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Fourcade : "Un énorme coup de massue"

Fourcade : "Un énorme coup de massue"

Le 11/02/2018 à 15:37Mis à jour Le 11/02/2018 à 17:33

JO PYEONGCHANG 2018 – Martin Fourcade avait tout pour être sacré champion olympique du sprint dimanche. Malheureusement, le Français a sombré sur son premier tir en commettant trois fautes. Un fiasco qu'il ne s'explique pas. Déçu, il est aussi frustré car, malgré cela, il lui a manqué moins de quinze secondes pour accrocher le podium.

Il n'a pas compris. Depuis des mois et des mois, Martin Fourcade a établi des standards jamais vu en biathlon en termes de constance dans la performance. 18 podiums consécutifs en Coupe du monde depuis mars 2017. Presque une assurance tous-risques dans l'optique de ces Jeux. La confiance, l'expérience, la forme, la confiance, le Français avait tout pour lui. Sur le papier, seul Johannes Boe semblait en mesure de contrecarrer ses plans pour l'or. Et le Norvégien, parti un quart d'heure avant lui, a ouvert en grand la porte en commettant trois fautes au premier tir. Il n'y avait plus qu'à. Et puis, patatras...

A son tour, Fourcade a manqué trois de ses cinq cibles au tir couché. "Pour quelques millimètres" explique Frank Badiou, l'entraîneur national du tir. Un énorme couac d'entrée, et un gigantesque point d'interrogation pour le numéro un mondial. "Que s'est-il s'est passé ? Je ne sais pas, je ne comprends pas, s'est lamenté le Catalan à l’arrivée. Sur ce tir, je prends un énorme coup de massue. C'est une grosse déception et une grosse incompréhension aussi." A chaud, il avance tout de même une piste : "sans doute une mauvaise gestion du vent. Il faut savoir jouer avec les conditions et je n'ai pas réussi à le faire aujourd'hui."

Martin Fourcade au tir couché lors du sprint aux JO de Pyeongchang

Martin Fourcade au tir couché lors du sprint aux JO de PyeongchangGetty Images

Badiou : "Peut-être qu'il aura besoin d'aller un peu dans ses retranchements"

Il ne le cache pas, pour lui, c'est une "énorme déception" de signer son plus mauvais résultat depuis bien longtemps. Pour trouver trace d'un Martin Fourcade aussi bas dans la hiérarchie sur une course, il faut remonter au mois de janvier 2017 et au sprint d'Oberhof, où il avait fini... 8e, déjà. Depuis, il avait enquillé 31 courses sans quitter le Top 5. Or ce sprint, c'était LA course qu'il voulait. La seule qui ne lui avait pas permis de glaner du métal olympique dans sa carrière. "J'avais une énorme attente, c'est la course que j'avais cochée et je n'ai pas réussi à concrétiser."

Il l'assure pourtant, il était prêt, il se sentait bien. "J'avais abordé idéalement cette course en chassant les pensées parasites, le stress, qui est forcément présent à l'approche d'un grand événement", estime-t-il. Un peu trop ? Possible selon Franck Badiou, invité à décrypter les raisons de ces trois fautes au couché. "Il voulait profiter de ces JO, prendre les courses sans se tordre l'estomac. Mais peut-être qu'il aura besoin d'aller un peu dans ses retranchements pour faire ce qu'il a envie de faire", glisse le technicien.

" Le point de satisfaction, c'est que j'ai réussi à ne pas gâcher deux courses d'un coup"

C'est d'autant plus frustrant que, même avec deux fautes, Martin Fourcade aurait à coup sûr été sur le podium, et peut-être même en or. Sur les skis, il était en feu et les deux derniers tiers de sa course, tir debout compris, ont été impressionnants. Mais l'ampleur de la catastrophe initiale était insurmontable. "Il y avait tout pour que ça le fasse aujourd'hui, peste-t-il. Ce n'est pas la fin du monde mais c'est une chance énorme qui est partie et qui ne se représentera pas."

Il en reste d'autres, heureusement. Piqué dans son orgueil, Fourcade a affiché sa capacité de réaction après ses trois fautes. Il devra rester sur ce rythme pour remettre les pendules à l'heure dès lundi lors de la poursuite. Dans son malheur, tout n'est pas si noir, car il ne pointe qu'à un peu plus de vingt secondes de la tête. Objectivement, il reste le favori de cette poursuite. S'il tire correctement, il n'y a aucune raison de ne pas le retrouver, au moins, sur le podium. "Le point de satisfaction, c'est que j'ai réussi à ne pas gâcher deux courses d'un coup", se rassure-t-il. Après tout, Sotchi n'avait pas mieux commencé. Tout le monde sait comment ça s'était terminé.

Martin Fourcade sur le sprint

Martin Fourcade sur le sprintGetty Images

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