Il est incontestablement le biathlète de ces Jeux. En remportant trois médailles d'or (15km, mass start en individuel et le relais par équipes) sur cinq épreuves disputées, Michael Greis a signé la plus belle page dans le livre d'une carrière qu'il a plus souvent passé dans l'anonymat qu'en-dessous des projecteurs réservés, pendant longtemps, à ses compatriotes Sven Fischer, Ricco Gross ou encore Franck Luck, retraité depuis.

Petit à petit

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Ses entraîneurs ne tarissent pourtant pas d'éloges le concernant. Tout comme le Norvégien Halvard Hanevold qui déclarait après la victoire de Greis sur l'individuel 20km, que "qui qualifie Michael Greis de vainqueur surprise ne connaît pas vraiment le biathlon".

N'en déplaise au compatriote d'Ole Einar Bjoerndalen, avant le triple sacre de Greis à Turin, le palmarès de l'Allemand âgé de 29 ans n'avait rien d'extraordinaire. Avec une seule victoire en Coupe du monde et un titre de champion du monde de relais en 2004, le natif de Füssen, près de Ruhpolding, le temple du biathlon, Greis n'avait pas été le fer de lance d'une discipline considérée au même rang que le football ou le saut à skis en Allemagne. Le roi de ces Jeux le confirme : "Le chemin qui mène d'athlète modeste au titre de champion olympique est long". Avant de rajouter : "Ma carrière n'est faite que de petits pas".

"J'ai toujours voulu être champion olympique"

L'homme au petit gabarit (1,76m pour 72 kg) a découvert le biathlon à 11 ans. C'est un sportif complet mais qui n'a pas honte de se considérer "comme un biathlète moyen" durant ses années de junior. Comme le déclarait Vincent Defrasne il y a quelques jours, dans la tête de Michael Greis, être champion olympique c'est s'appeler Carl Lewis. Considérée comme un rêve, l'hypothèse de briller aux Jeux d'hiver reste longtemps hypothétique pour le Bavarois mais également un objectif à long terme : "J'ai toujours voulu être champion olympique".

Patient, il attendra la saison 2000-2001 pour se faire une place dans la puissante équipe d'Allemagne. Il ne prendra part qu'à 24 ans à sa première épreuve de Coupe du monde. Cinq ans plus tard, il remporte trois titres olympiques aux Jeux de Turin. Une éclosion vitesse rapide. Qu'il espère voir se poursuivre jusqu'aux JO de Vancouver et avant cela sur le circuit mondial. Désormais 3e de la Coupe du monde, l'homme, qui a souvent été dans l'ombre du biathlon allemand, voit l'avenir dégagé.

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