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Kontiolahti | Quentin Fillon-Maillet : "La routine est rassurante, mais elle a parfois un côté pesant"
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Mis à jour 29/11/2024 à 17:08 GMT+1
Cela faisait longtemps qu'autant de voyants n'étaient pas au vert avant le début de saison pour Quentin Fillon-Maillet. La grosse fatigue de 2022/2023 et les ennuis de santé qui ont fait cafouiller sa préparation de l'hiver dernier sont loin. Le Jurassien débutera dans quelques heures sa douzième campagne de Coupe du monde avec un objectif : éloigner la routine, adversaire invisible, de son quotid
Fillon Maillet : "C'est comme si j'avais fait 'reset' sur mon palmarès"
Video credit: Eurosport
Par Gilles Della Posta
Entre le Quentin Fillon-Maillet qui s'était présenté au départ du sprint du Grand-Bornand le 14 décembre 2013 et celui qui portera les couleurs françaises lors d'un des relais mixtes ce samedi, près de onze années se sont écoulées, ponctuées de près de 330 départs en Coupe du monde. Un gros globe en 2022, deux titres olympiques à Pékin la même année et cinq couronnes mondiales témoignent d'un parcours hors-norme mais que Fillon-Maillet veut encore enrichir, d'un titre mondial individuel notamment. Pour entretenir la motivation, le tricolore veut oublier son palmarès et évoque sans détour le risque de se laisser prendre par la routine.
"C'est sûr qu'il y a une certaine routine, je ne vais pas à l'entrainement de la même façon que je le faisais au début, nous a-t-il récemment expliqué. Quand je suis arrivé en équipe de France, presque tout était nouveau, aujourd'hui c'est moins le cas. Il y a toujours énormément de choses à découvrir mais il faut trouver d'autres moyens de se motiver parce que les sentiers, les sites, je les connais, la méthode d'entrainement aussi… Je pars beaucoup moins dans l'inconnu."
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Quentin Fillon Maillet
Crédit: Eurosport
"Je peux parcourir certaines pistes les yeux fermé
Il n'y a pas de gravité sur le visage du Français lorsqu'il évoque cet aspect du "métier" car le phénomène est identifié, accepté et finalement contrôlé. "Cela a un côté rassurant mais d'un autre coté il y a de la lassitude au bout d'un moment, donc j'essaye de trouver de la motivation autrement. Franchement j'adore ce que je fais, mais certaines fois, aller tourner en rond autour d'un pas de tir, que ce soit en ski-roues ou en skis c'est parfois pesant. Je peux parcourir certaines pistes les yeux fermés, je connais exactement le nombre de pas que je vais faire, à quelle allure je passe à tel ou tel endroit. J'essaye de me rassurer dans le sens où je ne fais pas de la natation ou de l'athlétisme, où 'tourner en rond' est encore plus parlant que dans ma discipline. Je suis quand même dans un cadre nature, on change de sites, les pistes ne se ressemblent pas non plus donc j'arrive à diversifier les choses."
Au niveau de l'encadrement, ce sujet de la routine concernant le plus ancien pensionnaire de l'équipe de France a été pris en compte, comme l'explique Simon Fourcade, l'entraineur des Bleus : "Avec Quentin, on a changé des choses pour solliciter l'organisme sur des schémas qui le sortent de ses habitudes. Il faut savoir casser la routine de temps en temps, mais pas constamment."
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Quentin Fillon Maillet en février 2024
Crédit: Getty Images
Pour Loïs Habert, ancien biathlète de l'équipe de France et qui intervient sur l'antenne d'Eurosport, la routine n'a pas l'aspect négatif qu'on peut lui prêter dans le langage de tous les jours : "La routine, c'est même la base du sport de haut niveau. Il faut répéter encore et encore des gestes pour en faire de l'acquis. Cela doit permettre à un sportif de haut niveau de ne plus avoir à contrôler intellectuellement les réponses qu'il va produire en compétition pour que cela devienne naturel. La routine, ça peut avoir un aspect extrêmement positif."
En Norvège pour trouver de la confrontation et de la motivation
En élargissant le spectre au-delà du cas de Quentin Fillon-Maillet qui arrive à un stade de sa carrière où le concept de routine paraît inéluctable, Simon Fourcade constate aussi qu'il y a un phénomène générationnel par rapport à la répétition : "On évolue aujourd'hui avec des générations qui acceptent beaucoup moins la routine, et ils l'expriment dès leurs plus jeunes années. C'est une génération zapping qui passe très vite d'une chose à l'autre."
C'est aussi dans cette optique que le groupe masculin s'est projeté dès la mi-novembre en Norvège pour défier Johannes Boe et ses compatriotes sur leurs terres alors que les Françaises ont effectué un dernier stage à Bessans. "Les garçons connaissent bien Bessans, on y va souvent, explique encore Simon Fourcade. L'an passé, on avait fini par deux semaines là-bas et on sentait que c'était un peu compliqué pour les garçons. Aller en Norvège, cela nous a permis de chercher de la confrontation et de la motivation, ce sont des choses que nous n'aurions pas pu avoir même en faisant des chronos à Bessans."
Durant l'hiver 2021-22, Quentin Fillon était monté à 10 reprises sur la plus haute marche du podium et avait été convié sur la boite à 16 reprises… une routine que les amateurs français seraient ravis de retrouver durant les prochaines semaines.
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