Coupe du monde 2025-2026 - Maya Cloetens, la Belgique, les Bisounours et le rêve olympique

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Maya Cloetens est passée tout près d'un énorme coup lors de la course d'ouverture de la saison, mardi, à Östersund. 6e de l'individuel, son meilleur résultat, elle a flirté avec la victoire. Née et formée en France, elle représente aujourd'hui la Belgique, où la concurrence moindre lui a permis de faire son chemin au sein de ce sport qu'elle idéalise presque. Maintenant, elle rêve des Jeux.

Maya Cloetens.

Crédit: Getty Images

Par Laurent VERGNE et Thomas BIHEL
"C'est juste dingue. Je ne réalise pas encore, mais je suis très, très fière". Maya Cloetens n'était pas encore redescendue de son nuage mardi auprès de nos confrères de Nordic Mag. Elle venait tout juste de signer le meilleur résultat de sa carrière en terminant 6e de l'individuel d'Östersund, la toute première course de la saison. Elle est même passée d'une sensation bien plus colossale encore : sans sa faute sur son dernier tir, elle s'imposait. Son 19 sur 20 lui a donc tout de même permis de valider la meilleure performance belge de l'histoire.
Le bien nommé Plat Pays qui est aussi le sien n'est pas réputé pour la hauteur de ses montagnes enneigées, mais le biathlon belge est en train de se faire une petite place au soleil, tout doucement, grâce, en partie, à ses... Français. À l'instar de Florent Claude (le frère de Fabien et Émilien, membres de l'équipe de France), Maya Cloetens possède la double nationalité. Née à Grenoble, elle a vite compris que les places en bleu seraient chères. Alors, elle a traversé la frontière pour rejoindre sportivement la Belgique, le pays de son papa.
"J'ai la double nationalité, nous explique-t-elle. Et j'ai toujours eu en tête que si cela ne fonctionnait pas en équipe de France, je pouvais intégrer l'équipe de Belgique. Vous savez, les Françaises, c'est le meilleur niveau mondial, elles sont tellement fortes ! Peut-être que j'aurais pu être sélectionnée avec l’équipe de France aujourd'hui, mais cela m’enlève toute une pression de savoir si je vais pouvoir être prise. Là, je peux me concentrer sur les courses importantes de l'année. Je n'ai pas à me soucier de savoir si je vais en être. Je le prends comme une chance."
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Maya Cloetens en bonne compagnie pour sa première cérémonie des fleurs, aux côtés de Lou Jeanmonnot et Hanna Oeberg.

Crédit: Getty Images

Le biathlon, c'est une grande famille
Chez les juniors, elle portait encore les couleurs françaises, aux côtés, notamment, d'Océane Michelon et Jeanne Richard, aujourd'hui bien installées dans l'élite mondiale et dont elle reste proche. "Jeanne et Océane m'ont toujours impressionné, dit-elle. Elles sont à un tel niveau… J'étais au Comité du Dauphiné et en équipe de France Juniors avec elles. Aux Mondiaux Jeunes, j’ai été championne du monde en relais avec Jeanne à Obertilliach, en Autriche il y a quatre ans. Des années incroyables. A la suite de cela, elles ont continué avec l’équipe de France, moi avec la Belgique. On n'aurait jamais pensé se retrouver si vite sur le circuit de Coupe du Monde."
À 23 ans, Maya Cloetens garde une fraicheur et un enthousiasme communicatifs. Elle aime le biathlon. "Son aspect mental et physique, et le fait qu’on ne puisse pas prédire un podium. Rien n’est écrit à l’avance. Chacun a sa chance, il y a tellement de courses. Vous savez, vingt filles peuvent l’emporter à chaque fois", estime la Belge. Elle a presque gardé des yeux d'enfants, et elle assume : "Le biathlon, c'est une grande famille. Autant au sein de notre équipe de Belgique, qu’avec l’ensemble de cette bulle, avec tous les athlètes. On se connaît tous, sommes amis. J’adore cette ambiance. Peut-être suis-je dans le monde des Bisounours… Mais c’est une chance d’y prendre part."
Elle est dans son élément, maintenant, sans syndrome de l'imposteur. Sa 8e place lors du sprint des Mondiaux de Lenzerheide ou sa 6e mardi à Östersund, tout ceci lui donne confiance. "Le tir, c'est ma force, résume-t-elle pour se définir.  Quand cela fonctionne bien, cela me permet d'aller chercher des résultats, parce que je ne suis pas la meilleure skieuse." Même si son grand gabarit (1,85m) est un atout. "Je suis puissante dans les plats grâce à ma taille, précise Maya. Mais j'ai beaucoup travaillé ma vitesse de tir, je n'ai pas le choix, parce que tout le monde tire de plus en plus vite. Il faut être au niveau. Mais oui, j'ai une belle marge de progression."
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Maya Cloetens à Östersund.

Crédit: Getty Images

Ça fait rêver, des premiers Jeux
Grenoble était restée sa ville pour les études. Elle y a fait sa licence et veut devenir ingénieure en génie civil. Mais pour le biathlon, c'est donc la Belgique, à 100%, même si "tout est plus petit, forcément". Mais Cloetens est convaincue de pouvoir percer et s'épanouir dans ce contexte. "On a moins d’athlètes, donc moins de staff, mais, honnêtement, on a tout ce qu’il faut pour réussir, juge-t-elle. Quand je suis arrivée en Belgique, il n'y avait pas de stage d’été par exemple. J'étais un peu dans le doute. Mais au final, ces deux dernières années, l’équipe Belge s'est construite. OK, on n’a pas les mini détails des grosses nations, mais c'est suffisant pour réussir..."
Le 15 km inaugural en Suède lui a donné des idées et ouvert l'appétit, celui qui nourrit ses rêves. Un, surtout, et il est tout proche : les Jeux Olympiques de Milan - Cortina, cet hiver. Sa raison d'être dans le biathlon. "C'est un rêve de petite fille ! Vraiment, insiste Maya. C’est pour cela que je suis partie avec la Belgique. Je savais qu'avec la France, ce serait compliqué, il n'y a que quatre places. Les JO, c’est vraiment ce qui me donne envie de m’entraîner tous les jours."
Les Jeux, elle y a déjà goûté, mais de l'autre côté. "J'ai pu assister en spectatrice à des épreuves des Jeux d'été à Paris. De l'athlétisme, du cyclisme à Montmartre… C'était incroyable ! Comme dans un rêve. Alors, imaginez vivre cela en tant qu’athlète. Ça fait rêver, des premiers Jeux. Sans pression, mais avec beaucoup d’excitation." Et pourquoi pas un soupçon d'ambition.
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Bened : "Il faut faire du biathlon propre pour être devant"

Video credit: Eurosport


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