NBA | Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) expulsé pour un coup de coude : un dérapage qui change tout et relance les Minnesota Timberwolves
Par Tristan HENRY
Publié 11/05/2026 à 09:12 GMT+2
Le Français Victor Wembanyama a perdu ses nerfs dans la nuit de dimanche à lundi. Mis sous pression constamment par le jeu très physique des Wolves, Wemby a fini par dégoupiller. Son coup de coude sur Naz Reid, qui lui a valu une expulsion pour une faute flagrante 2, a non seulement ouvert un boulevard pour Minnesota pour revenir à 2-2 dans la game 4, mais il a aussi totalement relancé la série.
Victor Wembanyama, expulsé dans le Game 4 entre les San Antonio Spurs et les Minnesota Timberwolves
Crédit: AFP
San Antonio voulait mettre les points sur les i, mais les Spurs repartent de Minnesota avec des inquiétudes et des maux de tête. Alors qu’ils menaient de 8 points dans le dernier quart-temps face à Minnesota, les Texans ont vu leurs adversaires renverser le match et s’imposer (114-109), bien aidés par les 16 points d’Anthony Edwards dans le dernier quart. Bien aidés aussi par l’absence pour contrôler la peinture de la star française des Spurs, Victor Wembanyama, exclue dès le début du deuxième quart-temps pour un coup de coude asséné à Naz Reid.
N’y allons pas par quatre chemins. Même avec des lunettes aux reflets tricolores, une bienveillance pour les Spurs née des années Parker, ou toute autre forme imaginable de biais en faveur de San Antonio, il est impossible de discuter la sanction infligée au Français sur l’action. Le coup de coude apparaît volontaire, il attrape Reid dans la gorge et dans la mâchoire. Après révision, la faute a été qualifiée de faute flagrante de rang 2, entraînant l’expulsion du pivot tricolore. Une sanction logique.
La rançon de la gloire
"Avec tout l’impact physique qu’il subit, à un certain moment, il faut se protéger", a pourtant essayé de le défendre son entraîneur Mitch Johnson en conférence de presse, estimant que le geste n’était pas intentionnel. "Sur chaque action, n’importe où sur le terrain, les gens essaient de l’intimider (...) à un moment, il faudrait qu’il soit protégé. Sinon, il va se protéger seul, et malheureusement, des choses comme ça peuvent arriver". "Je suis content qu’il prenne les choses en mains. Pas qu’il tape Naz Reid, mais il va falloir qu’il se protège s’ils (NDLR : les arbitres) ne le font pas. Et je trouve ça dégoûtant".
Difficile de lui donner entièrement raison. Certes, le Français est particulièrement chahuté par ses adversaires, notamment sur cette série. Sur cette action, il y a d’ailleurs bien deux fautes de Jaden McDaniels, qui le frappe involontairement sur le crâne, puis de Naz Reid, avant que le coup de coude ne fuse. Le problème, c’est que Wemby n’est ni le premier ni le dernier à être bousculé dans la ligue. Toute proportion gardée, si Lebron James avait sorti ce genre de geste à chaque fois qu’il était intimidé, sa carrière n’aurait pas été la même. Sans parler de la NBA des années 90. Ce type de réaction ouvre surtout un type de stratégie pour le faire sortir de son match, au sens propre comme au sens figuré. Et, sans Wembanyama, les Spurs ne sont pas les mêmes.
La voie ouverte pour Ant-Man
"Honnêtement, c’était presque plus dur (sans lui)", a pourtant tenté Anthony Edwards, le héros du soir pour les Wolves. "Bien sûr, ils sont une équipe extraordinaire avec lui sur le parquet, mais ils jouent moins vite, parce que tout passe par lui. C’est un peu pareil avec toute équipe qui perd son meilleur joueur, tout le monde joue libéré, en confiance". Il est vrai que sans leur star, qui avait d’ailleurs mal commencé avec 4 points en 12 minutes, les Éperons ont tout de même compté 8 points d’avance en cours de quatrième quart. Mais voilà, cela n’a pas tenu, et l’absence de Wembanyama pour contrer par exemple les perforations à l’intérieur de Ant-Man, 16 points dans le dernier quart-temps, y est pour quelque chose.
"Tout le monde sait que le cercle est bien plus ouvert quand il ne joue pas… avec sa taille, il couvre le panier à chaque fois qu’il est sur le parquet", a reconnu la superstar, au sujet de celui qui a été élu meilleur joueur défensif de l’année à l’unanimité. Le problème pour les Spurs, c’est que la NBA va maintenant devoir revoir l’action ce lundi, et décider ou non de prolonger la suspension du joueur.
Une évolution à apporter
"Ils ont fait ce qu’ils ont fait à cause du résultat de l’action. Très bien. En rajouter là-dessus serait ridicule", a voulu évacuer Johnson. À voir. Le nouveau statut du joueur pourrait lui valoir de la clémence autant qu'il lui attire l'attention adverse. Avec ou sans suspension, l’action aura néanmoins des conséquences pour la saison des Spurs. Déjà, elle a profondément relancé la série. A 2-2, les Wolves peuvent y croire, d’autant qu’Anthony Edwards (36 points sur ce match) monte en puissance. De plus en plus à l’aise physiquement, il lit aussi de mieux en mieux la défense texane, ce qui va changer la donne des prochains matches.
Aussi, les Wolves ont bien compris que l’intensité physique ne faisait pas que gêner Wembanyama, elle pouvait leur apporter plus. Il y a donc de bonnes chances qu’ils redoublent d’effort dès mercredi soir, si Wemby en est. À voir maintenant si, comme tant de fois déjà dans sa carrière, le Français montrera sa capacité à se corriger instantanément. Le destin des Spurs dans ces playoffs pourrait en dépendre.
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