Un véritable chef d’œuvre. Alors qu’elle passait à côté de ses JO jusqu’ici, Justine Braisaz-Bouchet s’est retrouvée au meilleur des moments. Supersonique sur les skis, la Française s’est offert l’or olympique sur la mass-start après une performance sensationnelle et une folle remontée après un début de course délicat pour s’imposer devant les Norvégiennes Tiril Eckhoff (+ 15''3) et Marte Olsbu Roeiseland (+ 34''9), qui glane sa 5e médaille à Pékin. Il s’agit en revanche de la 7e en biathlon pour la délégation française et du troisième titre après ceux de Quentin Fillon Maillet. Pas vraiment celui qu’on attendait le plus mais sans aucun doute celui au scénario le plus fou.

Drapeau français à la main, l'arrivée triomphale de Braisaz-Bouchet en vidéo

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Un tir debout de légende

Mais qu’est-ce qu’elle nous a fait ? Après les tirs couchés, personne, absolument personne, n’aurait misé un seul centime sur une victoire de Justine Braisaz-Bouchet sur cette mass-start olympique. Elle vivait des Jeux apocalyptiques (40e de l’individuel, 48e du sprint) et, comme trop souvent, avait connu beaucoup de soucis d’entrée sur le pas de tir (3 fautes alors, 4 en tout). La France comptait plutôt sur Julia Simon (6e au final, à 1'22''6) alors qu’Anaïs Chevalier-Bouchet (19e) et Anaïs Bescond (29e, 10 fautes) ont vécu un calvaire. Mais une course olympique est une course à part, encore plus lorsque le vent souffle aussi fort et de manière aussi irrégulière que cela a été le cas ce vendredi.
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Un vent qui aura été le meilleur allié de la Française dans sa folle remontée. C’est lui qui aura fortement retardé le premier tir debout d’Eckhoff et Roeiseland, les deux Norvégiennes attendant plus de trente secondes pour lâcher leur première balle. Et malgré cela, toutes deux sont parties à la faute (2 tours), dans des conditions très compliquées. Mais la Française était elle dans un monde à part, très sereine, sûre de son tir debout pourtant si peu fiable habituellement. Pourtant rentrée sur le stade avec 1'24" (!) de retard, celle qui a l’habitude de craquer sur le debout a fait le plein au meilleur des moments pour ressortir en tête et rapidement distancer ses adversaires. Elles ne l’ont plus jamais revue.

Justine Braisaz-Bouchet sur la mass-start des JO de Pékin.

Crédit: Getty Images

Rien ne pouvait l’arrêter

Elle se sera pourtant fait une frayeur sur le dernier tir, en ratant sa première balle. Mais elle n’a pas craqué, dans la tête comme au tir, pour mettre ses quatre autres balles. Et si elle a ainsi laissé une chance à ses adversaires de revenir dans la course, personne n’a été capable de faire mieux derrière. Comme un signe du destin que rien ne pouvait l’arrêter ce vendredi. Même une Eckhoff retrouvée. Même une Roeiseland historique avec sa 5e médaille dans ces JO. Même son tir. Même elle-même, surtout. Et après avoir été dans un grand jour sur les skis, la Tricolore a pu savourer son dernier tour, elle qui offre aux Bleus leur 7e médaille à Pékin en biathlon, un record. La voilà championne olympique. A jamais.
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