Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour l’équipe de France. Champions du monde en titre chez les messieurs après la médaille d’or décrochée l’an passé à Antholz et candidats à la médaille également chez les filles, les Bleus vont rentrer bredouilles de Pokljuka en relais. Une grosse déception qui a débuté avec les Françaises, seulement 8es, très loin de la Norvège, en raison notamment de grosses difficultés sur les skis. "Au début du tour, la neige est super rapide mais au fond de la piste, il y a une partie où c'est vraiment une neige de printemps qu'on ne retrouve pas ailleurs sur la piste, racontait Anais Chevalier-Bouchet au micro de la chaine L’Equipe. À cet endroit, je me suis fait découper par les trois qui étaient derrière. Alors, je pense qu'il m'en manquait un peu physiquement, mais là-bas j'étais arrêtée".

On n’a pas su tenir notre rang
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Un problème évident que les coachs tricolores ne comprenaient pas totalement. "Il y a clairement eu un problème pour les filles, peut-être qu’on est parti sur quelque chose d’un peu trop froid… tentait d’expliquer Vincent Vittoz au micro d'Eurosport, le coach tricolore. On savait que ça allait chauffer, on connaissait la courbe des températures. La première relayeuse, c’est à peu près bien passer donc on était en confiance mais, entretemps, la neige avait évolué. On avait peut-être un produit trop précis, l’évolution de la neige avec une hygrométrie qui a fortement augmenté a fait que ce produit-là n’était plus du tout performant et même contre-productif". Pourtant assez propre au tir (5 pioches, deux fois moins que la Norvège), les Françaises n’ont jamais été en mesure de rivaliser sur les skis et ont très vite vu le podium s’envoler. Une grosse déception, vu que les Bleues étaient montées sur le podium de trois des quatre relais de la saison en Coupe du monde.

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"On est tombées sur plus fortes que nous, toutes les équipes qui ont fini devant ont été très costauds en tir et sur les skis, résumait lucidement Julia Simon à Eurosport. C'est très frustrant car on avait coché cette course et on avait à coeur de bien faire. On faisait partie des équipes favorites mais on n'a pas su tenir notre rang. Voilà, c'est un bon coup derrière la tête". Une désillusion qui semblait impossible pour les messieurs, tant les Bleus rayonnait tous depuis le début des Mondiaux. Sauf qu’il n’en a rien été, avec une 4e place seulement, alors que le relais tricolore messieurs restait sur deux succès en Coupe du monde. "C’est sûr qu’on ne s’attendait pas à une 4e place, avouait Quentin Fillon Maillet au micro de Loïs Habert. On voulait au moins au moins une médaille et pourquoi pas garder le titre. C’est frustrant parce qu’on a tous été bons individuellement, on a tous fait des bonnes choses depuis le début de ces Mondiaux et on n’a pas réussi à tout aligner aujourd’hui".

Je n’avais pas raté une balle en debout depuis le début des Mondiaux...

Pourtant, les Français n’ont pas connu le même souci sur les skis que leurs compatriotes féminines, grâce à l’excellent travail des techniciens tricolores entre les deux courses. "Avant la course hommes, on a relancé des tests, il y avait le temps.., a précisé Vincent Vittoz. On a repréparé les skis, refait les fartages et remis en route tout le processus habituel pour inclure dedans des farts plus chauds. Le staff technique a été à fond pour livrer aux hommes le meilleur matériel possible". Mais si les skis ont été au niveau, c’est le tir cette fois qui a pêché. Avec pas moins de 11 pioches et un tour de pénalité, l’équipe de France a deux fois plus fauté que la Russie (5), médaillée de bronze. Et Quentin Fillon Maillet en est d’ailleurs un très bon exemple, puisque c’est de son tir debout qu’est venu le tour de pénalité des Français.

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"J’ai fait l’erreur de vouloir rester dans les skis d’Hofer et au final, je n’étais plus du tout lucide pour le tir debout, analysait-il au micro de L’Equipe. Je n’ai pas du tout attaqué les 5 premières balles de la bonne manière. J’ai essayé de mettre tant bien que mal les pioches, mais un tour de pénalité plus trois pioches, c’est beaucoup de temps de perdu. Je m’en veux, je n’avais pas raté une balle en debout depuis le début des Mondiaux..." Une erreur qui a coûté cher à l’équipe de France mais aucun de ses partenaires ne pourra lui en tenir rigueur tant c’est le relais dans son ensemble qui a fauté.

"Quand on regarde la course globale, on n’a pas été bon sur plein de petits points, constatait Simon Desthieux pour la chaine L’Equipe. Au final, ça se joue à si peu de choses, on le voit sur le dernier tir… C’est forcément frustrant parce qu’on avait de grandes ambitions et qu’on aime le relais. On était excité avant la course, on n’avait qu’une seule envier, c’était d’y aller et de jouer pleinement notre chance. Mais on n’a pas réussi à tout empiler. C’est une déception mais c’est le haut niveau…"

C’est sûr qu’on n’a pas été bons

Une analyse partagée par l’entraineur de l’équipe de France. "Pour nous, équipe de France, c’est une course moyenne globalement, a souligné Vincent Vittoz. Quentin (Fillon Maillet) était dans un jour sans et malgré ça, on est à un rien de la médaille. C’est un peu frustrant, un peu rageant. Mais il n’y a pas d’excuses à avoir, on n’a pas été bons, ça c’est sûr". Une grosse déception dont les Français et les Françaises vont devoir très vite se remettre puisqu’il reste encore une épreuve dans ces Mondiaux, avec les mass-starts prévues ce dimanche.

Une épreuve qui avait souri aux Bleus l’an dernier avec deux médailles (argent pour Fillon Maillet, bronze pour Jacquelin) chez les messieurs et une 5e place (pour Simon) chez les filles. Les Tricolores sont déjà tournés vers leur prochain objectif. "On va tirer le positif qu’on peut pour la course de demain, a souligné Desthieux. On aura à cœur de se rattraper et de faire mieux que ce que l’on a fait aujourd’hui. Souvent, on sait tirer le positif et rebondir par la suite". A eux d’aller chercher un titre et une médaille de bronze pour égaler la performance des Mondiaux de l’an passé. Histoire de se remettre en beauté de ce double échec qui fait tâche.

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