Eric Perrot, grands espoirs, petit holà : "Je ne le classe pas parmi les extraterrestres"
Eurosport sur GoogleEric Perrot a défloré son palmarès à titre individuel en remportant samedi le sprint de Soldier Hollow. Un succès au parfum d'acte de naissance d'un champion. Loïs Habert comprend mais relativise cet optimisme avant le sprint de Canmore, vendredi (17h45). Notre consultant voit en Perrot (22 ans) un "biathlète très complet" à la morphologie atypique, au tir rodé, mais pas au physique "hors norme".
Perrot aux anges, Jacquelin supersonique, QFM pénalisé : résumé de l'incroyable sprint des Bleus
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"Je suis très fier et content de pouvoir être sur la photo officielle, à côté de lui, pour sa première gagne." L'hommage est d'Emilien Jacquelin. Il est significatif. Le premier succès individuel d'Eric Perrot en Coupe du monde, samedi lors du sprint de Soldier Hollow, est de ceux dont on soupçonne qu'ils prennent de la valeur avec le temps. Dira-t-on un jour que c'est en mars 2024 – aux confins de la nuit en France – qu'un grand champion s'est éveillé ?
"Il est trop tôt pour l'affirmer", est la réponse bienséante à cette question vieille comme le monde. Loïs Habert la revisite, convoquant sa sincérité au soutien des traditionnelles mesures de précaution : "Je pense qu'Eric Perrot un très bon biathlète, mais qu'il ne faut pas en faire des caisses, autant pour le protéger que pour être tout à fait honnête. [Son avènement] ne donne pas la sensation de l'époque où on a vu arriver Martin Fourcade."
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Perrot : "Je voulais prendre une revanche sur moi-même"
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Sang-froid et toucher de neige
Relancé sur l'impression "extraterrestre" que seul Johannes Boe a pu susciter depuis Fourcade, notre consultant confirme : "Sans manquer de respect à Eric, je ne le classe pas parmi les 'extraterrestres'… pour l'instant." Pas de séisme donc, mais un potentiel certain chez le Français de 22 ans, "biathlète très complet", 4e du sprint des Mondiaux. En course pour le dossard bleu de meilleur jeune, Perrot est 14e du général et 17e en temps de ski.
"Physiquement, il est fort… mais il n'est pas hors norme. Sa vraie qualité, c'est sa capacité à tirer vite et bien quand il y a de l'enjeu. Cette capacité-là est hors norme et peut faire de lui un grand champion", estime Habert, qui souligne le "beau toucher de neige" de Perrot. "Il va un peu plus vite en ski quand les conditions sont pourries, précise notre expert. Il arrive à faire glisser ses skis, à voler, sur des neiges où les plus massifs vont s'enfoncer."
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Eric Perrot, filiforme biathlète français, auréolé d'un premier succès individuel, à Soldier Hollow - Mars 2024
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Singularité et franc-parler
"On l'a vu ce week-end, avec son t-shirt manches courtes. Il n'a pas du tout le gabarit des autres athlètes, note Loïs Habert. Ça me touche. C'est chouette d'ouvrir le champ des possibles sur qui peut réussir dans ce sport." D'où l'espoir, aussi, de le voir prendre de l'épaisseur… raisonnablement : "Sa qualité est son rapport poids/puissance. Il va falloir qu'il gagne un petit peu en puissance sans prendre trop de poids, pour rester dans son secteur."
Vendredi à Canmore, Eric Perrot va tenter de remporter un nouveau sprint (à partir de 17h40). Quand nos confrères de la chaîne L'Equipe lui ont fait part du sentiment diffus qui règne en équipe de France, concernant sa capacité à s'abonner à la victoire, il a répondu : "C'est possible de le sentir, mais le faire c'est encore autre chose (…) J'avais besoin de voir ce que c'est, aussi, d'être devant. L'étape d'après, c'est d'y être plus régulièrement."
"Avec Johannes [Boe], ce sont mes deux coups de cœur des interviews. Je prends plaisir à les écouter. Ils ont le sourire, ils sont justes, il n'y a ni fausse modestie ni prétention, considère Habert, au sujet de la façon dont Perrot assume son ambition. Quand je dis que c'est un biathlète complet, je pense au physique, à la technique, à sa manière de tirer, sa façon de 'faire du biathlon' et aussi à sa manière de s'exprimer." Les pieds sur terre, et c'est extra.
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