Oberhof - Sprint (F) - "Je ne peux pas croire ce qu’il s’est passé" : Paula Botet, divine surprise
Publié 09/01/2025 à 17:40 GMT+1
Alors qu'elle n'avait pas participé à la Coupe du monde depuis deux ans, Paula Botet a fait un retour ébouriffant en décrochant sa première victoire individuelle sur le sprint d'Oberhof dans des conditions météorologiques très difficiles. L'intéressée avait du mal à croire à sa performance, mais si la sensation est réelle, elle est aussi l'incarnation d'une densité exceptionnelle chez les Bleues.
Botet, incrédule : "J'ai pris mon téléphone… et j'étais toujours en tête !"
Video credit: Eurosport
C'était un sacré pari et il a payé au-delà de toutes les espérances. En choisissant de faire monter Paula Botet dans l'équipe première féminine en Coupe du monde au détriment de Sophie Chauveau, l'encadrement a misé sur la confiance et la dynamique. En tête du classement général de l'IBU Cup – le circuit secondaire –, la Vosgienne a plus que saisi sa chance jeudi sur le sprint d'Oberhof dans le vent et sous la pluie. Deux ans après sa dernière participation à une course de ce niveau, elle a décroché le jackpot, surprenant tout le monde, à commencer par… elle-même.
"Je n'ai pas de mots. Je ne peux pas croire ce qui s'est passé : j'ai gagné la course !", s'est-elle exclamée lors de son interview à l'arrivée. Le sourire jusqu'aux oreilles, les yeux écarquillés, incrédule, elle n'arrivait pas à réaliser ce qu'elle venait de faire. "Je me disais qu'il y avait beaucoup d'athlètes derrière moi et que ce n'était pas possible que je gagne la course. Et puis, j'ai pris mon téléphone et j'étais toujours devant !", a-t-elle ajouté, tout en se demandant si elle ne rêvait pas.
Une démonstration au tir face aux éléments
Son étonnement était d'autant plus grand que, comme toutes les concurrentes, Botet a souffert dans des conditions météorologiques infernales pour les biathlètes. En se fiant à ses seules sensations, elle ne pouvait imaginer un tel résultat. "Je me sentais bien dans la première montée. Et puis dans la descente qui a suivi, je me suis dit : 'Oh mon dieu, je suis si trempée, j'ai si froid.' Je ne commets aucune erreur sur le pas de tir, et le dernier tour a été vraiment dur. Pas parce que je me sentais mal physiquement, mais il y avait tant de vent, j'étais frigorifiée", a-t-elle expliqué.
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Botet à la perfection : revivez sa folle et inattendue victoire
Video credit: Eurosport
Mais face aux éléments, Botet a donc réalisé un petit exploit : faire un 10/10 face aux cibles. Elles n'ont été que deux dans le Top 10 à y parvenir avec la Finlandaise Sonja Leinamo (8e) et… cinq seulement sur les 97 participantes. La Française a non seulement bien tiré mais elle l'a fait avec un bon rythme, signe d'une maîtrise totale de l'exercice et surtout des acquis validés en IBU Cup où elle est montée sur le podium de 6 des 8 courses individuelles auxquelles elle a participé, remportant deux victoires.
"Ce sont des tirs bien emmenés, il n'y a rien à jeter. Ce n'est pas hyper engagé, mais il n'y a pas de prise de risques à outrance. Elle n'a pas voulu être trop gourmande à tirer vite. Et sur son debout, c'est pareil. Si vous regardez ses intervalles de tir, c'est 'clean'", a ainsi salué le biathlète belge Tom Lahaye-Goffart qui commentait la course sur Eurosport.
Un cercle vertueux qui fait oublier le palier entre IBU Cup et Coupe du monde
Pourtant, passer du circuit secondaire au principal en gardant le même niveau de performance n'a rien d'évident a priori. Le piège est de vouloir trop bien faire. Mais même si elle n'avait pas goûté aux joies de la Coupe du monde depuis longtemps, Paula Botet avait un avantage pour elle : l'expérience. À 24 ans, ce n'était pas son premier rodéo. C'était d'ailleurs déjà à Oberhof qu'elle avait fait ses grands débuts en individuel lors de la saison 2021-2022. À l'époque, elle s'était classée 39e du sprint lors de cette découverte.
"Entre l'IBU Cup et la Coupe du monde, il y a un palier en termes de performance, mais surtout d'environnement, a encore expliqué Tom Lahaye-Goffart. En Coupe du monde, il y a toujours au moins 10 000 personnes et tout un cirque : les camions de fartage, toutes les marques, les sponsors, il y a beaucoup plus de bénévoles. C'est une caravane, là où en IBU Cup, je ne vais pas dire que c'est familial, mais il y a 100 bénévoles autour à tout casser. Si on a déjà été en Coupe du monde, on sait ce que c'est, on n'arrive pas en découvrant tout comme si on était à Disneyland et on peut être performant directement. Quand on a une équipe A très, très forte, en général, les filles qui arrivent dans cette équipe sont un peu plus âgées parce qu'elles ont dû faire leurs armes et attendre qu'une place se libère."
Il était difficile de miser sur Paula Botet avant ce sprint, et plus largement sur le podium à l'arrivée. Mais les conditions en équipe de France sont si propices à l'émulation qu'une belle performance d'entrée répond à une certaine logique. D'ailleurs, malgré une météo des plus capricieuses, quatre Françaises ont terminé dans les sept premières et six dans les 12 meilleures. Plus que jamais, les Bleues sont le pendant des Norvégiens chez les messieurs.
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