"Une course de folie"

Sacré champion olympique de poursuite samedi à San Sicario en coiffant sur le fil le grand Ole Einar Bjoerndalen, Vincent Defrasne a réussi là où Raphaël Poirée a échoué. Il revient sur son jour de gloire, celui où il a enfin touché les fruits de plusieur

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Crédit: Eurosport

Racontez-nous ce sprint ?
Dans mes jambes, cela faisait mal, j'étais fatigué. Mais je savais que j'avais de bons skis donc j'étais confiant pour la petite montée qui précède l'arrivée et la descente. Je me suis un peu emmêlé les pinceaux sur le dernier virage avec mes bâtons. Je me suis dit il faut te relever. J'espérais qu'il ne m'ait pas vu et après j'ai appuyé, appuyé.
Sentiez-vous l'ambiance sur le bord de la piste ?
C'était une course de folie. Il y avait des Français partout. Mais je devais aussi rester concentré. J'étais préparé pour une course pleine. Je me suis concentré sur les cibles. Et je fais la course presque parfaite.
Pensiez-vous vraiment être capable de gagner ?
Dix minutes, après le sprint (mardi), j'avais cette épreuve dans les tripes. J'attendais la poursuite. Je me disais que je devais attaquer très fort. J'ai bien géré mentalement et techniquement (ski). J'ai également fait une bonne gestion du tir. Depuis quelques jours, j'étais motivé à 99,8 %.
Quand vous ratez vos deux tirs au dernier passage, y a-t-il un moment de doute ?
Deux secondes, mais après je savais qu'il fallait y aller. J'ai eu un peu peur, comme lorsque je dois piocher des balles, après deux incidents. Je savais que j'avais cinq secondes d'avance (au moment de la dernière boucle) et je me doutais qu'il (Björndalen) allait revenir. J'ai même pensé que je pouvais être deuxième mais je me suis dit non bats-toi comme un lion et je me suis battu. Je pensais juste à aller vite, très vite. Et je savais qu'il fallait être tactique aussi pour gagner le sprint.
A quoi pensez-vous au moment de franchir la ligne ?
Il y a eu beaucoup de choses qui passent dans la tête. Je me suis d'abord dit je l'ai fait. Puis je pense à Jean-Paul (Giachino, l'entraîneur) à qui je dois beaucoup. J'ai vite pensé à l'équipe aussi. Car j'ai gagné. Mais beaucoup de gens prennent soin de mes skis, de mes jambes. C'est cela qui prédomine surtout quand je vois les sourires. C'est cela qui nous réussit à nous Français car on n'a pas de gros moyens. J'ai aussi pensé à mes parents, à ma femme. Ce sont les gens que j'aime. Avoir un sportif de haut niveau dans la famille n'est pas facile. A Noël, on dit bonjour et au revoir et on s'en va. Et ce n'est qu'un exemple.
On a le sentiment que cette médaille est due au travail autant qu'au talent ?
J'ai su persévérer. J'ai aussi pu compter sur des entraîneurs extraordinaires, Jean-Pierre Amat ou Jean-Paul Giachino. C'est un bonheur de leur donner cela. Pour moi, on ne peut pas dire que c'était du tout cuit. Il a fallu que je travaille. J'ai toujours cru en moi. Je fonctionne comme cela. Il faut que je travaille. Si quelqu'un devenait champion olympique sans s'entraîner, juste sur son talent naturel, ce serait déroutant. Moi, je ne suis pas comme cela.
Quel sentiment, cela vous fait-il de devancer deux monstres de la discipline, Ole Einar Björndalen et Sven Fischer ?
C'est très impressionnant. Ce sont des grands et j'ai toujours apprécié Sven. Il a toujours le sourire, il est toujours disponible pour discuter sur le bord des pistes. Je me sens petit mais cela veut aussi dire que j'ai ma place. Ce podium signifie aussi que le niveau est très élevé.
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