NBA | Le Oklahoma City Thunder peut-il faire la meilleure saison de l’Histoire ?

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Le Oklahoma City Thunder domine la NBA comme peu d’équipes l’ont fait auparavant. Au point de se demander si la franchise ne peut pas aller chercher le record de victoires sur une saison des Golden State Warriors (73). Au point de se demander, aussi, si elle a réellement un concurrent dans la course au titre.

Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma City)

Crédit: Imago

Aucune équipe NBA n’a été en mesure de faire le doublé depuis les Warriors de Stephen Curry, Kevin Durant, Klay Thompson, Draymond Green et compagnie en 2018. Une équipe qui comptait alors au moins quatre futurs Hall Of Famers. C’est la mission périlleuse qui attend le Thunder cette saison. Un mois après le début de cette campagne dans la peau du chassé, le champion en titre semble déjà plus fort que jamais. Et surtout sans concurrence ou presque, aussi bien dans sa Conférence que dans le reste du pays.
Oklahoma City a remporté 15 de ses 16 premiers matches. Mais au-delà du bilan exceptionnel, c’est surtout le sentiment de domination totale qui marque les esprits. Comme si rien ne pouvait arriver à ce groupe, comme s’il maîtrisait complètement son sujet des deux côtés du terrain et comme s’il allait gagner chaque rencontre quelles que soient les circonstances de jeu ou les absents. Le Thunder n’est même pas encore à pleine puissance, même pas encore au complet, et il est déjà nettement au-dessus du lot.
Les joueurs de Mark Daigneault sortent pourtant d’un exercice historique bouclé avec 68 victoires, le quatrième meilleur bilan de tous les temps, tout en battant le record NBA de la plus grande marge de victoires sur une saison (+12,57) et celui du nombre de succès par 10 points d’écart ou plus (55). Faire mieux semblait quasiment impossible. Ils sont pourtant lancés sur des bases encore plus effrayantes.

Une équipe championne en titre encore plus forte

Toujours portés par le MVP Shai Gilgeous-Alexander (32 points, 5 rebonds et 6 passes par match à 53% aux tirs et 38% derrière l’arc pour l’instant), le Thunder possède la cinquième meilleure attaque de la ligue avec 118,1 points sur 100 possessions. Le tout en l’absence de Jalen Williams, deuxième All-Star de l’équipe qui tournait à 21 points de moyenne l’an dernier et qui se remet actuellement d’une opération du poignet.
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Chet Holmgren devance Nicolas Batum lors du match entre OKC et les Los Angeles Clippers

Crédit: Imago

D’autres joueurs se sont révélés en son absence. Chet Holmgren, par exemple, est en train de passer un cap offensivement. Il a grimpé à 20 points de moyenne contre 15 en 2025. Parce qu’il maîtrise mieux son corps, ses gestes, son timing, etc. Ses drives sont plus percutants. Et de manière générale, l’intérieur a gagné en efficacité. Il affiche un incroyable 59% de réussite aux tirs et 38% derrière l’arc. Cette version d’Holmgren peut hausser d’un cran le niveau de sa formation.
Surtout que la franchise s’est trouvé un sixième homme capable de scorer. Le seul registre qui lui manquait jusqu’à présent. Et personne ne l’avait vu venir. Ajay Mitchell, drafté au second tour l’an dernier à sa sortie d’une fac moins en vue (Santa Barbara), très peu utilisé pour sa saison rookie, est à la fois un candidat au trophée de meilleur sixième homme et de joueur ayant le plus progressé. Il est actuellement le troisième meilleur marqueur d’OKC avec 16 points par match. Grâce à lui, Mark Daigneault peut parfois aligner cinq remplaçants ensemble et tout de même avoir un joueur capable de créer son propre tir et de débloquer des situations compliquées.
Les titulaires peuvent se reposer plus longuement, ce qui, sur l’ensemble d’une longue saison, fait clairement des différences. Aucun joueur ne passe plus de 30 minutes sur le terrain à l’exception de Gilgeous-Alexander (33 minutes). Ce dernier est même souvent déjà au chaud sur le banc dans les quatrièmes quart-temps, quand les matches sont déjà pliés. Parc que le champion montre une capacité incroyable à l’emporter quels que soient les joueurs présents ou forfaits.
Mais c’est surtout en défense que SGA et ses coéquipiers sont encore plus impressionnants. Déjà titulaires du meilleur rendement de ce côté du parquet l’an dernier avec 106 points encaissés par 100 possessions, ils ont fait baisser ce chiffre à 102,7 depuis le début de la saison. Leur "net rating" de +15,4 constituerait un nouveau record NBA s’ils le tenaient sur 82 matches.

Le Thunder lancé vers une saison historique

Ils vont peut-être réussir la meilleure campagne de tous les temps pour un champion en titre. Voire même la meilleure saison de tous les temps. Pour ça, ils ont tout de même encore du chemin à faire. Le record absolu est détenu par les Warriors de 2016, vainqueurs de 73 matches. Golden State avait notamment débuté par 24 victoires de suite. Seule une autre équipe a déjà atteint ce plateau des 70 victoires, à savoir les Bulls de 1996 (72 succès). Avec 15 victoires en 16 matches, le Thunder est dans les temps de passage pour atteindre les 70 "W". Ils dominent même plus franchement leurs adversaires que Golden State (+10,6, même pas premier au "net rating" cette saison-là) ou Chicago à leurs époques respectives.
Les 74 victoires sont peut-être dans leurs cordes mais… ont-ils seulement intérêt à essayer d’aller les chercher ? Le Thunder a beau être une équipe jeune, chasser un tel record demande une énorme débauche d’énergie physique et surtout mentale. Chaque défaite prend plus de place dans les têtes que ce qu’elle ne le devrait. Il est bon de rappeler que les Warriors, par exemple, s’étaient écroulés alors qu’ils menaient 3-1 en finales NBA l’année de leurs 73 succès.
Sauf que la concurrence paraît moins rude pour OKC. Parce que ce groupe étouffe ses adversaires. "Qui n’a pas pris une claque contre eux ?", questionnait Stephen Curry. Tout le monde subit. C’est même à se demander s’il y a une équipe capable de contester la domination du Thunder. Seuls les Nuggets semblent éventuellement avoir réellement la capacité à gêner le champion sur une série au meilleur des sept manches. Ils l’ont fait lors des derniers playoffs avant de s'incliner. "J’ai le sentiment que nous n’avons pas joué notre meilleur basket, même si nous avons gagné", avouait Gilgeous-Alexander à propos du run victorieux de son équipe. Ils sont pourtant déjà allés tellement haut… et le meilleur reste peut-être à venir pour Oklahoma City.
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