Johannes Boe n’a pas fait le plein, lundi. Ni en termes de confiance, ni face aux cibles. Le double tenant du gros globe de cristal n’a réalisé qu’un 5/10, prenant la sixième et dernière place d’une course organisée entre biathlètes norvégiens, sur leurs terres à Beitostoelen. Une compétition d’autant plus importante que le cadet des frères Boe et ses compatriotes ne pourront pas se mesurer à leurs adversaires d’autres nations avant le début de la Coupe du monde, dans moins de trois semaines à Kontiolahti (27-29 novembre). Le traditionnel lancement de la saison à Sjusjoen ne jouera pas son rôle habituel d’étalonnage, en raison de la crise sanitaire.

Le cadet des frères Boe n’avait de toute façon pas besoin de se comparer à qui que ce soit pour dresser un bilan décevant de cette sortie. Dès son 1/5 au couché, il savait qu’il ne pourrait pas y puiser grand-chose d’autres que des interrogations. Quatre balles à gauche : aucune explication. "Je rate rarement comme ça (…) J’ai pris mon temps avant de tirer, j’étais calme", a assuré le biathlète de 27 ans, qui tournait à 89% de réussite en la matière la saison dernière, et même à 93% lors de l’opus précédent.

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Avec une telle faillite sur le pas de tir, impossible d’être dans le match avec Erlend Bjoentegaard, vainqueur avec une seconde d’avance sur Tarjei Boe. Le successeur de Martin Fourcade dans le costume de patron du circuit a pourtant refusé de cataloguer sa mise en route de "mauvaise". Il a tout de même admis : "Il y aura un grand point d’interrogation sur ce qui s’est passé." Siegfried Mazet a été un peu plus direct et tout aussi perplexe. "C'était mauvais, a ainsi complété le coach français de l’équipe scandinave, dans des propos rapportés par NRK. Je ne comprends pas pourquoi. Il n'y avait pas de vent."

L’odyssée Fourcade

"Cela a été un peu plus difficile que ce à quoi je m’attendais"

Au moment de murmurer les causes de ce petit camouflet, la paternité de Johannes Boe revient sur la table. Cette même paternité qui avait, en fil rouge, animé la course au classement général de la Coupe du monde 2019-2020. "Être père a toujours été absolument génial. Mais en termes de récupération, cela a été un peu plus difficile que ce à quoi je m’attendais", a déclaré le jeune papa, qui avait raté plusieurs courses en janvier dernier - moins qu'annoncées cependant -, pour accueillir son premier enfant. Pour Egil Kristiansen, membre du staff norvégien, la situation "n’est pas optimale" : "En tant qu'athlète de haut niveau, il faut parfois être un peu égoïste."

Mais Johannes Boe est comme ça. Et ne pas penser uniquement à son sport ne l’empêche pas d’avoir, déjà, un immense palmarès. Le champion olympique de l’individuel en 2018 va pouvoir se tester à nouveau à Sjusjoen dans les jours à venir (toujours seulement face à ses camarades d’entraînement). Il estime qu’il n’y a pas urgence : "Je suis toujours un peu incertain (…) mais il reste du temps" pour être prêt à faire face à ses challengers, dont font notamment partie les Français Quentin Fillon Maillet et Emilien Jacquelin. Des rivaux qui sont au moins autant que lui dans l'expectative. En effet, difficile de savoir dans quel état de forme Boe entamera les hostilités en Finlande, tant il est coutumier du bluff.

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