Nicolas Batum à la retraite - Son contre aux J.O. de Tokyo restera le geste de sa vie

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Nicolas Batum a annoncé ce lundi qu'il mettait un terme à sa carrière à l'âge de 37 ans. Personnage central du basket français depuis quasiment deux décennies, il laisse une carrière d'une infinie richesse derrière lui. Et un geste, qui écrase tous les autres. Son contre salvateur en demi-finale des Jeux Olympiques de Tokyo, face à la Slovénie. Un geste d'exception, un moment hors du temps.

Le contre légendaire de Batum

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D'une carrière, il peut rester bien des choses. Des titres. Des statistiques. Des records. De Nicolas Batum, au parcours si riche et si complet, il viendra sans doute d'abord à l'esprit un moment. Une image. Un geste. C'était le 5 août 2021, à Tokyo. Ce jour-là, en demi-finale des Jeux Olympiques, il s'était élevé haut, très haut, pour empêcher Klemen Prepelič d'inscrire le panier de la victoire face à l'équipe de France. Sur son chemin, le Slovène avait trouvé Nicolas Batum, dont le contre s'est instantanément inscrit dans la légende du basket français et, même un peu au-delà, dans celle du sport tricolore.
"Une chose est sûre, avions-nous écrit alors à chaud, on reparlera de cette action de l'ailier de l'équipe de France pendant des années. Et sans doute qu'après sa carrière, ce sera celle-ci dont on se souviendra le plus. À raison." Voilà, nous y sommes. Maintenant qu'il quitte définitivement la scène à l'âge de 37 ans, et même s'il avait déjà tourné le dos aux Bleus en 2024, c'est bien spontanément ce contre venu d'ailleurs qui nous vient à l'esprit en pensant à lui. Comme un acteur dont un rôle plus marquant que les autres les aurait tous surplombés tous les autres, ce contre, ce fut le rôle de la vie de Nicolas Batum, et ce France- Slovène le film de sa carrière.
Ironiquement, malgré son habituelle activité, l'homme à tout faire des Clippers n'avait pas pesé comme il le souhaitait sur ce match. Mais il a refusé que son histoire avec les Jeux reste contrariée, comme elle le fut longtemps, avec en point d'orgue l'épisode espagnol de 2012 à Londres quand, débordé par sa propre frustration, poing fermé et dents serrés, il avait transformé une tentative d'interception sur Juan Carlos Navarro en coup de poing dans l'aine. Alors, ce contre face à la Slovénie avait eu des vertus libératrices. Une revanche ? Peut-être. Mais sur lui-même, avant tout.
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Un contre comme ça, ça fait cinq ans que je n'en ai pas fait
"J'ai déjà participé deux fois aux Jeux Olympiques et j’ai souffert deux fois, avait-il alors rappelé. J’ai rêvé de jouer la finale toute ma vie. J’ai toujours rêvé de disputer ce genre de matches. Je savais que je n’avais pas été bon en attaque (il avait 3 points à 1/5 au tir, NDLR), mais je devais réussir cette action pour emmener mon équipe en finale. Et c’est ce que j’ai fait. (…) Je devais faire une action comme ça."
Cette équipe de France n'était plus celle de Tony Parker, et pas encore celle de Victor Wembanyama. Il lui fallait, sinon un sauveur, une casquette qui lui convenait probablement assez peu, en tout cas un leader capable de sortir du bois quand le groupe avait besoin de lui. Et ça, Nico Batum, plus "Batman" qu'il ne le fut jamais en cet instant, savait faire. Lui, l'homme du collectif, l'indispensable "glue guy", se retrouvait avec une cape de héros qu'il n'avait jamais vraiment cherché à endosser. D'une certaine manière, ce ne fut que justice.
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Il a surgi de loin, ce contre. "J'ai retrouvé mes jambes du MSB et de Rip City (Portland Trail Blazers. Un contre comme ça, ça fait cinq ans que je n'en ai pas fait", expliquera-t-il un mois plus tard au média First Team. Reste-t-il un geste, dans le livre d'or du basket français, plus marquant que celui-ci ? Pas sûr. Le happy-end était presque impossible, avec les États-Unis qui attendaient les Bleus de Vincent Collet au tournant en finale. Le même Team USA qui serait encore là pour gâcher la fête trois ans plus tard à Paris. Mais Nicolas Batum est un double vice-champion olympique à jamais. Et un héros pour toujours.

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