Transferts | Mais qui va bien vouloir de Ja Morant, que les Memphis Grizzlies ont mis sur le marché ?
Par Loris Belin
Publié 12/01/2026 à 00:07 GMT+1
Quelques jours après le transfert de Trae Young d'Atlanta vers Washington, un nouveau meneur All-Star encore dans la fleur de l'âge pourrait changer de franchise. Selon ESPN, Memphis étudie les options d'échange autour de leur star Ja Morant. Mais comme Young, les prétendants pourraient ne pas être nombreux ou généreux, malgré le talent du joueur.
Ja Morant nella vittoria dei Grizzlies contro i Jazz
Crédit: Getty Images
On peut être un des joueurs les plus électrisants de la NBA, du genre à donner des espoirs à toute une franchise et à avoir une chaussure à son nom, et pourtant ne pas avoir la cote. Demandez à Ja Morant. Le meneur des Memphis Grizzlies pourrait bien quitter prochainement le Tennessee à en croire ESPN, qui assure que la franchise tâte le terrain dans la possibilité d'un transfert. Rien de concret n'est encore à l'horizon, mais la simple possibilité ouverte d'un "trade" après des mois de tergiversation rend plus que crédible un départ de Morant avant la fin de la "deadline", date butoir pour effectuer des mouvements. Une star soudainement disponible devrait à première vue agiter le marché. Cela sera pourtant sans doute loin d'être le cas.
Cette incongruité de façade a pourtant plus d'une raison. La première tient en son protagoniste principal. Morant réussit l'exploit d'être aussi fort quand il attaque le cercle qu'il ne peut être frustrant, voire consternant. Son jeu à risques le conduit à une cascade perpétuelle de blessures. Surtout, son attitude sur et en dehors des terrains a rendu chèvre les Grizzlies et la ligue. Goût pour les armes à feu (et incapacité à ne pas s'afficher avec malgré une première suspension), désintérêt total pour le jeu contre les Lakers en début de saison qui lui a valu d'être mis à l'écart un match... Ja Morant est tout sauf un modèle de fiabilité, qui n'a dépassé les 65 matches joués en saison régulière - sur 82 - qu'une seule fois en sept ans de carrière.
Un gros poisson dans une petite mare
Ja Morant n'en reste pas moins un meneur de grand talent, un phénomène athlétique comme on voit rarement, même dans une NBA qui fait tant la part belle au spectacle. C'est un "lilliputien" de 78 kilos qui de sa détente hallucinante vient toiser même les plus costauds de la ligue, tout en distribuant avec brio le jeu après avoir aspiré les défenses. Des joueurs en 22 points et 7 passes décisives de moyenne en carrière, la NBA n'en a connu que huit dans toute son histoire. Morant est un joueur à part. Mais le contexte autour de lui l'est encore plus.
Quelques jours plus tôt, une situation analogue a abouti à un transfert express, celui de Trae Young des Atlanta Hawks aux Washington Wizards. Comme Morant, Young est un meneur de jeu All-Star : quatre fois pour le nouveau coéquipier d’Alexandre Sarr et Bilal Coulibaly à D.C., deux fois pour le joueur de Memphis. Comme Morant, Young a déjà été retenu dans un All-NBA Team (tous deux en 2021-2022), qui récompense les 15 meilleurs joueurs d'une saison, un cercle fermé d'élite en somme. Comme Morant, Young est un joueur à même de faire lever les foules, ce facteur "wow" qui pèse parfois aussi lourd que les chiffres. Avantage dans cette comparaison, Ja Morant ne pose même pas l'interrogation qu'était le cas de Trae Young, en fin de contrat au terme de la saison, et qu'il va falloir prolonger contre un gros chèque… ou laisser partir, libre.
Le serial shooteur, 25,2 points et 9,8 passes de moyenne en carrière, a été envoyé aux Wizards contre le vétéran C.J. McCollum ou plutôt son contrat expirant dans quelques mois pour faire de la place dans la masse salariale, et Corey Kispert, honnête joueur de complément grâce à son shoot. Aucune star en retour. Même pas un tour de Draft pour reconstruire sur l'avenir. Les Wizards ont vu l'opportunité de mettre la main sur un grand nom dont ils ne disposaient pas, avec les limites qu'on lui connaissait (défense suspecte, Hawks en surplace depuis trois ans…). Quelles autres franchises sont non seulement prêtes à un tel pari, mais peuvent se le permettre financièrement ?
La balance bénéfices - risques en déséquilibre
Avec le règlement financier en place, et un système de paliers (les aprons) qui limitent la possibilité des équipes à aller trop loin et trop longtemps au-dessus de la limite salariale fixée par la NBA, les franchises se montrent de plus en plus frileuses. Certains joueurs n'ont ainsi jamais trouvé de candidats à leur offrir le contrat juteux qu'ils espéraient au regard de leur production comme Jonathan Kuminga, coincé aux Warriors, ou Quentin Grimes, 22 points de moyenne avec Philadelphie la saison passée. Après plusieurs années à construire à grands frais un effectif pour le titre, les Boston Celtics se sont contraints à démembrer leur groupe l'été dernier pour être davantage dans les clous.
Dans son étiquette de "forte individualité mais joueur à risque", le mot fort pour Ja Morant est désormais bien le risque. Surtout à un poste où les très bons joueurs ne manquent pas et où les besoins sont ainsi bien plus rares. Parmi les équipes candidates au titre ou au moins aux playoffs, la quasi-totalité est déjà bien dotés à la mène, exception faite des Minnesota Timberwolves. Mais l'équipe de Rudy Gobert compte déjà la cinquième plus grosse masse salariale de NBA, rendant difficile la transaction à moins de sacrifier au moins un joueur majeur. Morant touche cette saison 39,4 millions de dollars, et est éligible à une prolongation de contrat à 178 millions pour trois saisons dès cet été.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/01/09/image-9ac7c1d1-3bd6-476e-acc4-dac1ae2d7672.jpeg)
Ja Morant
Crédit: Imago
Les Grizzlies ont en partie anticipé la problématique. Selon ESPN, Memphis chercherait pour contrepartie des jeunes joueurs et des tours de draft, misant sur une reconstruction plutôt que de repartir avec une nouvelle tête d'affiche. Après tout, l'équipe se porte mieux cette saison sans Ja Morant (10 victoires - 9 défaites) qu'avec lui (6-12). Mais espérer tirer le gros lot, ou ne serait-ce qu'un lot de consolation séduisant, tient davantage du vœu pieux.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité