"Ça va fusionner" : Salahdine Parnasse voit les univers de la boxe et du MMA s'unir, avant son premier combat professionnel en boxe anglaise

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Salahdine Parnasse passe provisoirement de la cage au ring. Le double champion du KSW (70kg et 66kg) va réaliser son premier combat professionnel de boxe anglaise, face à Franck Petitjean lors du 100% Fight Never Seen samedi à l'Adidas Arena (Paris). Une façon de "(se) préparer au futur" pour ce combattant de 27 ans. Il pense que faire carrière à la fois dans le MMA et la boxe va devenir la norme.

Parnasse : "Mes coups sont totalement différents, j'arrive à surprendre des boxeurs"

Video credit: Eurosport

Vous allez effectuer vos débuts en boxe anglaise ce samedi*. Le noble art, est-ce plutôt une opportunité ou une vocation pour vous ?
Salahdine Parnasse : Une vocation. J'aime ce sport, je le pratique depuis longtemps. J'ai hâte de faire mes débuts professionnels en boxe anglaise.
En MMA, vous affichez 21 victoires et 2 défaites, vous êtes détenteur de deux ceintures au KSW (70kg et 66kg). Avez-vous le sentiment de vous mettre en danger, en vous essayant à un autre sport ?
S. P. : Oui et non. C'est un rêve qui devient réalité. J'ai toujours voulu combattre en boxe anglaise et, là, j'ai un trou dans mon calendrier (de MMA), c'est top.
Qu'entendez-vous par "toujours voulu" ? De quand date cette ambition ?
S. P. : J'ai commencé le MMA à onze ans et dans le MMA, on retrouve beaucoup la boxe anglaise. Cela a toujours été un côté que je kiffais. Avec mon coach, Arnaud Templier, on faisait beaucoup de préparations axées boxe anglaise, on allait dans d'autres clubs pour faire des sparrings. C'était dans un coin de ma tête, à moi et ma team.
Considérez-vous donc que vous étiez un striker (adepte du combat debout, portant des coups, ndlr), initialement, avant de devenir un combattant de MMA complet ?
S. P. : Non, j'ai toujours été un combattant complet. J'ai toujours voulu être bon dans tous les domaines, que ce soit en grappling, jiu-jitsu brésilien, lutte, boxe anglaise ou kickboxing.
Entre vouloir être bon partout et parvenir à être excellent dans un domaine, il y a une différence. Qu'est-ce qui vous a convaincu que vous étiez en mesure de faire un combat pro en boxe anglaise ?
S. P. : J'ai participé à une compétition de boxe anglaise quand j'étais petit. Je crois que ça s'appelait le Premier round challenger (possiblement le "Challenge du 1er round", ndlr). J'avais gagné ce tournoi amateur. Puis j'ai fait beaucoup de sparrings avec des grands noms. C'est là que j'ai pris conscience de ma capacité à faire un combat professionnel.
Vous avez notamment effectué des sparrings avec Bakary Samaké. Ont-ils été significatifs ?
S. P. : Cela a été significatif… mais il n'y a pas que lui. J'ai réussi à dominer, à gagner des rounds, face à plusieurs grands noms de la boxe anglaise. C'est là que je me suis dit que j'avais le potentiel pour réussir en boxe anglaise. Après, on verra dans un combat officiel, comment je vais m'adapter le Jour J. Parce que l'entraînement, c'est l'entraînement, et le combat, c'est la réalité. Ça va se dérouler en six rounds, parce que ça a été très compliqué pour moi de passer directement en pro. C'est réglementé. Je remercie la fédération française de boxe de m'avoir permis de faire ce combat.
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Parnasse construit son boxeur ultime

