NBA - "WemVP" : Parler déjà du MVP pour Victor Wembanyama, est-ce bien raisonnable ?

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Victor Wembanyama a été impérial pour sa première sortie, confirmant son évolution après son travail estival. De nombreux joueurs ou anciens joueurs ont salué sa performance impressionnante face aux Mavs. Certains ont même déjà parlé de lui comme d’un MVP en puissance. Mais Wemby a du pain sur la planche pour cela.

Victor Wembanyama à Paris en janvier 2025

Crédit: Imago

Une première nuit. Et Victor Wembanyama a mis tout le monde d’accord. Après huit mois à ronger son frein en raison d’une thrombose veineuse, Wemby a fait le show. Avec un match impressionnant face à Dallas, conclu par 40 points à 15 sur 21 au tir (1 sur 2 de loin, 9 sur 11 aux lancers), 15 rebonds et aucune perte de balle. Histoire de guider les Spurs vers un premier succès et de confirmer ce que tout le monde pressentait après son été animé : c’est une nouvelle version de l’Alien qui va sévir cette saison. "Dieu sait que j’ai travaillé dur cet été, putain. Et c’est en train de payer. Tous les rêves sont permis désormais", a glissé Wemby.
Face à ce retour de haut vol, les réactions ont été légion. "Wemby est irréel", a par exemple salué DeMarcus Cousins sur son compte X, avant de glisser un "Oh non, il est instoppable" quand un journaliste l’a interrogé pour savoir s’il pensait qu’il aurait eu les armes pour l’arrêter au prime de sa carrière. "C’est le meilleur joueur de la ligue, donc j’attends ça de lui, quoi qu’il arrive", a complété son coéquipier Stephon Castle, dernier rookie de l’année. "Si vous n’envoyez pas deux défenseurs, vous risquez d’avoir des problèmes."
 Wemby peut faire un all-in
Si les louanges ont été nombreuses, nombre d’anciens joueurs ont surtout annoncé la couleur. Avec un titre revenu très vite : MVP, trois lettres qui sont déjà descendues des travées de la salle texane mercredi soir, lors de chants de fans évidemment conquis. "WemVP", a posté Kevin Garnett, qui s’était déjà emballé sur le Frenchy quelques jours plus tôt sur un podcast ("On dirait Kevin Durant et Shaq mélangés. Il sera dans la course pour le titre de MVP"). Isaiah Thomas, l’ancien All-Star de Sacramento ou de Boston, n’a pas été en reste : "Wemby peut faire un all-in. Être MVP, défenseur de l’année et MIP (ndlr : Meilleure progression de l’année)". "Il va réaliser une saison de MVP car il est plus costaud et peut encaisser les chocs physiques", a confirmé Magic Johnson sur X.
Alors, une question s’impose déjà : est-ce bien réaliste de parler de titre de MVP pour Victor Wembanyama lors de sa troisième saison dans la Ligue ? À 21 ans, peut-il marcher sur les traces d’un Derrick Rose, élu plus jeune MVP de l’histoire à 22 ans ? Il est évidemment bien trop tôt pour le dire. On n’est qu’au début de la saison. Et il n’a joué qu’une seule rencontre. Il reste de longs mois pour s’affirmer et confirmer afin d’espérer entrer dans les débats. Mais sur le papier, Wemby semble disposer de quelques arguments.
Plus puissant grâce au travail effectué cet été et plus à l’aise aussi avec son jeu ("Je suis beaucoup plus maître de moi"), Victor Wembanyama va faire mal cette année. C’est une certitude. Et les Mavs d’Anthony Davis, qui ont tant souffert sous les coups de boutoir de l’ancien de Nanterre, peuvent en témoigner. "Si Shaq et KD (ndlr : Kevin Durant) avaient un bébé, vous auriez Victor Wembanyama", a résumé Kendrick Perkins, l’ancien pivot des Celtics sur ESPN, allant dans le sens de Garnett. Mais pour prétendre à ce sacre suprême sur le plan individuel, il y a d’autres facteurs qui entrent en compte. Et non des moindres.
 Être le meilleur joueur de la ligue, c’est évident que c’est un objectif
Il faut déjà parvenir à jouer sur la durée et disputer au moins 65 matchs pour avoir le droit de se voir attribuer un award en fin de saison. Et puis, il faut briller sur le plan collectif. Car un franchise player qui ne fait pas gagner son équipe a rarement sa chance à l’heure des votes. En 2017, Russell Westbrook avait certes été élu MVP de la saison alors que le Thunder n’avait que le 10e bilan de la Ligue. Mais il était parvenu à devenir le deuxième joueur de l’histoire de la Ligue à terminer une saison en triple-double (31,6 points, 10,7 rebonds et 10,4 passes), tout en dépassant Oscar Robertson et son record vieux de 1962 avec 42 (!) triple-doubles au total.
Wemby connaît donc sa mission : écrire l’histoire, mais surtout parvenir à faire progresser ses Spurs, après deux premières années terminées dans les bas-fonds de la Ligue (ndlr : 14e à l’Ouest en 2023-24 et 13e en 2024-25). Mais il semble prêt pour ce défi. "Pour que l’équipe soit à son meilleur niveau, il faut que les leaders de l’équipe, évidemment, et aussi les role players et moi-même, on soit à notre meilleur niveau. Et mon meilleur niveau, je le pense, c’est d’être le meilleur joueur de la ligue. C’est évident que c’est un objectif", a-t-il conclu mercredi. Le ton est donné.
 
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