Pourquoi Giannis Antetokounmpo et les Milwaukee Bucks se dirigent vers une séparation douloureuse
Par Antoine Pimmel
Publié 09/04/2026 à 14:21 GMT+2
En pleine querelle avec les dirigeants des Milwaukee Bucks, Giannis Antetokounmpo n’a presque plus d’autres choix que de quitter sa franchise, même s’il continue de répéter le contraire en public. La réalité en coulisses serait bien plus empoisonnée avec un club et un joueur qui ne sont plus du tout sur la même longueur d’onde sur tous les sujets possibles.
Uenighed i Bucks: Er sæsonen slut for Giannis?
Crédit: Imago
Il faut parfois savoir dire stop. Giannis Antetokounmpo et les Milwaukee Bucks sont empêtrés dans une relation toxique et, plutôt que de tourner la page quand ils en ont eu l’opportunité à plusieurs reprises au cours des derniers mois, le joueur et sa franchise peinent à se séparer au point de se diriger vers un divorce qui paraît inévitable mais qui s’annonce surtout douloureux pour toutes les parties engagées. Cela fait pourtant bientôt un an que l’ancien MVP ressent une envie pressante d’aller voir ailleurs et de poursuivre sa carrière avec un autre club.
Le GM des Bucks, John Horst, s’est rendu chez sa superstar, à Athènes, au plein cœur de l’été pour discuter du futur du Grec lors de la dernière intersaison. Il lui a présenté son plan après avoir coupé Damian Lillard, le seul autre All-Star de l’effectif et recruté Myles Turner. Une signature qui, en plus des 108 millions offerts au pivot fraîchement finaliste avec les Indiana Pacers, coûte près de 25 millions "d’argent mort" dans le Salary Cap de l’organisation jusqu’en 2030, soit le salaire restant de Lillard étalé sur quelques années.
Un poids conséquent pour une franchise qui s’est déjà souvent saignée dans l’espoir de rester compétitive et donc de satisfaire les ambitions de son icône. Mais c’est justement après avoir écouté Horst qu’Antetokounmpo aurait expliqué à son dirigeant qu’il ne sentait pas son équipe capable de vraiment lutter pour le sacre cette saison. Et si c’est vraiment ce qu’il croit au fond de lui, alors l’effectif des Bucks n’est plus aligné avec ses objectifs, lui qui déclarait au Media Day, en octobre, qu’il voulait "gagner un nouveau titre" en NBA.
Un désaccord profond qui mène à une enquête de la NBA
Tout aurait pu s’arrêter là et tout le monde aurait compris. Mais en refusant de se rendre à l’évidence, Giannis et Milwaukee se sont engagés dans une dispute qui devrait cette fois provoquer une séparation tant attendue. Le dernier désaccord concerne l’état de santé du joueur. Lui assure qu’il est aujourd’hui apte à reprendre la compétition après une hyper-extension du genou qui le tient éloigné des terrains depuis trois semaines. Ses employeurs préfèrent eux rester prudents. La réalité, c’est qu’ils n’ont surtout aucun intérêt à faire revenir leur superstar sur les terrains. Plusieurs journalistes américains assurent que les Bucks ont proposé à Antetokounmpo de mettre fin à sa saison à la suite de sa dernière blessure. Une requête refusée par le vétéran. "Je suis disponible", martèle-t-il dans les médias. "Je n’ai jamais vu un joueur de mon calibre se retrouver dans cette situation et avoir besoin de déclarer publiquement son envie de jouer."
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Enttäuschung bei Rückkehr: Giannis Antetokounmpo
Crédit: SID
Le syndicat des joueurs a communiqué sur le sujet en prenant position en faveur du multiple All-Star en accusant notamment le club du Wisconsin de faire du "tanking" dans l’optique de maximiser ses chances de piocher haut à la prochaine draft. La NBA s’est sentie obligée de réagir et elle mène actuellement une enquête pour déterminer ce qui se trame réellement autour de l’un des visages de la ligue.
Pour l’instant, il semble établi que les Bucks souhaitaient voir Giannis Antetokounmpo participer à une séance de 3x3 avant une éventuelle et hypothétique reprise un peu plus tard. Ce dernier aurait décliné en estimant qu’il n’en avait pas besoin étant donné qu’il se considère suffisamment en bonne santé pour jouer. Les deux camps donnent surtout l’impression de se renvoyer la balle avec, au beau milieu de tout ça, un coach dépassé et des joueurs qui n’ont plus le cœur à se dépenser sur le terrain.
