Pourquoi les San Antonio Spurs ont relancé les finales NBA face au New York Knicks en remportant la troisième rencontre.

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Toujours menés par les New York Knicks (2-1), les San Antonio Spurs ont des raisons de penser qu’ils peuvent encore finir champions. Leur victoire lors du Match 3 donne des indices de ce qui pourrait se passer sur la suite de ces finales NBA, même si Victor Wembanyama et ses coéquipiers sont encore mal embarqués.

Wembanyama : "Les playoffs, c'est comme un tourbillon"

Video credit: Eurosport

Seules cinq équipes ont réussi à renverser des finales NBA après avoir été menées 0-2. La dernière en date étant les Bucks de Giannis Antetokounmpo, sacrés champions en battant les Suns quatre fois de suite sous l’impulsion des performances dantesques du Grec. Mikal Bridges, qui jouait pour Phoenix à l’époque, s’en souvient évidemment et il tâchera de le rappeler à ses coéquipiers new-yorkais. Les Knicks ont démarré la série contre les Spurs de la meilleure des manières en gagnant deux fois à San Antonio. D’ailleurs, personne n’a jamais remonté un tel handicap en s’inclinant à domicile. Mais après leur victoire au Madison Square Garden, les Spurs peuvent encore avoir des raisons de rêver.

Un plan de jeu qui fait ses preuves… quand il est respecté

Mitch Johnson ne s’est pas montré particulièrement inquiet, au moins en apparence devant les micros des journalistes, après les deux défaites consécutives de sa jeune équipe. Au contraire. Il se voulait même plutôt confiant en répétant que "si l’on joue à la hauteur de nos standards, tout ira bien." Une façon de rappeler que ses hommes ont peut-être délivré leurs deux plus mauvaises prestations de tous les playoffs contre New York. Déjà parce qu’ils n’ont pas attaqué le Match 1 avec le bon état d’esprit. Ensuite parce qu’ils n’ont pas toujours saisi l’importance de certains moments.
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Victor Wembanyama a inscrit 32 points contre les Knicks.

Crédit: Getty Images

Dos au mur, ils n’avaient plus le choix sur le Match 3. Et cette fois-ci, les éperons ont fait preuve d’une discipline accrue. Hors de question de s’éloigner de la stratégie établie en amont, à savoir attaquer la raquette avec insistance pour déstabiliser une défense des Knicks de qualité, bien sûr, mais pas aussi bien armée que le Thunder ou les Timberwolves pour résister à des assauts répétés balle en main. "Nous sommes restés agressifs vers le panier, ce qui s’est ensuite ressenti sur notre jeu collectif. Quand un joueur voulait pénétrer dans la raquette, s'il n'avait pas un avantage clair, il cherchait un coéquipier. Comme nous avons joué de cette manière tout au long de la soirée, il était beaucoup plus facile pour chacun d'anticiper où le ballon allait aller, à quel moment il allait lui parvenir, puis ce qu'il fallait en faire une fois qu'il l'avait reçu", soulignait le coach.
Cette rigueur dans l’exécution manquait sur les deux premiers matches. Les Spurs l’ont fait, notamment au début, mais ils s’en sont écartés une fois leurs adversaires revenus au score. Il y avait alors trop de tirs hâtifs, trop de trois-points tentés sans même avoir pris un point de fixation à l’intérieur. Le scénario s’est en partie répété lundi soir. San Antonio menait de plus de 10 points tôt dans la partie. Puis New York a recollé, avant même de repasser devant. Mais le jeune groupe de Mitch Johnson a gardé ses principes offensifs et défensifs. Même quand Josh Hart, qui est délibérément laissé seul derrière l’arc pour permettre à Wembanyama de contrôler l’accès au cercle, a planté 4 paniers primés.
Les Spurs ne se sont pas non plus précipités pour reprendre l’avantage au score. Ils ont fait confiance au processus, au collectif (28 passes décisives) et ont essayé de maximiser les bons choix. Ils n’ont d’ailleurs perdu que 8 ballons. "On a parfois fait preuve de davantage de maîtrise. Il y a des aspects de la fin de match à améliorer, mais nous avons été plus solides que lors des rencontres précédentes", poursuit Johnson.
Vu qu’ils ne sont pas les plus adroits à trois-points, il est dans leur intérêt de garder une agressivité constante vers le cercle afin de mettre des points faciles et de provoquer des fautes. C’est la recette de cette équipe vainqueure de 62 matches cette saison. Elle se nourrit des pénétrations de De’Aaron Fox, de Stephon Castle (23 pts) et évidemment des paniers de près de Victor Wembanyama. C’est son identité. Elle l’avait un peu oublié mais ça fera forcément du bien au moral de gagner en se reposant à nouveau sur sa philosophie de jeu. Cette victoire permet de reprendre confiance, même si les Spurs assurent ne pas douter. De regagner espoir. De constater qu’ils sont à même de prendre le dessus en jouant comme ils savent le faire. "Comme le dit Victor, nous ne savons pas ce qui est possible ou impossible. On sait juste que lorsque l’on joue notre basket, on peut battre n’importe qui", conclut Keldon Johnson.

