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"Le départ de deux monstres" : Clap de fin pour les entraîneurs du tir français Jean-Paul Giachino et Jean-Pierre Amat
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Publié 22/03/2026 à 18:56 GMT+1
Ils ont joué un rôle capital dans l’âge d’or traversé par le biathlon français. Jean-Paul Giachino et Jean-Pierre Amat, les deux entraîneurs de tir des équipes tricolores, ont tiré leur révérence au terme des dernières épreuves de la saison disputées dimanche à Oslo. Les "druides" ont été salués avec beaucoup d’émotions en Norvège au terme d’un hiver historique.
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Video credit: Eurosport
Ils partent au sommet de la gloire. Avec deux gros globes de cristal et six petits, le biathlon français a profité de la der de la saison dimanche à Oslo pour dire bon vent aux entraîneurs de tir de l'équipe de France Jean-Paul Giachino et Jean-Pierre Amat, qui ont emmené le biathlon tricolore jusqu'à son apogée.
"C'est le départ de deux monstres, deux vieux compagnons pour moi. Pour Polo ça fait pas loin de 30 ans que je travaille avec lui. Au moins 20 ans pour Jean-Pierre, hormis son escapade en Chine. Je suis assez émotif, j'ai versé ma larme", a raconté le directeur du biathlon français Stéphane Bouthiaux. À 63 ans, les deux "druides" aux barbes blanches tirent leur révérence dans le stade d'Holmenkollen, temple du ski nordique, au terme d'une saison historique pour l'équipe de France, avec 13 médailles dont 6 en or aux Jeux olympiques de Milan Cortina, et deux gros globes de cristal pour Lou Jeanmonnot et Eric Perrot.
"Je peux partir le coeur léger", a martelé Giachino, coach du tir féminin pour sa "quille" à Oslo, célébrée avec bonheur par les biathlètes, qui portaient un dossard avec sa photo et un message "Merci Polo". Le Savoyard vient du biathlon, avec une carrière modeste (un top 10 en Coupe du monde). Il entraîne l'équipe féminine de 2007 à 2018 puis de 2020 jusqu'à sa retraite cette saison. Lors de son retour, il fait la rencontre de la jeune Julia Simon. "C'est quelqu'un qui m'a vraiment accompagnée depuis quelques années, qui m'a amené des clés très importantes pour la réussite de ma carrière", reconnaît la Savoyarde de 29 ans.
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Giachino a tout reconstruit pour faire de Julia Simon la machine qu'elle est devenue aujourd'hui, avec dix titres de championne du monde (dont quatre individuels) et quatre médailles aux JO-2026, dont 3 en or. "Je pense qu'il part le coeur léger, et moi je le laisse partir le coeur léger. On a bouclé la boucle, on a fait tout ce qu'on avait à faire ensemble. On va se recroiser, c'est juste qu'il quitte le coaching, pas la famille du biathlon", poursuit celle qui a fini par "lâcher sa petite larme" au moment des adieux.
"Un peu mon papa sur le circuit"
Pour son compère Jean-Pierre Amat, l'histoire d'amour avec le biathlon n'était pas si évidente. Le Savoyard est un tireur sportif, champion olympique en carabine 50m 3 positions à Atlanta en 1996. Il rejoint le biathlon français quelques mois avant les JO-1998 à Nagano (Japon), qui se soldent par un zéro pointé. Tous les entraîneurs sont virés, sauf lui, qui continue l'aventure. Il restera de 1997 à 2018, connaissant les prémices de l'âge d'or avec les quatre globes consécutifs de Raphaël Poirée (2000 à 2004).
"Jean-Pierre a apporté une masse d'informations technique. On était encore à l'âge de pierre avant qu'il arrive", affirme Siegfried Mazet, entraîneur du tir français jusqu'en 2016 avant de rejoindre la Norvège jusqu'à cette année. "Il a distribué son savoir de technicien pur et dur. C'était une vraie richesse. Beaucoup de nations ont copié la France après", estime le Drômois, qui devrait entraîner un des deux groupes pour la prochaine olympiade.
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Amat fait une pige à l'étranger en rejoignant la Chine à trois ans des Jeux de Pékin (2022), avant de retrouver l'équipe de France masculine, avec Simon Fourcade pour la partie physique et technique, en pleine crise après la fronde des biathlètes pour faire partir leurs entraîneurs.
Lauréate du gros globe, Lou Jeanmonnot a connu Jean-Pierre Amat quand elle était en juniors. "J'estime que c'est lui qui m'a le plus appris derrière la carabine", se souvient la Jurassienne de 27 ans. "J'ai passé des années extraordinaires avec lui, toujours à rigoler. 'JP' c'est un peu mon papa sur ce circuit. Il était là au début, il est là pour mon gros globe", apprécie, fièrement Jeanmonnot.
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