Sur bien des aspects, leur saison est déjà terminée. Milwaukee ne peut plus se qualifier pour le play-in, et donc pour les Playoffs par la même occasion. Une première depuis 2016, la troisième année du "Greek Freak" aux Etats-Unis. Les Bucks ont depuis disputé neuf campagnes de Playoffs consécutives en profitant de l’ascension de leur franchise player, avec un titre décroché en 2021.
Mais avec le changement de direction qui se profile à l’horizon, il est évident que les dirigeants veulent surfer sur la promotion jugée très riche en talents en 2026 pour entamer leur reconstruction. Atlanta sélectionnera le choix le mieux placé entre celui de New Orleans et de Milwaukee mais les Bucks ont donc encore des chances de drafter dans le top 5. Et terminer avec le neuvième plus mauvais bilan plutôt que le dixième suffit parfois à faire la différence.
Une franchise et un joueur plus alignés
"Est-ce que je comprends les circonstances ? Oui, bien sûr. On ne va pas faire les Playoffs. Au regard de certains, ça n’a pas d’intérêt pour moi d’être sur le terrain. Mais ce n’est pas dans ma nature. Vous allez me dire que là, je ne vais pas rejouer avant octobre ? Pourquoi ? Je suis né pour ça", témoigne celui qui aimerait avoir l’opportunité de partager le parquet avec Thanasis et Alex Antetokounmpo, tous les deux alignés en ce moment.
Alex vient notamment de débuter avec Milwaukee. Peut-être aussi que Giannis sait déjà qu’il va partir et qu’il aimerait profiter une dernière fois sous la tunique de l’équipe qui est allée le chercher quand il n’était encore qu’un inconnu. Celle qui lui a donné sa chance. Celle qui l’a développé et élevé au rang auquel il est aujourd’hui, à savoir l’un des cinq meilleurs basketteurs de la planète.
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Giannis Antetokounmpo avec les Bucks.
Crédit: Getty Images
Il est évident qu’il y a de l’amour entre les deux. C’est ce qui complique les choses. Antetokounmpo a un attachement profond pour cette franchise, cette ville et ses habitants. Un sentiment si fort qu’il se ment parfois à lui-même en continuant de jurer fidélité à la région. Ou du moins c’est ce qu’il dit devant les micros.
Shams Charania confie qu’en coulisse, le joueur aurait été très clair avec les Bucks : il n’a peut-être jamais demandé publiquement son départ, probablement par crainte de ternir son image auprès des supporters, mais il serait bien conscient que la seule issue reste un transfert. Les Knicks ont entretenu des négociations avec leurs homologues pendant la dernière intersaison après qu’Antetokounmpo a fait comprendre que New York était sa seule destination potentielle.
Les rumeurs se sont intensifiées autour de la deadline en février, avec une dizaine d’équipes intéressées, mais Giannis, qui a répété qu’il ne formulerait pas de demande de trade, est bien resté à Milwaukee, postant même une référence à Leonardo Di Caprio dans Le Loup de Wall Street : "Je ne pars pas."
Pas tout de suite. En voulant absolument garder la face, il en finit par se contredire. Parce qu’un jour, il assure qu’il veut rester et le lendemain, il admet "ne pas savoir comment la relation peut évoluer." Probablement mal. Mais parce que les Bucks et Giannis Antetokounmpo font tout pour ne pas être celui qui part et tient le mauvais rôle, ils en finissent par se pourrir la vie. Wes Edens, l’un des propriétaires de la franchise, a osé déclarer que sa superstar "serait prolongée ou serait échangée" lorsqu’elle sera éligible à une extension autour des 275 millions de dollars cet été.
Une manière de poser un ultimatum et de tenter d’inverser la pression. C’est peut-être la porte de sortie parfaite pour Giannis. Reste à savoir qui voudra payer le prix fort pour un joueur de plus de 30 ans qui n’a joué que 37 matches cette saison après avoir été blessé lors des Playoffs 2020, 2021, 2023 et 2024. En tout cas, vivement que cette histoire s’arrête.
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