Mondiaux 2025 - 9 médailles, 4 titres : la France est en train de "tuer le game" à Lenzerheide
Par Laurent Vergne
Mis à jour 19/02/2025 à 20:04 GMT+1
Les Mondiaux de Lenzerheide sont en train de tourner au triomphe absolu pour le biathlon français. Un an après les 13 médailles de Nove Mesto, les Bleus semblent en mesure de faire encore mieux, ce que le staff avait estimé "impossible". Avec neuf médailles dont trois titres, l'équipe de France survole ces Mondiaux. Il y a elle et le reste du monde. Et ce n'est peut-être pas fini.
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Plus fort que l'impossible ? Le biathlon français n'en finit plus de se surpasser. Il y a un an, à Nove Mesto, les Bleus avaient fini les Championnats du monde au sommet de la hiérarchie au terme d'un épique duel avec la Norvège : 13 médailles dont 6 en or pour la France, 12 podiums et 4 titres pour les Nordiques. Douze mois plus tard, personne dans le staff tricolore n'osait envisager de faire mieux ni même aussi bien. S'approcher de ce total surréaliste semblait même hors de propos. "Impossible", avait soufflé Stéphane Bouthiaux, le patron du biathlon tricolore.
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L'objectif annoncé se voulait beaucoup plus mesuré. "Entre six et huit médailles" selon le boss. Avec le recul, il y a presque de quoi sourire. A Lenzerheide, après les sept premières épreuves (le relais mixte, trois épreuves en solo chez les dames et autant chez les hommes), la France totalise déjà… neuf médailles (dont quatre titres). Une razzia exceptionnelle. Non seulement le record de Nove Mesto, loin d'être impossible, est plus jouable que jamais, mais les Français sont sur des temps de passage supérieurs à ceux de 2024. L'an dernier, au même moment, ils comptaient sept médailles, dont trois en or.
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Il faut souligner le travail qui a été fait dans la préparation
"Je pense qu'il était juste, parce que ce qu'il se passe là, c'est exceptionnel, estime Sandrine Bailly à propos de l'objectif fixé par Stéphane Bouthiaux. Parce que pour en arriver là, il faut aussi compter sur la déconvenue des autres. Et ça, c'est quelque chose qui était imprévisible, notamment les Norvégiens, une équipe qui se retrouver en difficulté côté ski et ça, ce n'est pas du tout dans leurs habitudes." Résultat, non seulement la France brille, mais elle est seule.
Loin du duel France-Norvège de 2024, cette campagne 2025 vire au cavalier seul. Les Bleus possèdent déjà neuf médailles, mais ils en ont surtout autant que les quatre nations suivantes cumulées : Allemagne (3), Norvège (2), Suède (2) et Etats-Unis (2). "Il faut souligner le travail qui a été fait dans la préparation, souligne la consultante d'Eurosport. Notre équipe de France arrive à être en forme plus que les autres sur ces Mondiaux, pile au bon moment. Oui, il y a le matériel. Mais la forme, elle est là. Il faut quand même les pousser les skis."
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Tout est ahurissant dans le bilan provisoire de l'équipe tricolore. En République tchèque, ce sont surtout les filles qui avaient porté le biathlon français, en tout cas sur les épreuves individuelles. Elles n'avaient laissé que des miettes, décrochant huit médailles sur les douze mises en jeu dans les quatre épreuves en solitaire. Trois en or, une en argent et quatre en bronze. Les Bleues sont toujours bel et bien là à Lenzerheide puisqu'elles sont déjà montées à quatre reprises sur le podium en trois courses, avec deux titres à la clé.
Parité hommes-femmes respectée
La différence vient de la performance globale des hommes, nettement plus en avant dans les Alpes suisses qu'ils ne l'avaient été à Nove Mesto. Après le sprint, la poursuite et l'individuel, les Tricolores n'avaient pas collecté la moindre médaille. Leur besace est déjà bien remplie cette fois, avec de l'or et du bronze pour Eric Perrot et une double ration de bronze pour Quentin Fillon Maillet. "J'ai eu Simon (Fourcade, l'entraîneur des garçons, NDLR) tout à l'heure, c'est un sacré travail qu'il a réussi à faire avec eux, salue Sandrine Bailly. Le travail paie. Ça fonctionne ici, sur un site un peu en altitude. C'est très bon signe pour les Jeux. Ils savent ce qu'il faut faire et comment aborder les choses. "
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L'équilibre est donc parfait entre hommes et femmes (4-4) avec le sacre du relais mixte en cerise sur le gâteau, ou plutôt en apéro puisque c'était la première épreuve de ces Mondiaux. Maintenant, jusqu'où peut aller cette équipe ? Jusqu'au record de Nove Mesto ? Voire au-delà de ces 13 médailles ? Il reste encore cinq épreuves. Trois relais (mixte simple, hommes, femmes) et les deux mass start. Avec une perspective peut-être encore plus folle que le nombre de médailles : la possibilité de figurer sur le podium des douze épreuves au menu de ces Mondiaux.
"Ce serait ahurissant et même historique", estime Bailly. Mais cela lui semble tout sauf impossible. "Les relais, sauf grosse déconvenue, gros craquage, ce qui peut toujours arriver, il y en aura une à chaque fois, s'avance-t-elle. Il reste les mass-starts. Et là, une chez les garçons, une chez les filles, c'est vraiment faisable, même s'il y aura sans doute un peu de fatigue, ou certains qui vont se réveiller." Mais la perspective du 12 sur 12 avec en prime le record du nombre de médailles est très envisageable. "On peut penser ça, oui. Ce serait presque une déception s'il n'y avait pas ça au final. Même si c'est horrible de dire ça. Mais on en est là." Impossible n'est vraiment pas français quand il s'agit de biathlon.
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