C’est paradoxal et c’est lui qui le dit : "Je n’ai pas eu l’audace, le courage, de mettre en place un tir posé. C’est assez paradoxal, parce que d’habitude c’est plutôt l’inverse : on n’ose pas prendre de risque." Voilà comment Emilien Jacquelin a débriefé le tir debout raté (3/5) qui a fait fondre son avance, dimanche lors de la poursuite d’Östersund, au micro de la chaîne L’Equipe.
"Quand j’arrive sur ce tir, je pense à ce que j’ai mis en place cet été, des tirs plus calmes, raconte-t-il. (…) Mon naturel a encore été un peu trop présent, et j’ai attaqué." C’est passé jusqu’à une quatrième cible qu’il n’a su blanchir, avant un nouvel échec. De quoi voir un sourire désabusé se dessiner sur son visage : "Double faute… d’un côté ça me fait ‘rire’, mais c’est assez frustrant."

"Si je fais ça aux Jeux, je m’en voudrai terriblement"

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Troisième de cette course, Jacquelin cherche à placer le curseur au bon endroit, entre le respect de son instinct offensif et la quiétude grandissante à laquelle il aspire, pour devenir un biathlète accompli. Cet enjeu majeur que nous évoquions en marge du lancement de la Coupe du monde sera probablement le fil rouge de sa saison. Avec les Jeux olympiques en point d’orgue.
Pékin est encore relativement loin (4-20 février 2020). D’ici là, les compétitions peuvent prendre des allures d’entraînement grandeur nature. D’où la possibilité de dédramatiser. "J’ai souri quand j’ai raté ces deux ballessur ce premier tir debout. Mais si je fais ça aux Jeux, je m’en voudrai terriblement", poursuit le double champion du monde en titre de la poursuite auprès de nos confrères.

Des meilleurs temps de ski, de la confiance au tir : Jacquelin peut viser haut

Plein de confiance et marge de progression

Cette approche n’empêche pas Emilien Jacquelin de bien figurer au classement général. Après quatre courses, il en occupe le quatrième rang, malgré une entame gâchée par une journée noire carabine en main : 35e de l’individuel inaugural en Suède, avec un 14/20 et le meilleur temps de ski - "Une première pour (lui)". Depuis ce couac initial ? 4e d’un sprint, 2e d’un autre et donc 3e d’une poursuite.
"Il y a plein de choses qui me permettent d’être confiants, se satisfait-il. (…) Il y a énormément de positif, dont le niveau sur les skis (il rivalise avec Sebastian Samuelsson en tant que meilleur fondeur du circuit en ce début d’exercice, NDLR)". Le tout avec de quoi progresser : "C’est chouette de ne pas se dire : ‘On est le 5 décembre, je tire à 20/20, je suis à mon max en ski… et ça donne 3e."

Une carabine sur-mesure : comment Jacquelin s'est adapté à sa blessure au poignet

Un huis clos… bénéfique ?

Direction Hochfilzen pour la suite de la Coupe du monde, avec un sprint (vendredi), une poursuite (samedi) et un relais (dimanche). En Autriche, les biathlètes renoueront avec les conditions particulières du huis clos, après avoir œuvré devant des spectateurs à Östersund. Mauvaise nouvelle pour Jacquelin, qui aime se nourrir de la pression de la foule ?
"Il y aura beaucoup moins de plaisir", regrette-t-il, dans des propos rapportés par Nordic Mag. Mais il y voit aussi une opportunité : "J’ai envie de passer un cap en tir, donc cela peut être un moment opportun pour le faire en l’absence du public." Avant d’essayer de faire aussi bien en étant poussé par l’engouement populaire, au Grand-Bornand (16-19 décembre).
Sa blessure au poignet, intervenue cet été, semble efficacement compensée en termes de technique et de matériel. Parfait au tir couché depuis trois courses en solo, le biathlète français de 26 ans a plus de difficultés au debout. Là où il est capable d’exceller comme de craquer : "Le gros point négatif c’est que je n’ai toujours pas fait un plein sur les tirs debout, cela commence à me trotter, je sais que cela peut être ma force mais aussi ma faiblesse." Comme son instinct.

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