plus éclatante.
Ce n’était pourtant jamais arrivé depuis la création de la récompense, lors de la saison 1982-83. Depuis, la NBA a vu passer un paquet de défenseurs exceptionnels, à commencer par Hakeem Olajuwon, la légende des Houston Rockets qui a donné son nom au trophée. De quoi mesurer la portée de la performance. "Je suis super, super heureux d’avoir gagné cette récompense et très fier d’être le premier à l’obtenir à l’unanimité", a reconnu le Français.

"Une vraie peur de l’attaquer"

Mais il s’y attendait. Une autre issue l’aurait "surpris", comme il l’avait déclaré sans hésiter la semaine précédente. Et tout le monde avec lui. Si un homme domine sans partage l’aspect défensif du jeu en NBA, c’est bien lui. Il y a les chiffres, évidemment. Un total de 197 contres en saison régulière, soit 3,1 par match, qui fait du Français le leader en la matière. Il l’est aussi au cumul des contres et des interceptions (263) en ajoutant ses 66 ballons volés cette saison.
Ce sont les statistiques les plus visibles et elles en disent déjà beaucoup. Mais elles ne disent pas tout. Wembanyama limite ses adversaires directs à 40,7% d’adresse au tir, un chiffre inégalé dans la ligue. Sa taille (2,24 m), son envergure et son sens de l’anticipation sont autant de raisons pour ses adversaires de ne pas venir le défier. "Il y a une vraie peur de l’attaquer, décrit JJ Redick, l’entraîneur des Los Angeles Lakers. Il y a une forme d’évitement."

"Il modifie toute la dynamique de notre défense"

Il n’est pas le premier défenseur à dissuader l’adversaire de prendre de tirs. Mais Wembanyama a poussé le curseur encore plus loin. "On parle souvent de joueurs qui modifient la trajectoire des tirs, explique son coéquipier De’Aaron Fox. Lui, il empêche carrément les adversaires de tenter le tir. Dès qu'ils l'aperçoivent sous le panier, ils s'empressent de dribbler vers l'extérieur ou de passer le ballon. Il modifie toute la dynamique de notre défense, et il modifie la dynamique de l'attaque de l'équipe adverse."
Wemby bouleverse les équilibres et San Antonio profite pleinement de cet atout unique. Sa présence offre une sécurité qui permet à ses coéquipiers de se focaliser sur le périmètre pendant que le Français joue les chefs d’orchestre. "Il a très bien communiqué, soulignait son entraîneur Mitch Johnson après la victoire dimanche face à Portland, pour le premier match en playoffs du pivot tricolore. Ils ont bien réussi à créer des actions multiples et un peu de confusion. Je trouve qu’il a bien dirigé le jeu depuis la deuxième ligne, qu’il a su organiser certains joueurs et les placer aux bons endroits."

Le symbole Curry

C’est le défenseur total, doté de qualités physiques exceptionnelles et de l’intelligence pour les exploiter, tant individuellement que collectivement. En ce sens, Wembanyama n’est pas loin de révolutionner le jeu défensif en NBA, à l’image d’un Stephen Curry dans l’aspect offensif il y a quelques années. Le meneur des Golden State Warriors avait obtenu un trophée de MVP à l’unanimité en 2016. Une première, comme pour Wembanyama. La portée symbolique est comparable.
Ce trophée Hakeem Olajuwon a cette valeur. Il a aussi celui d’un sacré souvenir que le joueur de 22 ans a évoqué lundi soir sur NBC. "Je viens de me rappeler la fois où j'étais chez Hakeem et où je regardais cette plaque, celle qui disait en gros qu'il était le meilleur contreur de tous les temps, pas vrai ? Et il m'a dit : ‘Un jour, tu vas battre ce record’. Alors, tu sais, un pas après l'autre". Wembanyama en a fait un de plus vers la légende. Probablement pas le dernier, du moment qu’il reste sur les parquets.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité