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Bailly: "J'avais la rage"
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Publié 23/02/2006 à 22:45 GMT+1
Sandrine Bailly a dû s'arracher pour aller chercher la médaille de bronze en relais jeudi, à San Sicario. La Française, qui a littéralement avalé la Biélorusse Zubrilova après le dernier tir debout, revient sur sa folle dernière boucle. Interview.
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Crédit: Eurosport
Sandrine, vous tenez enfin votre médaille...
Il a vraiment fallu se battre jusqu'au bout pour arracher cette médaille. Nous sommes montées en puissance durant ce relais. J'y ai toujours cru, car je voulais cette médaille. C'est super pour tout le monde. Pour nous, mais aussi pour le staff qui nous soutient en permanence, et pour tous les gens qui croient en nous.
Vous êtes revenue comme une fusée sur Zubrilova...
Oui, j'avais vraiment la rage. Rien ne pouvait m'arrêter. Je savais que j'étais meilleure qu'elle sur les skis et que je pourrais la reprendre. Quoi qu'il en soit, je m'en serais voulu de ne pas avoir tout donné. Alors je me suis arrachée.
Racontez-nous votre remontée...
En quittant le pas de tir, je savais que je comptais 13 secondes de retard sur Zubrilova. C'était jouable. Au moins de décembre, j'étais venue faire une reconnaissance, et je me souvenais de ce long plat. En skiant vite à cet endroit, c'était possible de revenir. Mais c'était vraiment là qu'il fallait faire la différence. Alors j'ai tout donné dans cette portion. Quand je l'ai reprise, je pense qu'elle a craqué psychologiquement. A cet instant, le duel était autant mental que physique.
Vous avez eu peur quand vous avez pioché à deux reprises sur votre premier tir?
Non, c'était voulu (rires). Plus sérieusement, j'étais très nerveuse sur le pas de tir. D'où mes deux erreurs. Mais je me sentais vraiment bien sur les skis. Après, sur le tir debout, je me suis dit:"maintenant, tu dois tirer comme hier à l'entrainement, avec Florence." Je me suis battue. Il était hors de question que nous terminions quatrièmes. Je n'aurais pas supporté ça. Je sentais les encouragements de tout le monde, il fallait que j'y aille.
Que représente cette médaille pour vous?
C'est la médaille collective par excellence. Un relais, ce sont quatre files ensemble, plus les filles qui ne sont pas là aujourd'hui, sans oublier tout noter staff. C'est peut-être encore mieux que les médailles individuelles. Enfin, moi, je n'en sais rien. Demandez ça à Florence ! Mais c'est très sympa de partager notre bonheur ensemble. C'est bien pour le biathlon français et pour nous, car il y a beaucoup de travail derrière.
Vous en avez fini avec la poisse?
Il semblerait. La chance, ça va, ça vient. Elle peut tourner à tout moment. C'était le cas aujourd'hui.
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