Wembanyama prend petit à petit le pli de la série

Le Français est sorti du premier match en assumant ses responsabilités et en avouant avoir été mauvais. Il s’est réveillé lors de la deuxième mi-temps de la seconde manche… avant de tout gâcher dans la dernière minute en ratant deux tirs et en envoyant surtout une passe hasardeuse dans le dos de Castle. Là aussi, il a reconnu ses torts. Il était évidemment attendu sur ce Match 3. Sa réaction est celle d’un grand joueur. D’un patron. Pas perturbé d’un poil par l’ambiance du Garden et l’atmosphère rendue particulière en raison de la présence du Président des Etats-Unis Donald Trump, et tout ce qui ça impliquait en matière de sécurité, il est resté concentré sur son match et sur chacune de ses possessions.
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Victor Wembanyama lors du 3e match des Finales NBA 2026

Crédit: AFP

Wembanyama ne s’est pas éparpillé. Il est resté lui aussi fidèle au plan mis en place en jouant essentiellement de près, en ne cédant pas à la tentation de prendre certains tirs extérieurs (seulement 4 de ses 18 tentatives), en faisant preuve d’efficacité tout au long de la rencontre. Pour 32 points, 8 rebonds, 6 passes, 2 interceptions et 3 contres sur la ligne de statistiques. Les Knicks continuent de défendre à la limite de la légalité sur ses prises de position et ils lui imposent un défi physique constant. Mais il s’y fait. Comme à chaque série jusqu’à présent.
Si l’ancien joueur de Boulogne-Levallois domine, ça sous-entend par effet ricochet que Karl-Anthony Towns est dans le dur, et potentiellement sujet à des fautes. New York ne peut pas gagner ces finales sans son pivot. Il a été étincelant sur les deux premiers matches et il était nettement moins en vue la nuit dernière. Si le rapport de force continue de s’inverser, les Knicks risquent d’être vite déstabilisés.

New York va avoir une pression monstre au Match 4

Cette défaite change légèrement la dynamique de la série parce qu’elle peut avoir un vrai impact sur le mental des Knicks avant le prochain match. Ils n’étaient pas des underdogs mais ils n’avaient pas non plus l’étiquette des favoris (les bookmakers donnaient un petit avantage aux Spurs) au coup d’envoi des finales. Après leurs deux victoires initiales, une majorité de suiveurs s’attendent à voir New York triompher. Mais du coup, ce Match 4 devient crucial, et plus seulement pour San Antonio.
En cas de nouveau revers, les Knicks reviendraient dans le Texas à 2-2 et en ayant perdu l’avantage du terrain. Avec un élan complètement inversé et des joueurs de Mike Brown potentiellement dans le doute. Cette équipe n’avait plus perdu depuis le 20 avril dernier et un match du premier tour contre les Hawks de CJ McCollum. Elle a enchaîné 13 succès consécutifs avant de s’incliner contre les Spurs. Justement. Elle n'a plus connu tout à fait ce sentiment désagréable. Le groupe, certes expérimenté, va devoir apprendre à se relever très rapidement avant la prochaine rencontre prévue mercredi soir.
Comment les joueurs vont-ils réagir dans l’adversité ? Il est intéressant de souligner qu’ils se sont finalement eux aussi écartés de leur plan de jeu au moment où ils sentaient la victoire leur échapper. "On n’a pas exécuté comme il le fallait. On n’a pas fait ce qui nous a permis de gagner 13 matches de suite. On a décidé de faire quelque chose de différent et ça ne marchera pas si l’on fait ça", témoignait un Karl-Anthony Towns probablement frustré de son utilisation (11 pts, seulement 10 tirs tentés). Il y avait quelques silences qui ont pesé très lourd lors des temps forts des Spurs au Match 3. Il y en aura sans doute encore plus si New York court après le score au Match 4.
Le meneur All-Star reste un joueur très dangereux capable de prendre des rencontres à son compte en enquillant les paniers dans les moments les plus chauds. Mais San Antonio a cette particularité de pouvoir envoyer plusieurs arrières costauds et de grande taille pour se relayer sur Brunson. Dylan Harper lui fait "mal." Devin Vassell, De’Aaron Fox et Julian Champagnie sont pris de vitesse mais tiennent le choc. Le gros du boulot est lui assuré par Stephon Castle. "On essaye juste de le fatiguer tout au long du match. Je veux rester agressif sur lui pendant 48 minutes et lui rendre la vie difficile." Et ça marche plutôt bien puisque la coqueluche du Madison tourne à 37% de réussite aux tirs et 4,3 ballons perdus.

San Antonio n’est pas forcément la meilleure équipe mais celle avec le plus de talents

Les Spurs ont été plus forts que les Knicks en saison régulière et ils ont sorti le Thunder champion en titre en finales de Conférence. Mais sur les dernières semaines, New York est sans doute l’équipe qui a le mieux joué en prenant en compte la dimension collective et le basket développé des deux côtés du terrain. C’est aussi le cas après trois matches de cette série. Par contre, San Antonio a peut-être plus de talents. Les Castle, les Fox, les Harper et évidemment Wembanyama sont tous capables de briller plus que tous les autres.
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Victor Wembanyama a bien rebondi après son Match 2 raté contre les Knicks.

Crédit: Getty Images

Le premier nommé a délivré un match clé lundi. Le second s’est offert un panier important qui peut le relancer mentalement. Le troisième, bien que rookie, est peut-être le joueur des Spurs le plus constant dans l’impact sur ces finales. La franchise texane a tendance à apprendre très vite et elle a encore de la marge. Suffisamment pour tout renverser ? Réponse dans les prochains jours.
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