Quelles ambitions pour les Philadelphie Sixers d’un Joel Embiid retrouvé ?
Par Antoine Pimmel
Mis à jour 16/01/2026 à 13:41 GMT+1
NBA – Si souvent malheureux ces derniers mois, voire ces dernières années, Joel Embiid revient en force cette saison. Mais sans faire trop de bruit non plus. Le pivot star des Philadelphie Sixers semble enfin en bonne santé et il pourrait éventuellement faire de son équipe un prétendant de l’ombre au sein de la Conférence Est.
Wieder dabei: Joel Embiid
Crédit: SID
Le lion est usé, fatigué de ses blessures mais il ne mourra pas ce soir. Et il rugit même encore, comme après ce dunk, seulement le premier de la saison, claqué début janvier contre les Hawks. Joel Embiid n'est plus l'animal bestial et dominant qu'il fut à une époque mais ses performances récentes montrent qu'il n'est pas encore fini pour le basket de très haut niveau. Ça peut sembler logique en parlant d'un homme sacré MVP moins de trois ans en arrière. Et pourtant, les signaux ne se voulaient pas rassurants après une énième opération du genou réalisée au printemps dernier. Lui-même ne croyait plus complètement à un retour au premier plan en NBA.
"Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu des moments où j’ai douté. J’étais sceptique quant au fait que je puisse être un jour à nouveau aussi régulier. C’est pour ça que ça me rend ému. Beaucoup de gens pensaient que ça ne serait plus possible", confiait l’intéressé, touché par son regain de forme. Il y avait encore des raisons de tirer un trait sur Embiid à peine quelques semaines en arrière. Déjà absent au coup d’envoi de la saison, comme son coéquipier Paul George, le multiple All-Star est par exemple resté sur la touche pendant neuf matches de suite au mois de novembre. Pour cinq défaites de Philadelphie d’ailleurs.
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Joel Embiid nella gara fra 76ers e Miami Heat
Crédit: Getty Images
Une nouvelle rechute d’un corps qui n’a cessé de le trahir depuis son passage chez les pros. Drafté en troisième position en 2014, le Camerounais n’a commencé sa carrière qu’en 2016. Avec des pépins de santé qui se sont accumulé année après année. Et ça ne devait pas s’arranger en vieillissant. Il n’a fait que 58 apparitions sur les parquets lors des deux saisons qui ont suivies son trophée de MVP. Dont à peine 19 l’an passé. Rien qu’en une moitié d’exercice, Embiid vient de jouer davantage. Il est déjà à 21 matches au compteur. Surtout, il se met enfin à les enchaîner. Et tout revient : les sensations, les cartons et évidemment le sourire. Cette joie de vivre qui définissait le jeune homme encore frais et plein d’humour à son arrivée dans la grande ligue. "Ce que l’on aime, c’est de le voir heureux. Et il a l’air en bonne santé", soulignait son partenaire Tyrese Maxey. Le pivot ne peut qu’acquiescer : "je suis heureux de rejouer. Je veux juste jouer au basket."
Coeur de lion indomptable
Joel Embiid n’a raté qu’une seule rencontre sur les mois de son équipe en janvier. Les Sixers ont glané cinq victoires sur les sept jouées par leur ancienne superstar. Et il n’a pas fait juste acte de présence. Ses minutes sont revues à la hausse, ses prestations statistiques aussi. Il reste sur douze sorties de suite à 20 points ou plus, avec une pointe à 39 unités contre Indiana. Hormis les back-to-backs (deux matches en deux soirs) où il est mis au repos lors de l’une des deux affiches, il ne manque pas à l’appel et il est aligné autour d’une demi-heure par Nick Nurse. "Il peut encore franchir un palier. Il se sent de mieux en mieux et il commence à se mettre dans le rythme", témoignait le coach. C’est vrai que visuellement, l’impression dégagée n’est plus la même depuis quelques semaines. Il redevient mobile, dominant dessous, agressif balle en main. "Je vais être honnête : il bouge bien mieux que ce que j’ai vu quand je suis arrivé ici. C’est évident. Il est le Jo que l’on connaît. Il est capable de marquer 30 sur commande. C’est agréable de le voir aussi bien", racontait VJ Edgecombe.
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Anthony Davis et Joel Embiid, le 4 février 2025
Crédit: Getty Images
"Les gens qui critiquent n’ont pas d’empathie et ne réalise pas tout ce que j’ai traversé. Je ne savais pas si je pourrais revenir à mon meilleur niveau. Je n’y suis pas encore mais je m’en rapproche." Les chiffres sont effectivement plutôt encourageants et flatteurs. Si ses moyennes aux rebonds et à trois-points sont en-deçà de celles de ses meilleures années, Embiid plante tout de même plus de 25 points à 48% de réussite depuis le premier décembre. Son retour en forme, et dans une moindre mesure celui de George, font des Sixers un outsider inattendu au sein de la Conférence Est. La franchise de Pennsylvanie sort d’une saison catastrophique et elle a logiquement perdu son étiquette de prétendant au titre mais elle aligne un quatuor intéressant avec ses deux vétérans entourés des jeunes dragsters que sont Maxey et Edgecombe. Ce n’est pas l’association la plus naturelle en termes d’âges ou de trajectoires mais, sur le terrain, ça marche de mieux en mieux après une petite période d’adaptation.
Mieux dans sa tête, mieux dans son corps
La franchise est désormais tournée vers l’avenir avec ses deux arrières au centre du projet. Notamment Tyrese Maxey, qui fait office de nouveau visage à Philadelphie. Ce changement entraîne des conséquences plutôt positives pour son aîné, autrefois baromètre de l’organisation. Les annonces de ses éventuelles absences ne sont plus aussi commentées. Les fans ne se demandent plus forcément s’il sera présent ou non sur le terrain, ils sont là pour apprécier la vitesse et le talent du meneur All-Star ou les envolées spectaculaires de VJ Edgecombe, le troisième choix de la draft. Le reste, c’est presque devenu du bonus. Sauf qu’en plus, l’équipe fonctionne plutôt bien !
Tout ça a forcément enlevé de la pression des épaules d’Embiid. Le club est moins attendu, lui aussi. Il peut se concentrer sur ses traitements pour rester en bonne santé et, surtout sur le jeu et le plaisir qu’il prend. D’autant plus que Philadelphie prend une autre dimension en sa présence. Les Sixers occupent pour l’instant la cinquième place à l’Est avec le potentiel pour gêner du monde en playoffs si leur géant aux pieds d’argile et aux genoux en mousse parvient à arriver frais au moment des playoffs. Avec lui, la rechute n’est malheureusement jamais loin. Mais avec un Joel Embiid retrouvé, l’équipe peut se remettre à rêver… et surtout à vibrer.
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