Il y a encore quelques jours, Julia Simon confiait à ses entraîneurs, après une très décevante 59e place sur le sprint, vouloir arrêter le biathlon pour revenir à ses premières amours : le ski de fond. “Quand c’est dur, je me dis 'pourquoi je m’embête avec cinq cibles à abattre ? Pourquoi je ne vais pas juste mettre mes skis de fond et me frotter à mes adversaires ?' Et aujourd’hui, ça me conforte dans mon choix”, a lâché la vainqueure de la mass start d’Oberhof au micro de La Chaîne L’Equipe.

A 24 ans, Julia Simon a remporté sur le légendaire site allemand sa deuxième victoire en carrière, certainement la plus mémorable. Et, comme lors de son premier succès sur la poursuite de Kontiolahti l’an passé, ce sont ses cinq dernières balles qui lui ont offert le Graal. Un tir d’une vitesse ahurissante. En 21 secondes, la biathlète des Saisies a expédié ses cinq munitions au fond des cibles, pour ressortir en tête à la surprise générale et disputer un mano a mano avec Franziska Preuss. Un finish de folie où le mental et la vitesse à skis de la Tricolore ont fait la différence.

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Un dernier tir sans pression et la victoire au bout

Contrairement à d’autres épreuves, où la native d’Albertville peinait à concrétiser sa domination lors des derniers tours, cette course des reines lui a laissé l’opportunité de dégainer ses ultimes balles sans aucune pression. A l’avant, Dorothea Wierer semblait tenir la victoire à portée de carabine, et pas moins de dix concurrentes se sont présentées avant la Française sur leur tapis.

Simon, “avec des jambes en coton qui n’arrêtaient pas de trembler”, avait tourné deux fois sur l’anneau de pénalité lors du premier tir debout, et abandonné presque toute chance d’accéder à un podium, et encore plus à une victoire. Mais sa décontraction face à l’absence de pression du résultat, et l’échec collectif de ses adversaires, lui ont permis de repartir en tête, sans même en avoir réellement conscience.

“J’étais assez surprise en fait, a expliqué Julia Simon après sa course. J’ai l’impression de ne pas l’avoir vécu ce dernier tour. J’étais dans le dur, mais dans le dur... Je ne m’attendais pas à ressortir en tête. Preuss me double et là au sommet de la bosse, Toz’ (ndlr : Vincent Vittoz, le coach de l’équipe de France) me dit 'c’est la gagne !'. Je me dis ‘mais quoi ?! Mais non mais je ne peux pas. J’ai pas les jambes pour y aller.”

Julia Simon après sa victoire dans la Mass start à Oberhof le 17 janvier 2021

Crédit: Getty Images

Le club des cinq reines

Le mental a alors pris le dessus et Simon a tout lâché pour finalement s’adjuger l’épreuve référence de son sport. “Seuls les plus grands s’imposent à Oberhof”, déclarait Siegfried Mazet, l’entraîneur français de l’équipe de Norvège. Julia Simon est désormais une grande, et rentre dans le club très fermé des vainqueures tricolores de mass start en rejoignant Corinne Niogret, Sandrine Bailly, Marie Dorin-Habert et Justine Braisaz-Bouchet.

Par ce succès, la Française s’est octroyée la première victoire individuelle du clan des Bleues cette saison. Et avec sa première place sur le relais mixte simple aux côtés d’Emilien Jacquelin, elle s’est bâtie une confiance qui pourrait la porter haut lors des Mondiaux de Pokljuka (10-21 février). Surtout après une période de montagnes russes, où les résultats de la reine d’Oberhof ont alterné entre l’excellent et le très mauvais depuis le début de l’hiver.

Raison de plus de croire à d’éventuels podiums sur les championnats du monde, Julia Simon, en quête de constance, disputera une dernière mass start à Antholz dans quelques jours. Là même où elle avait terminé cinquième de l’épreuve des reines... lors des Mondiaux 2020.

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