L'équipe de France de biathlon repart des jeux Olympiques de Turin avec deux champions olympiques, Florence Baverel-Robert et Vincent Defrasne, et un bilan historique. Jamais, depuis 1960, les Tricolores, déjà médaillés d'or avec le relais féminin à Albertville en 1992, n'avaient eu de champions olympiques individuels. En quinze jours, ils en ont eu deux !

Le feu d'artifice a commencé avec Florence Baverel-Robert, en sprint, qui a eu la bonne idée de remporter la première course de sa carrière dans le Piémont. Deux jours plus tard, le 18 février, Defrasne doublait la mise en poursuite à l'issue d'un sprint mémorable qui privait le grand Norvégien Ole Einar Björndalen d'un sixième titre olympique.

TURIN 2006
En état de Greis
26/02/2006 À 14:30

Moisson

Euphoriques, les Bleus poursuivaient la moisson en s'adjugeant les deux médailles de bronze du relais. Grâce à un sprint rageur de Raphaël Poirée, les hommes rééditaient la performance de 2002. Et le lendemain, les dames, dont les aînées avaient été championnes olympiques en 1992, retrouvaient un podium qu'elles n'avaient plus côtoyé depuis 1999, Mondiaux et JO confondus.

Le gros point noir de ce bilan est évidemment l'échec des leaders. A l'exception de leurs deux "finish" respectifs en fin de relais, Raphaël Poirée et Sandrine Bailly ont déçu en individuel alors que leurs ambitions légitimes étaient le podium.

Un zeste de malchance

Leader de la Coupe du monde en arrivant en Italie, Poirée s'est contenté d'une 9e place (sprint) en guise de meilleur résultat individuel. Un zeste de malchance, comme ce bris de fixation le contraignant à l'abandon (poursuite) ou ses balles qui refusent de partir dans le premier tir couché du "mass start", un zeste de maladresse, comme ses trois fautes au 20 km, une forme physique pas vraiment éclatante et une pression dure à supporter sont autant d'explications aux contre-performances du quadruple vainqueur de la Coupe du monde.

A l'aise en ski, Sandrine Bailly a surtout failli carabine à l'épaule. Avec au moins deux fautes au tir de plus que la gagnante de chaque course, la n°1 mondiale 2005 s'est condamnée alors qu'elle aussi, comme Poirée, était une candidate au titre olympique sur chacune des quatre épreuves individuelles.

Le potentiel est là

Dans ces conditions, la performance des Bleus serait presque bon signe : elle prouve que, en dépit de la faillite de ses locomotives, et de la faiblesse des moyens dont dispose le biathlon en France (moins de 200 licenciés !), le potentiel est là pour lui permettre de perdurer au plus haut niveau.

Bien sûr, malgré son record historique, la France reste bien en retrait des ténors mondiaux du biathlon. L'Allemagne, notamment, grand vainqueur de la quinzaine olympique, quitte le Piémont avec 11 médailles (sur 26 possibles, hommes et femmes confondus), dont 5 titres.

L'Allemagne impériale

Les Allemands ont presque tout raflé chez les hommes (quatre titres, dont trois pour le seul Michael Greis), à l'exception de la poursuite enlevée par Vincent Defrasne.

Chez les dames, les Russes présentent le meilleur bilan par nation avec deux titres (le relais et le 15 km remporté par Ishmouratova) et deux médailles de bronze (Akhatova, 15 km et poursuite), devant les Allemandes (or et argent pour Kati Whilelm en poursuite et mass start, plus l'argent du relais).

La vraie satisfaction des biathlètes français est peut-être d'avoir fait mieux, collectivement, que les Norvégiens. Les trois médailles (deux d'argent et une de bronze) d'Ole-Einar Bjoerndalen, le quadruple champion olympique de Salt Lake City, ne compensent pas en effet l'absence de titre dans une discipline qui est un sport national en Norvège.

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