JO Milan-Cortina 2026 I Julia Simon : "C'est la médaille de la tête et de l'envie, parce que je n'avais plus rien"

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La teigne, jusqu'au bout. Comme beaucoup, Julia Simon n'avait plus d'essence dans le moteur pour la mass start, dernière course de ses Jeux Olympiques 2026. Plus une goutte. Mais elle a compensé avec son habituelle volonté de fer pour aller chercher une médaille d'argent synonyme de formidable doublé, derrière Océane Michelon. Elle boucle ainsi une campagne somptueuse.

Le récital de Michelon, la "teigne" Simon : le film d'une mass start fantastique

Video credit: Eurosport

Celle-ci, Julia Simon est allée la chercher loin. Très loin. Il n'y aura pas de quadruplé doré pour elle, mais en se parant d'argent lors de la mass start samedi, elle a achevé en beauté une quinzaine phénoménale. Comme Quentin Fillon Maillet et Lou Jeanmonnot, elle va terminer ces Jeux 2026 avec quatre médailles. Dont trois titres. Alors, elle n'osera ni la fine bouche ni les regrets, d’autant qu’elle ne pouvait pas faire plus ou mieux. "C'est vraiment la médaille de la tête et de l'envie, parce que je n'avais rien dans le sac aujourd'hui", a-t-elle confié sur Eurosport après la course.
Ce qui a d’ailleurs rapidement sauté aux yeux, c'est que les Françaises jouaient la carte de la modération et de la stratégie durant la première moitié de la mass start. Environ quinze filles sont ainsi arrivées quasiment groupées pour le premier tir debout, après la mi-course. Mais pour Simon, il n'y avait pas d'autre option possible. "Dès le premier tour, j'étais dans le dur, explique-t-elle. Donc j'ai essayé de gérer mes efforts le plus possible, d'être intelligente dans mes prises de trajectoire, pour reprendre de la vitesse facilement. Je me suis accrochée tout ce que j'ai pu."
Comme souvent, son tir "lucky-luesque" l'a portée très loin et très haut. Elle a tiré (très) vite et bien (19 sur 20). Mais là aussi, elle en a bavé, à l'image de ce dernier debout conclu sans faute, mais pas sans douleur. Elle ne sait pas trop comment elle l'a géré. "Le dernier tir debout, c'était tellement dur, j'avais les jambes qui tremblaient...", glisse la championne des Saisies, qui a ensuite effectué la dernière boucle sur sa détermination. C'est une teigne, Simon.
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Une médaille au mental pour Simon : "Je n'avais plus rien dans le sac !"

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Je n'avais pas envie de faire trois, c'est quand même mieux de faire un doublé
Dans cette dernière boucle, on a cru qu'elle allait l'achever à la place la moins enviable, au pied du podium. Mais pendant qu'Océane Michelon s'envolait vers le sacre, Simon a gobé Anna Magnusson puis Tereza Vobornikova. "La dernière boucle, c'était vraiment à l'énergie complet, à la tête, avoue la Savoyarde. Je savais qu'Océ' était vraiment très solide sur les skis, mais je me suis dit que ce n'était pas fini, que le finish était très, très long et qu'il fallait que je m'accroche. Honnêtement, je ne sais pas comment j'ai fait, je n'avais plus d'énergie. Je suis arrivée tellement fort par terre sur la ligne d'arrivée que je me suis écorché tout le genou, j'ai du sang partout sur ma combi."
À défaut d'or, hors de portée de ses jambes du jour, sa carotte était de finir dans le sillage d'Océane Michelon. "Je n'avais pas envie de faire trois, c'est quand même mieux de faire un doublé que de faire un double podium, sourit Simon. C'est incroyable d'être sur un podium olympique et de le partager avec une copine, c'est encore plus dingue." Des mots qui prennent un sens particulier chez elle, qui a vécu cette campagne hivernale pas tout à fait comme les autres, un peu à l'écart du groupe après sa suspension d'un mois en début de saison.
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Le podium et la Marseillaise pour Michelon en vidéo

Video credit: Eurosport

À 29 ans, elle s'inscrit désormais après cette quinzaine italienne parmi les plus gros palmarès de l'histoire du biathlon français. Elle a tout gagné. Le gros globe de cristal en 2023, qui reste la récompense ultime dans ce sport. Dix titres de championne du monde, dont quatre en solo. Il lui manquait le titre olympique. De Pékin, elle était repartie frustrée, malgré de l'argent sur le relais mixte. Cette fois, il n'y aura ni frustration ni déception. Elle a plus que réussi ses Jeux, et c'est même à se demander jusqu'où elle serait allée si elle n'était pas tombée malade le week-end dernier, ce qui l'a empêché de briller sur le sprint et la poursuite. Même si ce fut peut-être un mal pour un bien au bout de compte de disputer une course de moins.
"J'ai un fort caractère et je sais où je veux aller", résumait-elle après sa victoire lors de l'individuel. Elle se nourrit de tout. Des critiques qui, jadis, lui répétaient qu'elle ne serait jamais une grande biathlète. "Je suis une bonne biathlète, mais je n'ai jamais été la meilleure fondeuse, la meilleure tireuse. J'ai accepté les critiques sur mon tir. On me disait 'tu ne seras qu'une biathlète d'un jour'. Ça m'avait vexée." Un moteur, chez elle. Comme le fut, dans un tout autre registre, sa suspension. Elle est faite d'un métal différent. Et maintenant ? Poussera-t-elle jusqu'à 2030 et les prochains Jeux, à domicile ? "On verra, je ne suis pas sûre d'être là quand même, c'est dans longtemps", tempère la quadruple médaillée. À chaque jour suffit sa joie.
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