JO de Milan-Cortina 2026 | "Elle veut tout, tout de suite" : Océane Michelon, premiers lauriers pour une impatiente

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Trois secondes et huit dixièmes. Voilà ce qui a manqué à Océane Michelon pour devenir la septième championne olympique en solo de l'histoire du biathlon français. Mais elle a tout de même bouclé ce sprint avec une médaille d'argent. Pas mal du tout, pour ses grands débuts aux Jeux. Alors, oui, elle a cru à l'or, d'autant qu'elle déteste attendre, mais elle refuse de faire la fine bouche.

Michelon et Jeanmonnot frustrées par Kirkeeide : le résumé du sprint en vidéo

Video credit: Eurosport

Elle a trépigné. Huit jours après la cérémonie d'ouverture, cinq après le coup d'envoi des épreuves de biathlon, tout a enfin commencé pour Océane Michelon. Non retenue pour le relais mixte et pas davantage alignée sur l'individuel, où le staff lui avait préféré Camille Bened, la biathlète des Bauges a enfin pu lancer ses Jeux Olympiques. Ses premiers. Bingo. Première course et première médaille. "J'ai attendu longtemps. C'est vrai que ça fait dix jours que je suis là et que je vois les autres courir. Je commençais à ronger mon frein. J'avais à cœur, au-delà de faire bien, de faire ce que je sais faire."
De l'argent content(e), donc, même si tout le monde a cru que l'or lui tendait les bras après son sans faute au tir. Un 10 sur 10 avec le troisième temps de ski, tout cela humait bon la consécration. Mais Maren Kirkeeide, supersonique dans la dernière boucle, est venue manger son chrono et dévorer ses rêves d'or. Mais Océane Michelon n'a ni regret ni amertume. Surtout pas. Un podium pour son baptême aux JO, il y a pire.
"Que dire ? Je crois que je ne réalise pas. C'est une bonne salade d'émotions. Ce n'est que du bonheur", a réagi à chaud celle qui commence à s'habituer aux podiums, même s'il lui manque encore une victoire. Reste que, samedi matin, si vous lui aviez promis une médaille d'argent, elle aurait répondu positivement en moins de deux secondes. Il lui en a manqué moins de quatre pour devenir championne olympique, mais peu importe. Elle est heureuse de sa course, comme du résultat.
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Michelon a tout donné : "J'ai eu des vertiges dans le dernier kilomètre"

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Vice-championne du monde, vice-championne olympique

Paradoxalement, ce titre lui a sans doute échappé… avant la course. Sur celle-ci, elle a été presque parfaite. Mais pas en amont. "Je me suis mal alimentée, raconte-t-elle. Je pense que je n'ai pas assez mangé. J'ai eu beaucoup de mal à me nourrir, j'étais stressée ce matin." Elle l'a payé sur la fin, même si elle a coincé plus qu'elle ne s'est effondrée. Mais cela a suffi pour qu'en Kirkeeide, elle trouve son Laegreid, bourreau d’Émilien Jacquelin la veille. "J'ai eu des vertiges dans le dernier kilomètre, je pense que dans la dernière ligne droite, je suis tout en 'zaï' (sic)", rigole l'argentée du jour.
"Quand on est stressé, c'est plus compliqué, on a du mal à se nourrir, ou on est beaucoup plus dérangé, souligne Florence Baverel. Ça a été un problème pour Océane aujourd'hui. Bien s'alimenter, ça fait partie de la performance. Mais ce sont ses premiers Jeux, sa première course, et en plus, elle a dû gérer l'attente. Mais elle aura cette expérience-là à l'avenir." Ressortie du pas de tir après le debout avec neuf secondes de marge sur la Norvégienne, elle n'a pu s'accrocher à la première place. "J'y croyais, et à la fois, j'ai eu tellement de mal dans le dernier kilomètre. Je l'ai un peu fait à l'aveugle, je voyais un peu flou. Je voyais Maren, on connait ses talents de finisseuse donc je m'attendais à ce que ça se passe comme ça."
Elle retiendra la leçon. Elle n'a pas encore 24 ans. Puis, une fois encore, pas question de faire la fine bouche. Qui peut se plaindre d'être médaillée dès sa grande première aux Jeux ? "Elle était déjà vice-championne du monde de le mass start l'an dernier, donc c'est quelqu'un qui sait se préparer quand ça compte", rappelle Baverel. La native de Chambéry a pu en prime célébrer en compagnie de Lou Jeanmonnot, sur la marche juste en-dessous sur le podium, et avec toute sa famille. "Il y a toute la famille, tous les cousins, il y a même les copains des cousins, c'est la famille élargie. Il y a une belle ribambelle. C'est cool", sourit-elle.
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Une médaille de bronze au goût amer pour Jeanmonnot : "Pas le genre de course que je voulais faire"

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C'est quelqu'un d'hyper impatient
C'est une première récompense qui en appelle d'autres. Océane Michelon en avait besoin. Dès maintenant. La jeune femme n'aime pas attendre. "C'est quelqu'un d'hyper impatient, glisse encore Florence Baverel. Je me souviens de Jean-Paul Giachino (le responsable du tir féminin en équipe de France, NDLR) qui m'avait dit 'son problème, c'est qu'elle veut tout, tout de suite'."
C'est la même impatience qui l'a bridée en début de saison, selon la consultante d'Eurosport : "Il y a eu du doute, parce qu'elle voulait tout de suite gagner sa sélection olympique. On a senti que c'était tendu dans cette équipe, avec plusieurs filles qui n'avaient jamais fait les Jeux. Je crois qu'Océane voulait prouver quelque chose et elle a mis un peu de temps à mettre les choses en place. Il fallait qu'elle se libère de ça."
Il fallait donc aussi qu'elle se libère dans ces JO. Voilà donc une bonne chose de faite. "Je pense qu'elle sera déjà beaucoup moins stressée pour la poursuite", estime Flo Baverel. Jusqu'ici, ils n'étaient que quatre à avoir contribué au total de médailles tricolores à Anterselva. Les quatre fantastiques du relais mixte, à nouveau en verve lors des premières courses en solo : Éric Perrot, Quentin Fillon Maillet, Lou Jeanmonnot et Julia Simon. Océane Michelon élargit le spectre. Elle le rajeunit aussi. Chez les filles, elle incarne l'avenir. Et déjà un petit bout de présent.
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