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Eric Perrot après sa saison 2024-2025 très prometteuse : "La notoriété flatte l'égo mais mon regard ne change pas"
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Mis à jour 04/04/2025 à 17:40 GMT+2
Troisième du classement général de la coupe du monde de biathlon avec deux victoires cet hiver, sacré champion du monde de l’individuel à Lenzerheide et artisan du Grand Chelem de l’équipe de France masculine sur le relais, Eric Perrot a clairement changé de dimension cet hiver. À 23 ans, les regards autour de lui ont changé. Il jure s'en accommoder.
Avec son image de gendre idéal, Perrot a-t-il des défauts ?
Video credit: Eurosport
Propos recueillis par Gilles DELLA POSTA
Est-ce que les victoires de cette saison ont changé la façon dont vous êtes perçu maintenant ? Est-ce que cela vous permet de doubler du monde dans la file à la cantine ?
Eric Perrot : Non, et puis ce n'est pas mon genre. Ça ne me plaît pas de faire ça. J'ai envie d'être pris comme un humain et pas comme un athlète ou une personnalité publique. En revanche, c'est sûr que ça change le regard des gens, mais ça change davantage leur regard que le mien finalement. J'ai l'impression que je vois toujours le biathlon de la même façon, je vois toujours le monde de la même façon. Et heureusement, sinon ce serait dommage. Mais c'est vrai que le regard des gens change un petit peu parce que rien que le fait de passer à la télé, on sent qu'il y a une dimension qui se crée. Mais, encore une fois, mon regard ne change pas. Je me fais toujours autant plaisir. Je vois le biathlon comme je le voyais quand j'étais enfant et ça me rassure.
Est-ce que vous êtes à l'aise avec ça, avec le fait d'avoir une notoriété qui se développe ? Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde...
E.P : Je trouve que ça se passe bien. Déjà, j'ai eu la chance d'arriver dans un groupe où il y avait déjà de la notoriété sur pas mal de personnes. Donc j'ai pu les regarder, j'ai pu apprendre. Au début, il y avait des choses qu'ils faisaient que je trouvais un peu bizarres. Aujourd'hui, je les comprends mieux. Finalement, encore une fois, ce qui me rassure, c'est que ma vision ne change pas trop. Tant que je garde ça, j'ai l'impression d'être toujours le même enfant que j'étais avant. Donc, ça me paraît facile. Mais c'est sûr qu'il faut gérer un tout petit peu le changement de vision des gens autour. Ce n'est pas forcément négatif, c'est juste qu'il faut s'adapter. J'ai encore beaucoup à apprendre, j'essaie de trouver mes marques là-dedans.
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Eric Perrot avec sa médaille d'or du relais mixte aux Mondiaux de Lenzerheide
Crédit: Getty Images
Dans votre réponse, vous dites que ce n'est pas "forcément" négatif. C'est-à-dire ?
E.P : C'est très satisfaisant sur la plupart des choses parce que déjà, ça flatte notre égo. Donc, au début, c'est assez amusant. Mais c'est vrai que parfois, on a envie de tranquillité, et c'est plus difficile à trouver. En même temps, c'est énormément de positif parce que tous les gens qu'on croise sont très bienveillants. Par moment, quand je suis un peu fatigué en fin de saison et que j'ai envie de dire 'j'ai envie de couper', il ne faut pas que j'oublie non plus que c'est grâce à ces personnes que je peux vivre de mon sport. Donc, je n'oublie pas que c'est extrêmement positif. Il y a des moments où j'ai besoin de me retirer un petit peu pour juste profiter de mes proches, de ma famille, d'être un petit peu plus déconnecté de ce milieu-là. L'inconvénient, ça peut être par exemple dans un cas comme Lou (Jeanmonnot, sa coéquipière en équipe de France, NDLR) qui, en fin de saison, a eu ce petit échec du globe. Chaque personne qu'elle croise va lui rappeler cet échec et ça peut être un peu long. Moi, dans mon cas, pour le moment, ça se passe très bien. Donc, j'ai de la chance, tout est très positif. Le public est très bienveillant dans le biathlon et ça, c'est une chance.
Etant aussi norvégien, vous pouvez aussi vous replier en Norvège ? Vous êtes reconnu là-bas ?
E.P : Ce n'est pas la même culture. En France, on est beaucoup moins gênés, on va voir les gens, on discute. Les gens peuvent être plus intrusifs. Je suis français aussi, donc je vois bien comment on est. Les Norvégiens sont un peu plus distants, plus discrets. Cela se fait moins d'aborder une personnalité dans la rue, par exemple. Je me souviens, quand j’étais petit, j'ai parfois croisé des stars du ski et ça ne se faisait pas de venir les voir. Il y avait un petit peu plus de pudeur. En France, on est plus latins, il y a cette différence de culture.
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Perrot : "J’ai envie de devenir le meilleur biathlète du monde"
Video credit: Eurosport
Vous évoquez le cas de Lou Jeanmonnot et de cette fin de saison cruelle. Si vous étiez dans son cas, comment auriez-vous aimé qu'on l'aborde avec vous ?
E.P : Je pense que ça lui ferait du bien de parler de complètement autre chose. Reparler de ça une fois, ce n'est pas très grave mais c'est l'accumulation qui entretient une petite blessure. Voir que finalement, la saison ne tourne pas qu'autour de ça, qu'il y a eu tellement de réussites, tellement de belles courses, comme la poursuite la veille. Elle n'a pas fait échouer toute la saison sur une chute. Elle a juste échoué sur cette course, finalement.
Les hommes courraient après les dames ce jour-là, comment vous avez vécu cette course de votre côté ?
E.P : C'était une course de folie. Depuis le début, il y avait beaucoup de tension parce qu'on savait que globalement, c'était celle qui était devant qui gagnait. Donc déjà, une course comme ça, ça donnait envie de regarder. Tout le long de la course, elles se répondaient l'une et l'autre jusqu'à arriver au dernier tir ensemble, sortir un magnifique dernier tir, un magnifique dernier tour. Et dans la dernière bosse, ça jouait encore ensemble. On se dit, "mais waouh, jusqu'où va aller ce scénario ? Elles vont finir ex-aequo". Et à un moment donné, je me suis dit : "elles vont finir par se faire tomber toutes les deux". Et finalement, c'est n’est que Lou qui s'est faite un petit peu serrer. J'aurais bien vu un sprint final, après la dernière bosse et après le plat de Northug, ça aurait été beau.
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"C'est horrible !" Jeanmonnot chute en plein duel et laisse le gros globe à Preuss
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