"Il est spécial" : Nicolas Batum, la retraite d'un joueur altruiste

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35 ans jour pour jour après la mort de son père, Nicolas Batum a annoncé mettre un terme à sa carrière de basketteur professionnel. Après une carrière de 21 ans, dont 18 passés en NBA entre Portland, Charlotte, Los Angeles et Philadelphie, ”Batman” restera pour tous comme l’un des joueurs de collectif les plus importants de ces dernières années.

Le contre légendaire de Batum

Video credit: Eurosport

L’annonce a été sobre, à l’image de sa carrière. Une vidéo de dix minutes, dans laquelle Nicolas Batum annonce, 35 ans jour pour jour après la mort de son père, Richard, la fin de sa carrière de basketteur professionnel. À 37 ans, l’ailier a décidé de dire stop, après plus de 20 ans à fouler les parquets de la Sarthe et d'Antarès à ceux des plus grandes salles NBA.
La fin s’approchait de plus en plus pour le Normand qui avait déjà dit adieu à l’équipe de France après la défaite des Bleus en finale des Jeux Olympiques de Paris face aux Avengers de la Team USA (98-87). Pourtant, Batum a continué de jouer en NBA, malgré les rumeurs de retraite. Une place qu’il a su se faire au fil des années, devenant l’un des joueurs les plus attractifs de la Ligue.
”L’un des meilleurs joueurs de France”
Non, Batum n’était pas une star. Mais dès ses débuts, son talent était indéniable. ”Il était clairement l'un des meilleurs joueurs de France, se souvient en 2017 Marco Belinelli, qu’il a côtoyé lors de son passage aux Charlotte Hornets entre 2015 et 2020. Quand j'ai rencontré Nic la première année, j'avais 15 ou 16 ans, puis je l'ai revu deux ans plus tard, il était bien meilleur. Immédiatement, j'étais sûr à 100 % que c'était un grand talent.”
Drafté par les Houston Rockets avec le 25e choix en 2008, il est transféré chez les Portland Trail Blazers, avec qui il va faire ses premiers pas dans la grande ligue avant de rapidement devenir un incontournable de la franchise de l’Oregon. Ses aptitudes en défense, mais également au tir à trois points, en font un joueur rare que les franchises vont s’arracher. Notamment chez les Sixers que Batum va immédiatement séduire en 2023.
”Un joueur de l’ombre”
”C’est vraiment un joueur de l’ombre, un défenseur polyvalent et un passeur, et le seul tir à trois points qu’il a réussi nous a en quelque sorte lancés et mis en marche”, soulignait Nick Nurse, son entraîneur à Philadelphie après une victoire contre les Nets. L’ailier de 2,03 m était comme ça. Jamais il n’a noirci la feuille de match, sa meilleure moyenne de points en carrière s’élevant à 15 en 2016-2017 chez les Hornets.
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Le contre légendaire de Batum

Video credit: Eurosport

Même discours chez Tyronn Lue, qui l’a eu sous ses ordres chez les Clippers : ”Il est un connecteur. Il peut jouer avec n'importe quelle unité, entouré de n'importe quel autre quatuor de joueurs sur le parquet. Ce n'est pas quelqu'un qui va chasser les tirs et il peut faire tout un tas de choses. C'est juste un gars qui va réaliser ces actions gagnantes soir après soir et qu'on adore avoir dans une équipe.”
Lui était vraiment un facilitateur, comme le rappelle Joel Embiid, qui l’a côtoyé lors de son passage en Pennsylvanie. ”C’est un joueur clé, déclarait-il après un match. Il est spécial. Avec la façon dont nous jouons, il correspond tout simplement à tout ce dont nous avons besoin. Grand shooteur, grand défenseur, grand passeur, avec une excellente compréhension du jeu. Il correspond tout simplement à tout ce dont nous avons besoin.”

29e joueur le plus prolifique de l’histoire à trois points en NBA

Parti à tout juste 19 ans du Mans, où il avait déjà trois saisons dans les jambes en Pro A avec le MSB d’un certain Vincent Collet, le jeune Nicolas Batum aura réussi une carrière de premier plan même s’il quitte la Grande Ligue sans titre. "J’ai vécu tout ce que j’avais à vivre et j’ai fait tout ce que j’avais à faire", a commenté l’ancien capitaine des Bleus au moment de quitter définitivement les parquets.
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Victor Wembanyama et Nicolas Batum après la victoire des Bleus face au Canada

Crédit: Getty Images

Et il y aura passé du temps, plus de 21 ans au total, dont 18 saisons en NBA, de Portland à Charlotte, puis à Los Angeles et Philadelphie. Un total de 1 842 tirs à trois points inscrits dans sa carrière, faisant de lui le 29e joueur le plus prolifique de l’histoire derrière l’arc, rien que ça. Ce tir dit ”no dip” caractéristique, qui lui permettait de dégainer plus vite que son ombre en catch and shoot, a fait de lui l’un des joueurs les plus dangereux dans les corners.
Évidemment, on retiendra par ailleurs son excellent passage chez les Bleus, terminé en 2024 avec sept médailles autour du cou, dont une en or avec ce titre de champion d’Europe en 2013. Nico Batum n’a jamais réussi à emmener les Bleus plus haut, eux qui ont buté par deux fois contre les États-Unis en finale des Jeux de Tokyo et de Paris. ”On l’admire forcément, concédait Wembanyama en mars après un match entre les Spurs et les Clippers. C’est un grand leader, un grand mentor, et quelqu’un de vraiment bien.”
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