NBA - AJ Dybantsa premier choix à Washington, Peterson à Utah : Le bilan de la draft 2026
Par Antoine Pimmel
Mis à jour 24/06/2026 à 08:00 GMT+2
Les Washington Wizards ont sélectionné AJ Dybantsa avec leur premier choix lors de la draft NBA qui s'est tenue la nuit dernière. Suivent ensuite Darryn Peterson (Utah Jazz) et Cameron Boozer (Memphis Grizzlies). Une cuvée chargée en talents au potentiel très intéressant.
Adam Silver avec AJ Dybantsa lors de la Draft NBA 2026
Crédit: Getty Images
Washington mise son avenir sur AJ Dybantsa
Titulaires du premier choix d’une cuvée considérée comme chargée en super talents, les Washington Wizards ont choisi AJ Dybantsa. Il devient instantanément la pièce maîtresse d’un jeune noyau dur composé des Français Alexandre Sarr et Bilal Coulibaly, du Suisse Kyshawn George et des Américains Tre Johnson et Will Riley. La franchise de D.C. se veut (un peu plus) ambitieuse la saison prochaine en mixant des joueurs prometteurs et des All-Stars comme Trae Young et Anthony Davis (si jamais il est effectivement conservé).
Dybantsa sera l’attraction à Washington. Comparé à Tracy McGrady, Jaylen Brown mais aussi… RJ Barrett, l’ailier de 2,06 mètres est un scoreur né qui tournait à plus de 25 points par match pour son unique saison universitaire du côté de BYU. Son profil très athlétique devrait parfaitement coller avec la NBA actuelle et c’est une star en puissance. Son tir, sa capacité à progresser dans la lecture et la création du jeu détermineront son plafond mais le futur s’annonce brillant pour le jeune homme et pour sa nouvelle franchise.
Peterson rejoint un projet excitant à Utah
Même avec Carlos Boozer dans l’encadrement de la franchise, le Jazz n’a pas souhaité choisir son fils Cam (retenu en troisième position). L’opportunité de drafter un prospect comme Darryn Peterson était tout simplement trop grande pour être ignorée. Parce que l’Américain reste peut-être le joueur le plus talentueux de sa promotion, bien qu’il ne soit pas appelé en premier ! Il aurait sans doute été pris un rang plus haut sans les interrogations qui ont entouré sa saison à Kansas.
Il a manqué 11 matches des Jayhawks pour des problèmes de crampes (qu’il a expliqué par une surconsommation de créatine…) et semblait parfois déconnecté dans d’autres. Peterson, probablement gêné par son corps, n’a pas pu montrer l’étendue de ses qualités à la fac tout en étant suffisamment fort pour faire rêver les scouts. Utah récupère un arrière au potentiel démentiel. Il est le premier "fils spirituel" de Shai Gilgeous-Alexander dans le profil. Mais ce qui fait justement la force du MVP du Thunder, au-delà de son arsenal technique, c’est sa mentalité et son éthique de travail. Si son jeune successeur comprend ça, il pourra aller très haut.
Cam Boozer, plus qu’un lot de consolation
Les Grizzlies s’apprêtent à entamer leur reconstruction avec un joueur sans doute mal compris, car sans équivalent en NBA, et très probablement sous-estimé. Boozer est plus jeune que Dybantsa et Peterson et il sort d’une saison monstrueuse avec Duke. Un exercice finalement aussi impressionnant (voire plus) que celui du prodige Cooper Flagg, passé par le même programme un an auparavant : 22 points, 10 rebonds, 4 passes, 55% aux tirs et 39% à trois-points.
Sauf que le fils de Carlos Boozer évolue dans un registre différent de ce qui se fait aujourd’hui. Il n’est pas assez grand pour être un pivot et sans doute trop lent pour jouer ailier. En revanche, il sent le basket. Il sait tout faire ou presque. Un mix de Kevin Love avec des fondamentaux et un leadership discret à la Tim Duncan. Il ne deviendra peut-être pas aussi forts que ces deux champions NBA mais le jeune homme de 18 ans, qui a gagné à tous les niveaux, pourrait bien montrer d’ici quatre ou cinq ans qu’il méritait finalement d’être drafté en première position.
