JO 2026 Milan - Cortina - "Si je refais une année comme ça, j’arrête" : Quand Jeanmonnot a failli tout envoyer balader
Eurosport sur GoogleEn 2021, Lou Jeanmonnot a le moral dans les chaussettes. Cinq ans avant de décrocher l’or olympique à Anterselva, la Française galère en IBU Cup. Elle vivra les JO de Pékin dans son canapé et pensera à tout arrêter. Une crise de confiance que le biathlon français aurait pu regretter mais tout est finalement rentré dans l’ordre pour celle qui vise une razzia en Italie.
Planté du bâton et puissance des jambes : la palette Jeanmonnot de Sandrine Bailly
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C’est à peine croyable quand on observe son relais dimanche. À Anterselva, Lou Jeanmonnot a écrasé le relais mixte. Partie avec 20 secondes de retard, elle a lancé Julia Simon avec 20 secondes d’avance. Le tournant. Pourtant, Lou Jeanmonnot aurait pu ne jamais faire partie de cette équipe de France. En 2022, alors qu’à 23 ans, elle a l’âge d’y prétendre, elle regarde les Jeux Olympiques de Pékin depuis son canapé. Quelques mois plus tôt, elle se pose des questions existentielles. Alors qu’elle végète sur le circuit IBU Cup, la seconde division du biathlon, la Doubienne doute.
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Vingt-cinquième du général de l’IBU Cup en 2019, 33e en 2020, elle plafonne et ne parvient pas à s’installer chez les grands. En 2021, elle fait ses premières armes sur la Coupe du monde à Nove Mesto. Trentième du sprint avec un 10/10 au tir, elle maintient son rang sur la poursuite (35e). En deuxième semaine, elle se situe dans les mêmes eaux (48e du sprint, 26 sur la poursuite) avec un taux de réussite de 92% sur le pas de tir. Des résultats loin d’être infâmants mais Jeanmonnot retourne en IBU Cup.
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Les supersoniques Jeanmonnot et Simon ont rattrapé un QFM timoré : le résumé du 1er sacre des Bleus
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Autour de ses 20 ans, elle stagne et tout le monde se dit que ça peut s’arrêter là
"J’étais en galère, je n’avais pas été reprise sur le circuit, confiait-elle dimanche avec la médaille d’or autour du cou. J’en étais à me dire, si je refais une année comme ça, j’arrête le biathlon." Depuis toujours, la Franc-Comtoise a le tir dans le sang. Elle nettoie les cibles avec une précision chirurgicale. Mais sur les skis, ce n’est pas la même histoire. "Son niveau de ski n’était pas catastrophique mais pour passer le dernier niveau, pour performer sur la Coupe du monde, il lui en manquait, nous confie notre consultant Loïs Habert. Autour de ses 20 ans, elle stagne et tout le monde se dit que ça peut s’arrêter là."
Jusqu’à ses 18 ans, Jeanmonnot est dans les standards des meilleurs. Depuis gamine, elle sait au fond d’elle qu’elle est faite pour le haut niveau. Mais entre les juniors et les seniors, ça coince. "J’ai connu quelques difficultés pour apprendre à bien me connaître et à me comprendre, expliquait-t-elle au Monde, avant le lancement de la saison, à l’automne 2024. J’étais en quelque sorte dans la période de transition entre un corps d’enfant et un corps d’adulte. J’ai eu besoin d’un peu de temps pour trouver le déclic sur les pistes."
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Une technique différente des autres : comment Jeanmonnot a pris les devants sur les skis
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En ski, il n'y a pas grand monde qui pensait qu'elle était capable d'aller plus vite au final
Sandrine Bailly, qui a suivi d’un œil attentif celle qui vient du même village qu’elle, avance une autre explication : "On met trop vite les gens dans des compartiments et elle était un peu étiquetée comme une fille qui tirait très bien mais en ski, il n'y a pas grand monde qui pensait qu'elle était capable d'aller plus vite au final, confirme notre consultante. Et ça se ressentait un peu dans ses performances. C'était plus compliqué. Elle n'avait pas la confiance en elle nécessaire pour se dire qu'elle était capable d'aller vite."
Dans la tête, c’est dur pour Jeanmonnot. Jusqu’ici habituée à dominer, elle navigue désormais dans un monde dont elle n’est plus la patronne. À 14 et 15 ans, ses performances la rapprochaient de Justine Braisaz-Bouchet au même âge. Mais la Savoyarde découvre la Coupe du monde à 18 ans. À l’entrée de sa majorité, Jeanmonnot est très loin de ce monde-là, empêtrée dans ses doutes. "C’est vraiment dur pour les filles comme Lou qui gagne tout depuis toujours puis stagne. Elles ne sont pas habituées et c’est dur à encaisser, continue Bailly. Un moment, Lou n’était même plus assurée de sélections en IBU Cup."
En 2021/2022, Lou Jeanmonnot retrouve de la confiance et des repères et devient la première française à remporter le classement général de l’IBU Cup. Mais de l’avis de tous, c’est à l’été 2022 qu’intervient le déclic. Cédric Buret prend en main l’équipe de France et la carrière de Lou Jeanmonnot va s’envoler. L’entraîneur savoyard va faire d’elle une fusée sur les skis. "Sa rencontre avec Cyril Burdet a tout changé, nous renseigne le tout premier coach de Lou Jeanmonnot, Ludovic Bourgeois. Il lui a donné confiance et exploité pleinement son potentiel. Quand je la vois dans la bosse du relais mixte dimanche, emmenée avec autant de puissance, je me dis qu’ils ont bien bossé ensemble."
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Lou Jeanmonnot a traversé des moments difficiles aux alentours de la vingtaine
Crédit: Quentin Guichard
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