Mondiaux 2025 - "Une journée parfaite" : Un chef-d'œuvre absolu, un relais pour la légende

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Les Françaises n'avaient pas signé la moindre victoire en relais cet hiver en Coupe du monde. Une disette défiant presque toute forme de logique compte tenu de la force de ce groupe. Samedi, à Lenzerheide, les Bleues ont corrigé le tir. Non seulement ont décroché l'or, mais elles ont surclassé la concurrence. Jeanmonnot, Michelon, Braisaz-Bouchet et Simon ont été simplement exceptionnelles.

Une arrivée triomphale pour Simon après un relais magistral des Bleues

Video credit: Eurosport

Siegfried Mazet est venu leur serrer la main, une par une. "Bravo les filles. Une belle démonstration." Beau joueur, le responsable français du tir norvégien ne peut que s'incliner devant la maestria des Bleues. La sixième médaille d'or française dans ces Mondiaux 2025 est peut-être la plus belle et la plus aboutie de toutes. Et ce n'est pas peu dire compte tenu de tout ce qui avait déjà été accompli depuis le coup d'envoi des épreuves ici, à Lenzerheide. Mais ce relais dames a fait encore plus fort, avec une performance collective qui a viré au chef-d'œuvre absolu.
Sandrine Bailly n'en revient pas. Même si plus rien ne peut étonner de la part de cette équipe de France, la consultante d'Eurosport est admirative. "Elles ne jouent pas dans la même cour, a-t-elle relevé dans l'émission Chalet Club à propos de ce groupe. Physiquement, elles sont devant tout le monde. Les skis fonctionnent mieux que tout le monde. Et en biathlon, il faut savoir tirer. Or, au tir, elles ne font que quatre pioches.  C'est un super beau relais du début à la fin, chacune a réussi à être à son meilleur niveau aujourd'hui et à être au meilleur niveau sur ces Championnats du monde. Le travail fait est exceptionnel. C'est rapide, c'est efficace et ça se renouvelle chaque jour."
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Comment les Bleues ont écrasé la concurrence sur le relais : les temps forts en vidéo

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La glisse encore au top

Parce qu'il faut bien trouver de nouveaux mots, de nouveaux termes, ou de nouvelles expressions pour se renouveler au fil des jours et des triomphes du biathlon français, Justine Braisaz-Bouchet a de son côté réinventer le fameux "On vient, on gagne et on s'en va". "Aujourd'hui, on était bien armés, on avait la forme, on a fait peu de pioches et on est très contentes", s'esclaffe la championne du monde de la poursuite au micro d'Eurosport. Plutôt bien résumé.
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Un tir parfait et une révérence pour Simon, qui termine le chef-d'oeuvre des Bleues

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Braisaz-Bouchet insiste avec justesse sur la qualité des skis tricolores. Course après course, les techniciens français survolent eux aussi leurs Mondiaux et la concurrence en mettant à disposition des athlètes français du matériel de rêve. Comme si eux jouaient du violon avec un Stradivarius et les autres avec un tronc d'arbre. Ce fut plus vrai que jamais samedi. "Il fait beaucoup plus chaud et malgré le travail de l'orga et de l'IBU, sur la piste, il fait tellement chaud que la piste casse, souligne Justine Braisaz-Bouchet. Ça s'enfonce très fort et ça peut être plus ou moins lent. C'est vraiment le travail des techniciens qui favorise ou pas les athlètes."
Rapides sur la piste, efficaces au tir, les Bleues ont évolué au presque-parfait. Toutes les quatre. Aucune fausse note dans ce quatuor. Lou Jeanmonnot a donné le tempo en dynamitant le peloton et la course dès la première boucle de deux kilomètres. "A mon avis, la stratégie des autres était d'essayer de la suivre, mais physiquement, elle a fait exploser pas mal de monde, selon Sandrine Bailly. Après, un tir pas rapide mais efficace, à la Lou.  Son rôle a été plus que bien assumé. Pourtant, ce n'est pas toujours elle qui prend le départ sur les relais, mais elle sait le faire." Jeanmonnot a lancé le quatuor en patronne. Derrière, tout le monde a suivi.
Meilleur temps de ski pour Jeanmonnot et Braisaz-Bouchet, une Océane Michelon magnifique pour sa grande première dans ces circonstances et une Julia Simon égale à elle-même, c'est-à-dire royale. Si elle n'apparaît pas en termes de meilleurs temps de ski, c'est simplement parce qu'elle a pris tout son temps pour profiter de sa dernière boucle, alors que l'or était dans la poche. "Le dernier tour, c'était incroyable, un moment fabuleux. Jeanne (Richard) était là, tout le staff, les coachs. J'ai pu partager avec tout le monde", savoure Simon.
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Quatre filles en or : Lou Jeanmonnot, Justine Braisaz-Bouchet, Océane Michelon et Julia Simon.

Crédit: Getty Images

Du jamais vu depuis 2009

"Elles ont fait un travail incroyable", a salué à propos de ses camarades la Savoyarde, qui a décroché sa quatrième médaille d'or à Lenzerheide. Partie avec une avance phénoménale, elle n'a pas voulu gérer. Y compris au tir. Elle a attaqué, se comportant comme si elle disputait un sprint et non un dernier relais dans un fauteuil. "C'était un peu de pression de démarrer à la fin dans une telle position après ce qu'avaient fait mes coéquipières, avoue-t-elle. Il fallait rester bien concentrée et faire la meilleure course possible pour toute l'équipe. Le risque, c'est de perdre un peu sa concentration." 
D'abord spectatrice de ce relais, Julia Simon a été admirative de ses partenaires. "Les regarder c'était…, dit-elle sans trouver le mot adéquat. Ça commence avec Lou, qui a été incroyable. Océane, pour son premier relais dans des Mondiaux, elle a fait du super taf. Justine, elle est tellement rapide. C'était juste une journée parfaite." Le mot convient assez bien.
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Océane Michelon lors du relais dames.

Crédit: Getty Images

Tout paraît presque facile. Les Françaises ont devancé d'une minute et neuf secondes la Norvège. Un écart jamais vu sur le relais féminin aux Mondiaux depuis 2009, quand les Russes avaient mis leurs dauphines… françaises à 1'13". Et encore, Julia Simon a donc largement levé le pied après son dernier passage (stratosphérique) sur le pas de tir. Elles ont écrasé cette course de toute leur classe individuelle et collective.
Sur le podium, puis à sa descente, deux musiques ont résonné dans la sono de Lenzerheide pour les Françaises. Ça Plane pour moi, de Plastic Bertrand et Désenchantée, de Mylène Farmer. Le titre d'un de ces deux morceaux traduit un peu mieux que l'autre ce que vit ce groupe bleu en Suisse. On vous laisse deviner lequel. Quelle journée, encore. Comme des chefs. Comme un chef-d'œuvre. Un relais appelé à rester dans la légende bien garnie du biathlon français.
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