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Émilien Jacquelin : "Un rêve d'enfant"
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Publié 16/02/2020 à 19:37 GMT+1
MONDIAUX - En remportant la poursuite d'Antholz-Anterselva ce dimanche, Emilien Jacquelin est pour la première fois devenu champion du monde. La manière a marqué les esprits, avec ce finish ébouriffant face à Johannes Boe. Pour le Français de 24 ans, c'est une récompense logique. Le Grenoblois a franchi un cap immense cette saison, où il a signé les premiers podiums de sa carrière.
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Crédit: Eurosport
Le Français Emilien Jacquelin a réussi dimanche un immense exploit en étant sacré champion du monde de la poursuite à Anterselva au prix d'un final époustouflant, s'offrant le luxe de damer le pion à Johannes Boe. A la lutte avec le Norvégien dans un dernier tour digne d'une course de vélo, Jacquelin a fait preuve d'une maîtrise et d'un culot insensés pour s'offrir le scalp du tenant de la Coupe du monde, battu au sprint et obligé de se contenter de la médaille d'argent. Rien d'étonnant pour ce mordu de cyclisme, fan de Marco Pantani et d'Alberto Contador.
Il fallait avoir énormément confiance en soi pour jouer l'intox avec Boe et le laisser passer devant dans les ultimes mètres pour mieux le déborder dans la dernière ligne droite. Mais Jacquelin est une sorte de chien fou, un attaquant hors-pair qui a franchi un gros palier cette saison. À 24 ans, le voilà sur le toit du monde avec tout l'avenir devant lui.
Le Grenoblois a pris une nouvelle dimension cet hiver. Après avoir signé ses trois premiers podiums, il ne pouvait pas rêver d'un meilleur scénario pour ouvrir son compteur sur le circuit et se faire enfin un nom. "Cette année, j'ai voulu passer un cap et je suis très heureux de réussir ce rêve d'enfant. Je ne me rends pas compte mais ça va me donner une force incroyable", a lâché Jacquelin, auteur d'un sans-faute au tir (20/20) et qui donne aux Bleus leur 3e médaille sur ces Mondiaux après l'argent de Quentin Fillon-Maillet et le bronze de Martin Fourcade samedi sur le sprint.
"J'étais sûr de mes forces"
Il a surtout apprécié d'avoir pu jouer, tel un gamin, avec l'une des références de la planète biathlon, finalement impuissante face à sa roublardise et toujours sans médaille d'or individuelle à Anterselva. "J'étais sûr de mes forces, a affirmé Jacquelin. J'ai eu le petit surplus d'énergie pour aller chercher une première victoire et un premier titre alors que lui il en a plusieurs. C'était super plaisant, il y avait de la tactique, on s'est arrêté, on s'est regardé, j'adore tout ça."
Il ajoutait :"C’est la première fois que je courais contre lui en confrontation directe. Je sais que c’est un très sprinteur, mais j’ai aussi mes forces. Lorsqu’il m’a laissé passer devant, j’ai resserré les chaussures et je me suis dit : 'bon, allez, à moi de faire le boulot maintenant ".
Le Français a longtemps hésité entre le vélo et le ski de fond. Mais une mononucléose aura finalement raison de ses velléités de cycliste. Rien de grave puisque le biathlon tricolore y a gagné un futur champion. "C'est un bel accomplissement, a ainsi déclaré Vincent Vittoz, l'entraîneur des Bleus. Il se construit et il met de plus en plus d'intelligence dans ses courses." Une scène l'a d'ailleurs marqué à quelques hectomètres de l'arrivée, quand Boe l'a laissé passer :"Emilien a resserré les cales-pieds dans la dernière descente, et il a parfaitement joué."
Sa séance de tir matinale "a payé"
Pour le patron du biathlon français Stéphane Bouthiaux, retrouver Jacquelin sur la plus haute marche du podium reste quand même "une surprise". "Sa progression n'est pas aussi rapide que celle de Martin Fourcade, a-t-il expliqué. Il débarque au plus haut niveau. Mais il montré qu'il a franchi un palier par rapport aux saisons passées."
La prochaine étape pour celui qui a pour devise "qui ose gagne" sera de gagner en régularité pour pouvoir briller tout au long de l'hiver et jouer un jour les prétendants au gros globe de cristal. Son idole Martin Fourcade (4e), avec qui il partage la même chambre en compétition, estime ainsi que Jacquelin devra "canaliser son immense potentiel". "Il est extrêmement agressif au tir, il faudra qu'il arrive à construire une autre facette de son jeu", a ajouté le quintuple champion olympique, souvent surpris par le côté "bipolaire voire tripolaire" de Jacquelin.
Ce dernier se sent loin d'être arrivé. Pour preuve, ce dimanche, il a expérimenté une nouvelle approche. Avec succès : "Ce matin pour l’anecdote, on a fait une séance de tir avec Patrick (Favre, l’entraîneur du tir, ndlr) pour se mettre dedans. C’est la première fois que je faisais ça le matin d’une course. Il faut croire que ça a payé !".
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Emilien Jacquelin félicité par Martin Fourcade après son titre mondial à Antholz-Anterselva
Crédit: Getty Images
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