Chicago tient sa pépite
Les Bulls ont drafté Caleb Wilson en quatrième position. Les franchises ne sont pas nécessairement mettre la main sur la future pierre angulaire de leur organisation à ce stade. Mais cette cuvée a le potentiel pour devenir historique si chacun des principaux talents tiennent leurs promesses. Et Wilson a du Kevin Garnett en lui, toutes proportions gardées évidemment. C’est un ailier-fort hyper athlétique, quasiment en double-double (19,8 pts, 9,4 rbds) à North Carolina avant de se casser la main. Cet intérieur bondissant va avoir de nombreux aspects de son jeu à travailler mais les supporters de Chicago ont enfin des raisons d’être enthousiaste.
Les Clippers se rajeunissent encore
Déjà lancés dans une période de transition en swapant James Harden pour Darius Garland en cours de saison dernière, les Clippers ont bel et bien conservé leur cinquième choix (obtenu via le trade d’Ivica Zubac à Indiana) pour sélectionner Keaton Wagler. Un combo guard (poste un et deux) dont la cote est montée en flèche pendant la March Madness puisqu’il a mené Illinois jusqu’au Final Four. Bon passeur, bon shooteur, grand pour son poste, Wagler présente lui aussi un potentiel intéressant.
Le Thunder a-t-il cherché une arme anti Victor Wembanyama ?
Bien que champion en 2025 et finaliste de Conférence en mai dernier, Oklahoma City disposait du luxe de pouvoir drafter en 12e position à la faveur de l’un des choix envoyés par les Clippers au Thunder au moment du trade de Paul George en… 2019. Et la franchise a donc choisi Aday Mara, pivot espagnol de 2,21 mètres sacré avec Michigan cette saison. Difficile de ne pas y voir une volonté de renforcer un secteur intérieur avec un joueur très long peut-être capable un jour de gêner Victor Wembanyama par séquences.
Les Spurs draftent deux intérieurs
En parlant de San Antonio, les derniers finalistes malheureux ont voulu densifier la raquette derrière leur phénomène tricolore. Jayden Quaintance, un défenseur intérieur qui n’a quasiment pas joué en NCAA (5 matches avec Kentucky) est pris en 20e position tandis que Tarris Reed Jr, un pivot de bientôt 23 ans au long parcours universitaire, débarque aussi dans le Texas. Les Spurs l’ont pioché avec 26e choix sacrifié par les Nuggets (en l’échange du 35e et d’un futur second tour). Le signe que le club cherche à varier ses options pour les minutes sans Wembanyama qui lui ont coûté chers pendant les derniers playoffs.
Michigan, une première depuis 2007
Trois prospects non freshmen (première année de fac) de la même équipe ont été retenus dans la loterie. Ça n’était plus arrivé depuis 2007 avec Joakim Noah et ses coéquipiers champions avec Florida à l’époque. Là aussi, le privilège revient à la formation vainqueur de la March Madness. Michigan a envoyé Moretz Johnson en neuvième position à Dallas, où il retrouvera son ancien coach Dusty May, fraîchement embauché par les Mavericks. Alex Lendeborg, le plus vieux prospect (24 ans) drafté dans le top-15 depuis plus de 20 ans, a été pris par Golden State en onzième et son ancien camarade Aday Mara dans la foulée en douzième.
Pas de trade majeur
Les équipes ont échangé plusieurs tours de draft au-delà de la quinzième position mais aucun joueur phare n’a été impliqué dans un échange la nuit dernière. Milwaukee et Miami ont déjà réalisé le coup de l’été avec leur trade massif autour de Giannis Antetokounmpo. Les Bucks ont d’ailleurs entamé leur nouvelle ère en piochant Brayden Burris (10e choix) et Nate Ament (13e). Deux joueurs qui ont un temps été annoncés dans le top-8.
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