Pokljuka 2025 – Vainqueur de la mass start, Éric Perrot a brillé dans tous les domaines et prend date pour la suite

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La trajectoire d'Eric Perrot semblait écrite depuis des années. D'espoir précoce à champion du monde en individuel à seulement 23 ans, le Savoyard n'en finit plus de franchir des paliers vers son rêve ultime, devenir le meilleur biathlète de la planète. En l'absence du futur retraité Johannes Boe samedi, Perrot a brillamment remporté la mass start de Pokljuka. Un signal fort en vue de 2026.

Mass start : Perrot vainqueur d'un duel haletant avec Fillon Maillet

Video credit: Eurosport

Johannes Boe n'a pas toujours revêtu la soutane de grand apôtre de la paix sportive. A ses débuts, fracassants, sur la Coupe du monde, le rouquin aux spatules supersoniques avait détonné par son verbe saillant et son ambition débordante. Très vite, peut-être trop, il s'était mis à ergoter qu'il ne lui manquait pas grand-chose pour concurrencer, et battre, le patron incontesté de l'époque, un certain Martin Fourcade. Dix ans plus tard, le cadet de la fratrie Boe est sur le point de céder son trône, malade et forfait lors de la mass start de Pokljuka. Si son compatriote Sturla Laegreid en a profité pour gonfler son pécule et avancer sereinement vers un premier gros globe, c'est bien Eric Perrot qui a affiché le cran d'un champion hors catégorie, à l'instar du tenant du gros globe.
Un avant-goût de l'hiver prochain. Sur la course des rois, Johannes Boe n'a pas pris sa place sur la ligne de départ au côté de Sturla Laegreid. Une absence qui a donné un aperçu de ce à quoi ressemblera la saison prochaine. Laegreid, dossard jaune et rouge sur le dos, a assumé son nouveau statut. Mais, l'idée de passer d'une hégémonie à une autre est bien moins sûre. La faute à des Français toujours aux avant-postes. Le meilleur d'entre eux samedi, Éric Perrot (23 ans), a démontré qu'il détenait toutes les qualités pour prendre la succession de Boe.

La tête et les jambes : "Ma stratégie a fonctionné"

Sur les skis, d'abord. Meilleur temps devant son compatriote et dauphin Quentin Fillon Maillet, Perrot termine fort l'hiver sur le plan physique. Mentalement, son week-end a démarré sur des notes feutrées (8e de l'individuel court). Le Savoyard s'est bien ressaisi samedi, échouant d'un rien à blanchir toutes les cibles (19/20) et livrant une bataille stratégique et haletante avec QFM dans la dernière boucle.
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Eric Perrot vainqueur à Pokljuka de la mass start, le 15 mars 2025

Crédit: Imago

"C'était un super duel, on a tous les deux apprécié d'ailleurs, c'était des bons moments, a savouré le vainqueur du jour à notre micro. On sort quasi ensemble sur le dernier tour. Et puis là, j'imagine qu'il a gardé un petit peu des forces. C'est ce qu'il m'a dit après coup. Moi, j'en ai pas mal gardé aussi. Et j'ai mis en place ma stratégie qui était de doubler dans la dernière bosse qui était un petit peu longue. Après, la fin de course, finalement, elle tourne beaucoup. Elle est assez étroite et difficile pour doubler. Et ça a fonctionné."

Une troisième place au général et un globe à aller chercher : "C'est ce que j'aime"

Fin stratège, Perrot conjugue cette lucidité devant les médias, où il ne cesse de déclamer ses ambitions. Une confiance qui rappelle un certain Boe, et qui confirme la trempe d'un garçon amené à régner sur le biathlon mondial. "C'est vrai que j'appuie toujours mon ambition, a reconnu le Savoyard à Eurosport. J'ai toujours envie de réussir. Aujourd'hui, je sens que j'ai la forme." A lui de la faire fructifier pour conserver cette troisième place au général. Toujours en avance, Perrot se projette même plus loin. "Ça me tient à cœur. Ça n'a rien à voir avec le gros globe mais je le prends pour un entraînement sur les prochaines saisons où ça jouera, détaille le Français. Mon gros globe, entre guillemets, c'est d'aller chercher cette troisième place."
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Perrot : "J’ai envie de devenir le meilleur biathlète du monde"

Video credit: Eurosport

Perrot s'est donné le droit de vivre une fin de saison excitante. Outre l'objectif podium au général, le Savoyard est revenu dans la lutte pour le globe de la mass start (21 longueurs de retard sur Laegreid). "C'est ce que j'aime. Je suis content d'être en lice pour pouvoir le jouer, a-t-il confié à Eurosport. Je pense que j'aurai les cartes la semaine prochaine pour le faire. Je me sens vraiment bien. Maintenant, je me retrouve aussi face à mes ambitions. On verra si je vais y arriver."
Je suis capable de jouer un classement général
On n'oserait pas dire que, de toute façon, c'est du bonus, mais presque. Champion du monde de l'individuel, vainqueur trois fois cet hiver, Perrot a déjà coché toutes les cases et s'est prouvé qu'il peut briller d'un bout à l'autre d'une saison. Mais le Franco-norvégien en veut toujours plus. A commencer par oblitérer ces quelques marches qui le séparent du Graal. "D'arriver à étaler ça sur toute l'année, c'est très satisfaisant. Ça me montre que je suis capable de jouer un classement général, de jouer des victoires quand je le souhaite, sourit Perrot. Il reste encore un beau week-end pour essayer d'aller en chercher plus." Jamais rassasié, toujours concentré : ne cherchez plus, pour l'après-Boe, Perrot est l'élu.
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