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Plein d'opportunités peuvent venir à moi
Vous l'envisagez comme une parenthèse dans votre carrière de combattant MMA ou potentiellement comme un virage, un changement durable ?
S. P. : Je ne ferme pas la porte à un virage. Plein de choses se développent au niveau de la boxe anglaise et du MMA. Je pense qu'au bout d'un moment, ça va fusionner. On voit de gros combattants partir en boxe anglaise : Francis Ngannou, Conor McGregor avant lui. Ngannou a réussi à rivaliser contre Tyson Fury. Sa défaite, c'était même une décision un peu…
Controversée ?
S. P. : Controversée, on va dire ça comme ça. Tout cela se développe très bien. Dans ma position, en tant que double champion du KSW, plein d'opportunités peuvent venir à moi. J'ai envie de m'y préparer. Je pense que c'est le bon moment pour moi de faire ce combat, de me lancer en boxe anglaise, étant donné mes atouts, mes capacités et le fait que je travaille dur pour ça.
Même si vous suggérez une fusion inéluctable, le monde de la boxe anglaise demeure connu pour être plus lucratif que celui du MMA. Cela compte aussi dans votre plan de carrière ?
S. P. : Oui, cela compte. Mais là, c'est l'aspect sportif qui m'intéresse le plus. J'ai envie de me retrouver dans un ring, de voir comment je peux m'adapter.
Samedi, vous n'aurez pas à être prêt à faire un "sprawl" (technique de défense pour contrer une tentative d'amenée au sol, ndlr). Au niveau de la garde par exemple, à quel point sera-ce différent ?
S. P. : C'est totalement différent. Ce n'est pas le même sport. En MMA on a une garde un peu ouverte, on arrive à esquiver les coups ou à chasser les bras. En boxe anglaise, on peut plus se protéger avec les gants rembourrés. Je pense que c'est un avantage pour moi. Je vois mieux les coups.
Mais après tant d'années de pratique du MMA, vous avez dû automatiser des gestes. Ce n'est peut-être pas si simple de déconstruire ces automatismes… tout en sachant qu'il faudra à nouveau faire appel à eux dans quelques mois au KSW ?
S. P. : Non, ce n'est pas compliqué. C'est vraiment un avantage, selon moi. Avec le MMA, j'ai développé de bons réflexes, que j'arrive à adapter à la boxe anglaise. Je n'ai pas les mêmes approches qu'un boxeur. Mes coups sont totalement différents, j'arrive à surprendre pas mal de boxeurs, notamment au niveau du corps à corps et de mes déplacements. J'arrive à débiter tout en frappant fort. Reste le bon stress du combat… Je le gère très bien en MMA. J'espère le gérer tout aussi bien en boxe anglaise.
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Parnasse : "Je suis dans l'optique de gagner un maximum d'argent dans ma carrière"

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Même un champion UFC reçoit des critiques
Le KSW vous permet donc d'être fixé à ce sujet. Au-delà de l'aspect financier, que vous avez dit déterminant dans votre choix de rester dans cette organisation, le fait qu'elle respecte vos envies de découverte de la boxe a-t-il pesé dans votre décision ?
S. P. : Je suis là-bas depuis l'âge de 20 ans, j'en ai 27, et j'ai toujours été respecté au KSW. Mon choix y a été accepté et on a pu organiser ce combat de boxe anglaise avec le 100% Fight.
Dans le deal, il y a cinq combats avec le KSW et, donc, cette opportunité de s'aventurer dans un ring…
S. P. : C'est ça. Cela va faire cinq mois que je n'ai pas combattu en MMA, donc j'en profite pour faire ce premier combat de boxe anglaise. J'ai envie de me préparer au futur. Je pense que tout peut arriver. Mon nom ne fait que monter. La boxe, c'est un sport que j'aime, que je respecte pour sa difficulté. C'est le noble art. J'ai envie de naviguer entre ces deux sports.
Vous dites que votre nom ne fait que monter, mais n'était-ce pas le moment lors de la signature de votre nouveau contrat au KSW, en juin 2024, de négocier avec d'autres organisations ? Le différentiel financier avec l'UFC, par exemple, est considérable ?
S. P. : Carrément, oui. J'ai toujours combattu pour vivre de ma passion et ça a été dur d'y parvenir. J'ai arrêté de travailler pour vivre pleinement du MMA. J'en vis pleinement et c'est l'essentiel. 
Arrivera-t-il un moment où vous considérerez avoir assuré vos arrières, pour vous et votre famille, et où le facteur sportif prendra le pas sur le facteur pécuniaire ?
S. P. : Je suis dans l'optique de gagner un maximum d'argent dans ma carrière. Le côté sportif suit, aussi. On vit dans un monde compliqué. Les critiques, on va tout le temps en recevoir. Même un champion UFC reçoit des critiques. Je serai toujours dans la même optique : (signer avec) celui qui paie le plus.
La frustration de ne pas vous voir affronter les meilleurs mondiaux – Ilia Topuria par exemple – elle peut exister chez les suiveurs du MMA… mais aussi chez vous, non ?
S. P. : Je n'ai jamais refusé un combat. Peu importe qui est en face de moi. S'il y a un bon chèque, s'il y a tout qui va… j'accepte.
Il n'y a même pas une petite flamme, au fond de vous, qui vous dit : "Untel a l'air d'être le meilleur, si tu te sens capable de le regarder droit dans les yeux, cherche à l'affronter !" ?
S. P. : Franchement, tu me proposes : "Ilia Topuria, pour tant (d'argent)", j'y vais, je l'affronte. Je suis quelqu'un de dévoué à son sport, qui s'entraîne pour gagner ses combats. C'est ma priorité. On me dit : "Il y a un contrat sur ce type et tant à prendre." Puis c'est parti, on y va.
*Salahdine Parnasse va disputer son premier combat de boxe anglaise professionnel, samedi 4 octobre 2025 à l'Adidas Arena (Paris) face à Franck Petitjean, lors du 100% Fight Never Seen.
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L'entretien avec Salahdine Parnasse en intégralité

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